Sangliers en ville : une nouvelle battue prévue à Avon  

À Avon, en Seine-et-Marne, la présence répétée de sangliers en zone urbaine inquiète de nouveau les élus et les riverains. Après une première intervention au printemps, une nouvelle battue administrative doit être organisée pour répondre à un problème devenu, selon la municipalité, une question de sécurité publique.

Des sangliers de moins en moins farouches

La commune d’Avon fait face à une nouvelle prolifération de sangliers dans plusieurs secteurs urbanisés, notamment autour des parcs de Bel-Ebat, du Val-du-Moulin et de la Butte-Montceau. Le sujet a été évoqué lors du conseil municipal du 23 juin, après plusieurs signalements d’intrusions d’animaux sauvages en ville. Ce n’est pas une première. En mars dernier, une battue menée par l’ONF avait déjà permis de prélever 19 sangliers après plusieurs incursions en zone urbaine. Un animal avait même chuté depuis le viaduc de la SNCF, illustrant les risques liés à cette présence inhabituelle au cœur de la commune. Pour la maire d’Avon, Marie-Charlotte Nouhaud, la situation est désormais clairement identifiée : « La problématique est ciblée et pose un vrai problème de sécurité publique. C’est le syndrome du goéland : les sangliers sont trop à l’aise et ils n’ont plus peur de l’homme. »

Une battue administrative, pas une action de chasse

Sollicité par la municipalité, le lieutenant de louveterie Pierre-François Prioux confirme qu’une nouvelle intervention est envisagée. Il rappelle que ces animaux n’ont pas vocation à s’installer en ville, où leur présence peut entraîner des risques sanitaires, des accidents de la route ou des comportements dangereux. « Les animaux sauvages en ville ne font pas bon ménage : leur place est dans la forêt, sinon ils deviennent semi-domestiques », explique-t-il. Selon lui, certains sangliers finissent par perdre toute crainte de l’homme, notamment lorsqu’ils trouvent facilement de la nourriture à proximité des habitations. Le lieutenant de louveterie insiste toutefois sur la nature de l’opération : il ne s’agit pas d’une chasse de loisir, mais d’une battue administrative décidée à la demande de la municipalité. « C’est de la régulation sanitaire, pas de la chasse : il y a un véritable enjeu de salubrité publique », souligne-t-il.

Le nourrissage, un facteur aggravant

Comme souvent dans ce type de situation, la question de l’accès à la nourriture revient au centre du débat. Poubelles mal fermées, déchets accessibles, comportements inadaptés de certains habitants : autant d’éléments qui peuvent fixer les sangliers près des zones habitées et modifier leur comportement. Un collectif local, Cerf  (Consciences engagées pour le respect de la faune) au parti pris visiblement animaliste , demande de son côté que les causes de cette présence soient étudiées avant toute mesure létale. Il évoque notamment la possibilité de fermer certains parcs la nuit afin d’éviter les intrusions, et signale des pratiques pouvant attirer les animaux à proximité de la Butte-Montceau. La municipalité annonce déjà plusieurs mesures, notamment l’installation de poignées sur les portillons et une réflexion sur la fermeture nocturne du parc de Bel-Ebat. Mais la prolifération ne se limite pas à ce seul secteur, ce qui rend la réponse plus complexe.

Quand la ville attire la faune sauvage

Le cas d’Avon illustre un phénomène de plus en plus fréquent : lorsque les sangliers trouvent en ville de la nourriture, du calme et peu de dérangement, ils peuvent s’y installer durablement. Le problème n’est alors plus seulement écologique, mais aussi sanitaire et sécuritaire. La future battue administrative, dont la date n’a pas encore été précisée, devra être précédée d’un état des lieux pour vérifier sa faisabilité. Elle devrait être organisée tôt le matin ou tard le soir afin de limiter la gêne pour les riverains. Pour les chasseurs, ce dossier rappelle surtout une évidence : lorsque le grand gibier s’installe aux portes des habitations, la régulation devient un sujet de sécurité publique. Et dans ces situations sensibles, ce sont bien les autorités qui décident et encadrent les opérations.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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