Permis de chasser sans examen : la proposition choc et problématique de certains agriculteurs !

Permis de chasser pochette surprise

Invité, il y a peu, sur le terrain par la Coordination Rurale du Cantal pour constater les dégâts causés par les rats taupiers et le gibier, le préfet de ce département a pu entendre une série de revendications portées par le syndicat agricole. Parmi elles, l’une a particulièrement retenu l’attention : accorder automatiquement le permis de chasser et l’agrément de piégeur aux agriculteurs. Une proposition qui ne manquera pas de faire réagir dans le monde cynégétique.

Les agriculteurs réclament davantage de moyens

À Cézens puis à Malbo, les représentants de la Coordination Rurale ont dressé un constat alarmant. Entre les pullulations de rats taupiers et les dégâts causés par le grand gibier, de nombreux exploitants agricoles dénoncent des pertes économiques parfois considérables. Le syndicat estime que les agriculteurs, directement confrontés à ces problématiques sur leurs exploitations, doivent disposer d’outils supplémentaires pour agir rapidement. C’est dans ce contexte qu’il demande notamment que le statut d’agriculteur ouvre automatiquement droit au permis de chasser ainsi qu’à l’agrément de piégeur. La Coordination Rurale plaide également pour davantage de souplesse dans la gestion du gibier, avec des plans de chasse renforcés, la suppression du sexage des bracelets et une intervention accrue des louvetiers ou de l’OFB lorsque les objectifs de prélèvements ne sont pas atteints.

Des revendications qui peuvent s’entendre…

Sur plusieurs points, les préoccupations exprimées par les agriculteurs rejoignent celles de nombreux chasseurs. Les dégâts agricoles causés par le grand gibier représentent une réalité quotidienne dans de nombreux territoires ruraux et la nécessité d’une régulation efficace fait aujourd’hui largement consensus. La demande d’une meilleure prise en compte des remontées du terrain, d’une plus grande réactivité administrative ou encore d’une amélioration de la communication entre agriculteurs et chasseurs mérite d’être entendue. Personne ne conteste non plus que les exploitants agricoles figurent parmi les premiers concernés par les conséquences d’une surabondance de sangliers, de cervidés ou d’autres espèces susceptibles d’occasionner des dégâts.

…mais la sécurité ne se négocie pas

En revanche, la proposition visant à attribuer automatiquement le permis de chasser et l’agrément de piégeur soulève une question de fond. Le permis de chasser n’est pas une simple formalité administrative. Il repose sur une formation obligatoire, un examen et l’apprentissage de règles de sécurité qui concernent aussi bien la manipulation des armes que la connaissance de la réglementation. Le piégeage est lui aussi soumis à une formation spécifique et à un agrément délivré dans un cadre strict. La parfaite connaissance du terrain agricole ne peut pas remplacer ces formations. Pas plus que le statut professionnel ne saurait constituer, à lui seul, une garantie suffisante en matière de sécurité.

Une ligne rouge pour le monde cynégétique

Depuis plusieurs années, les fédérations départementales et la Fédération Nationale des Chasseurs investissent massivement dans la prévention des accidents et le renforcement de la sécurité. Journées de formation, remises à niveau, sensibilisation permanente des pratiquants : la sécurité est devenue l’une des priorités absolues du monde de la chasse. Dans ce contexte, supprimer l’examen du permis de chasser pour une catégorie professionnelle enverrait un signal particulièrement difficile à comprendre. Les agriculteurs ont toute leur place dans le débat sur la gestion du gibier et beaucoup sont d’ailleurs eux-mêmes chasseurs. Mais si les modalités de régulation peuvent évoluer, une chose ne devrait pas changer : lorsqu’il s’agit de manipuler une arme ou d’exercer une activité réglementée comme le piégeage, la formation et la sécurité doivent rester les mêmes pour tous.

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Une réponse à « Permis de chasser sans examen : la proposition choc et problématique de certains agriculteurs ! »

  1. Navarro Thierry

    Bonjour
    Une proposition complètement lunaire.
    La porte ouverte à tout les abus.
    Autorisation de la lunette thermique et tirs de nuit pour protéger les cultures.
    Serait plus judicieux.

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