Pyrénées-Orientales : une surpopulation de grands cervidés qui devient problématique

Cerf

Dans les Pyrénées-Orientales, apercevoir un cerf n’a plus rien d’exceptionnel. En l’espace d’une décennie, la population de cervidés a doublé pour atteindre près de 12 000 animaux. Une évolution qui ravit certains « amoureux de la nature » mais qui commence à poser de véritables problèmes pour les habitants, les forestiers… et les chasseurs chargés de réguler l’espèce.

Des cerfs jusque dans les jardins

Dans la vallée d’Eyne, au pied du Cambre d’Aze, les cerfs et les biches sont désormais des visiteurs réguliers des zones habitées. Les animaux viennent brouter les pelouses, consommer les jeunes pousses des jardins et s’aventurent parfois au plus près des habitations. Pour les riverains, ces rencontres autrefois rares font désormais partie du quotidien. Les cervidés profitent de la tranquillité des secteurs habités, où ils trouvent à la fois nourriture et sécurité. Une situation qui témoigne surtout d’une densité de population devenue particulièrement importante sur certains secteurs du département. Les promeneurs, cyclistes et habitants croisent ainsi régulièrement des groupes de biches ou de jeunes cerfs à proximité immédiate des villages et des chalets de montagne.

Une population qui a doublé en dix ans

Selon les estimations relayées par France 3, les Pyrénées-Orientales compteraient aujourd’hui environ 12 000 cerfs et biches, soit deux fois plus qu’il y a dix ans. Cette progression spectaculaire n’est pas sans conséquence. Si la présence du grand gibier constitue une richesse pour le territoire, une densité excessive peut rapidement engendrer des déséquilibres importants. Les premiers à tirer la sonnette d’alarme sont les forestiers. Dans certaines zones, les jeunes pousses sont régulièrement consommées avant d’avoir atteint un stade de développement suffisant. Les dégâts répétés sur les bourgeons et les jeunes arbres compromettent parfois le renouvellement naturel des peuplements forestiers. Lorsque la pression exercée par les cervidés devient trop forte, certaines essences peinent à se régénérer, ce qui peut à terme modifier durablement la composition des forêts.

Des mesures de protection coûteuses

Face à cette situation, l’Office national des forêts multiplie les dispositifs de protection autour des secteurs les plus sensibles. Des clôtures sont installées afin de préserver les jeunes plantations et favoriser la régénération naturelle. Une solution efficace mais particulièrement coûteuse à mettre en œuvre sur de vastes surfaces. Pour de nombreux gestionnaires forestiers, ces aménagements ne peuvent constituer qu’une réponse ponctuelle. La question de la densité des populations de cervidés reste au cœur des préoccupations.

La régulation au centre des discussions

Dans ce contexte, l’augmentation des prélèvements cynégétiques fait partie des pistes évoquées par les différents acteurs du territoire. L’objectif n’est pas de remettre en cause la présence du cerf, espèce emblématique des massifs pyrénéens, mais de retrouver un équilibre compatible avec le renouvellement des forêts et la préservation des habitats naturels. Si l’observation de cerfs au détour d’un sentier ou jusque dans les jardins peut sembler réjouissante, cette situation illustre aussi les conséquences d’une population devenue particulièrement abondante. Pour les forestiers comme pour les chasseurs, la question n’est plus de savoir si le cerf a sa place dans le massif, mais de maintenir ses effectifs à un niveau compatible avec la régénération des forêts et les activités humaines.

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