Bretagne : la régulation des choucas encore attaquée devant la justice

Choucas des tours

En Bretagne, le dossier des choucas des tours continue d’alimenter les tensions entre monde rural et associations animalistes. Alors que les dégâts agricoles provoqués par ces corvidés sont désormais reconnus jusque par l’administration elle-même, les autorisations de tirs accordées par plusieurs préfectures se retrouvent une nouvelle fois contestées devant les tribunaux par des associations comme la LPO ou One Voice. Un nouvel épisode judiciaire qui agace profondément de nombreux agriculteurs bretons confrontés depuis plusieurs années à une explosion des populations de choucas dans certains secteurs.

Un corvidé protégé devenu omniprésent dans certains secteurs

Le choucas des tours est un petit corvidé noir et gris, plus petit qu’une corneille, reconnaissable à sa nuque gris clair et à ses yeux très pâles. Espèce protégée au niveau national, il vit souvent en colonies importantes, notamment autour des bâtiments, des clochers ou des zones agricoles. En Bretagne, ses effectifs ont fortement progressé ces dernières décennies. Dans plusieurs départements, notamment dans le Finistère, les Côtes-d’Armor ou l’Ille-et-Vilaine, les agriculteurs dénoncent régulièrement des dégâts massifs sur les semis de maïs. Selon les chiffres avancés ces dernières années par les autorités, de vaste zones seraient touchés localement par les attaques de choucas. Les agriculteurs concernés évoquent régulièrement des pertes importantes sur certaines exploitations, notamment sur les semis de maïs de printemps.. Face à cette situation, les préfectures bretonnes ont accordé différentes dérogations autorisant des tirs de destruction encadrés. Dans certains départements, plusieurs milliers d’oiseaux pouvaient ainsi être prélevés légalement afin de tenter de réduire la pression sur les cultures.

La justice reconnaît les dégâts… mais bloque souvent les tirs

Contrairement à ce que laissent parfois entendre certaines associations, la réalité des dégâts n’est désormais plus réellement contestée. Les juridictions administratives reconnaissent elles-mêmes l’existence de dommages importants causés aux exploitations agricoles. Mais les tribunaux estiment régulièrement que les préfectures ne démontrent pas suffisamment que les tirs constituent la seule solution possible. Les magistrats demandent ainsi que davantage de mesures alternatives soient mises en œuvre avant d’autoriser des opérations de régulation plus importantes : effarouchement, adaptation des semis, protections spécifiques ou dispositifs sonores. Sur le terrain, beaucoup d’agriculteurs assurent pourtant que ces solutions sont déjà utilisées depuis des années avec une efficacité jugée très limitée face à des colonies devenues particulièrement nombreuses.

La LPO et One Voice repartent au combat

Comme lors des précédentes campagnes de régulation, nos « amis » de la LPO et de One Voice contestent les arrêtés préfectoraux devant la justice. Les deux associations dénoncent des destructions qu’elles considèrent inefficaces et réclament une protection stricte du choucas des tours malgré l’augmentation importante de ses effectifs dans certaines régions. Une position qui passe de plus en plus mal dans les campagnes bretonnes. Pour de nombreux agriculteurs et élus ruraux, ce dossier illustre surtout la déconnexion croissante entre certaines grandes associations « environnementales » et les réalités vécues quotidiennement sur le terrain. Car pendant que les recours administratifs s’enchaînent, les dégâts continuent dans les parcelles.

Une nouvelle illustration du fossé entre urbains et ruraux

Le dossier des choucas dépasse désormais largement la seule question d’un oiseau protégé. Pour beaucoup d’acteurs ruraux, il symbolise les difficultés croissantes rencontrées dès qu’il devient nécessaire de réguler une espèce pourtant reconnue comme problématique localement. Dans plusieurs territoires agricoles, les acteurs ruraux ont le sentiment grandit que certaines associations refusent désormais par principe toute forme de régulation, même lorsqu’elle reste strictement encadrée par l’État et limitée à des zones ciblées. Reste désormais à savoir si la justice suivra une nouvelle fois les arguments des associations ou si les autorités pourront conserver ces outils de régulation réclamés depuis plusieurs années par le monde agricole breton.

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