La consultation publique concernant l’arrêté d’ouverture et de clôture de la chasse pour la saison 2026-2027 dans le Cantal suscite de vives réactions. Au cœur des discussions figure un projet d’interdiction de la chasse des bécassines sur la Narse de Lascols, une mesure que de nombreux chasseurs considèrent comme un précédent potentiellement lourd de conséquences pour la gestion future des espèces migratrices.
La Narse de Lascols au centre des discussions
Actuellement soumise à consultation publique, la future réglementation cynégétique du Cantal pourrait intégrer une interdiction de la chasse des bécassines sur la Narse de Lascols. Cette vaste zone humide du département est connue pour son intérêt écologique et accueille notamment des bécassines des marais en période de reproduction. Pour les partisans de cette mesure, la présence de quelques couples nicheurs justifierait une protection renforcée du site. Mais cette approche est loin de faire l’unanimité parmi les acteurs du monde cynégétique.
La question des espèces migratrices
Les opposants au projet rappellent que les bécassines sont avant tout des oiseaux migrateurs. Les individus observés ou prélevés durant la saison de chasse ne sont pas nécessairement ceux qui se reproduisent localement sur la Narse de Lascols. Pour eux, interdire localement la chasse d’une espèce migratrice au motif qu’une faible population nicheuse est présente sur un site particulier soulève de nombreuses interrogations. Plusieurs chasseurs craignent notamment qu’un tel raisonnement puisse être appliqué demain à d’autres espèces et à d’autres territoires. Cette inquiétude est d’autant plus forte que des procédures similaires ont déjà été engagées dans plusieurs départements français ces dernières années.
Le rôle des chasseurs dans la gestion des zones humides
Les défenseurs de la chasse rappellent également que si certaines espèces trouvent aujourd’hui des conditions favorables à leur reproduction, c’est souvent grâce à la qualité des habitats entretenus au fil des années. La Narse de Lascols, comme de nombreuses zones humides françaises, nécessite un suivi régulier et des travaux de gestion parfois coûteux. Or une partie de ces actions repose directement ou indirectement sur l’implication du monde cynégétique. Pour de nombreux chasseurs, le risque est d’envoyer un signal contre-productif aux acteurs de terrain qui consacrent du temps et des moyens financiers à l’entretien des milieux naturels. Ils s’interrogent notamment sur les conséquences d’une situation où les efforts réalisés pour favoriser la biodiversité pourraient conduire, à terme, à de nouvelles restrictions d’usage.
Le précèdent du Doubs
Cette inquiétude est d’autant plus forte que des procédures similaires ont déjà été engagées dans plusieurs départements français. Dans le Doubs, la justice administrative a récemment débouté la LPO qui demandait l’interdiction de la chasse des bécassines pour des motifs comparables. Une décision accueillie avec satisfaction par les chasseurs, qui y voient la confirmation qu’une gestion pragmatique des espèces migratrices doit primer sur les positions idéologiques.
Une consultation publique ouverte jusqu’à la décision finale
Le projet d’arrêté n’est pas encore définitivement adopté. Les services de l’État ont lancé une consultation publique permettant à chacun de faire connaître son avis avant la publication du texte définitif. L’enjeu dépasse largement le seul territoire de la Narse de Lascols. Pour de nombreux observateurs, l’issue de ce dossier pourrait constituer un cas d’école pour la gestion future de certaines espèces migratrices et pour l’équilibre délicat entre protection de la biodiversité, gestion des habitats naturels et maintien des activités traditionnelles. Les personnes souhaitant participer à la consultation publique peuvent consulter le projet d’arrêté et déposer leurs observations sur le site de la préfecture du Cantal avant demain à minuit en cliquant sur ce lien:
Préfecture du Cantal – Projet d’arrêté chasse 2026-2027












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