Le verdict est tombé. Près d’un an après les incidents qui avaient émaillé la Fête de la Vènerie de Senlis, Stanislas Broniszewski, figure emblématique du collectif anti-chasse AVA (Abolissons la Vénerie Aujourd’hui), a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Senlis. Le militant a été condamné pour avoir organisé une manifestation sans déclaration préalable lors de cet événement consacré à la chasse à courre. Une décision dont il a immédiatement annoncé faire appel.
Le tribunal reconnaît son rôle dans l’organisation du rassemblement
Le 14 juin 2025, alors que le musée de la Vénerie de Senlis célébrait son 90e anniversaire, plusieurs dizaines de militants opposés à la chasse à courre avaient perturbé les festivités. Le rassemblement, qui n’avait pas été déclaré en préfecture, avait donné lieu à de nombreuses tensions entre militants anti-chasse, veneurs et forces de l’ordre. Depuis le début de la procédure, Stanislas Broniszewski contestait toute responsabilité dans l’organisation de cette mobilisation. Une ligne de défense qui n’a manifestement pas convaincu les magistrats. Selon l’avocate des parties civiles, le tribunal a retenu son rôle de fondateur et de principal animateur du mouvement AVA, estimant qu’il ne pouvait se retrancher derrière l’absence revendiquée de structure hiérarchique au sein du collectif.
Une condamnation pénale et financière
Le tribunal a condamné le militant à une amende délictuelle de 2 000 euros, dont 1 000 euros avec sursis. À cette sanction s’ajoutent 6 600 euros de dommages et intérêts à verser aux différentes parties civiles constituées dans ce dossier. La Fédération départementale des chasseurs de l’Oise, la Société de Vènerie, l’Association des Amis du Musée de la Vénerie ainsi que la ville de Senlis ont toutes obtenu réparation de leur préjudice moral. Autre conséquence notable de cette décision : Stanislas Broniszewski fait également l’objet d’une interdiction de détenir ou porter une arme pendant trois ans. Le tribunal a par ailleurs refusé sa demande visant à éviter l’inscription de cette condamnation à son casier judiciaire.
Un militant qui dénonce un procès politique
À l’annonce du jugement, l’intéressé n’a pas caché sa colère. Il continue d’affirmer qu’il n’était pas l’organisateur de la manifestation et estime être devenu la cible privilégiée des défenseurs de la chasse à courre. Le porte-parole d’AVA considère que ce dossier dépasse largement la simple question d’une manifestation non déclarée et y voit une dimension politique. Fidèle à la stratégie adoptée depuis plusieurs années par son collectif, il entend désormais poursuivre le combat sur le terrain judiciaire.
AVA annonce une nouvelle offensive judiciaire
Quelques heures seulement après le délibéré, les réseaux sociaux d’AVA appelaient déjà à la mobilisation financière de leurs sympathisants. Le collectif a lancé une souscription destinée à financer de nouvelles procédures contre des veneurs et des équipages de chasse à courre. Cette annonce confirme une évolution observée depuis plusieurs années : faute d’obtenir l’interdiction de la vénerie par la voie politique, certains militants anti-chasse cherchent désormais à multiplier les actions judiciaires et médiatiques pour tenter d’affaiblir cette pratique ancestrale. Reste désormais à connaître la position de la cour d’appel d’Amiens, qui sera chargée de réexaminer ce dossier dans les prochains mois. En attendant, cette condamnation constitue un revers judiciaire important pour l’une des figures les plus médiatiques du mouvement anti-vènerie français.












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