Alcool et chasse : les chiffres de l’OFB tordent le cou aux idées reçues

À chaque accident de chasse médiatisé, la question de la consommation d’alcool ou de stupéfiants revient systématiquement auprès du grand public. Les données du bilan 2025-2026 de l’Office français de la biodiversité permettent toutefois de dépasser les impressions pour s’appuyer sur des faits. Si plusieurs accidents impliquent effectivement des chasseurs contrôlés positifs, les statistiques montrent une situation relativement stable depuis vingt ans, sans pour autant minimiser les risques que représente la consommation de substances altérant la vigilance. 

Un sujet qui alimente régulièrement les débats

La sécurité à la chasse est devenue un enjeu majeur au fil des années. Parmi les nombreuses interrogations soulevées, celle de l’alcool occupe une place particulière. À tort ou à raison, une partie de l’opinion publique associe encore régulièrement les accidents de chasse à une consommation excessive d’alcool. Pourtant, jusqu’à ces dernières années, peu de données statistiques permettaient réellement d’évaluer l’ampleur du phénomène. Le bilan annuel de l’OFB apporte désormais un éclairage plus objectif.

Cinq chasseurs positifs à l’alcool cette saison

Pour la saison 2025-2026, 57 auteurs d’accidents ont fait l’objet d’un dépistage de l’alcool. Parmi eux, 5 ont été contrôlés positifs, soit un taux de 8,8 %.  Ce chiffre peut naturellement interpeller. Mais il doit être replacé dans son contexte. Sur les 20 dernières saisons, 906 chasseurs impliqués dans un accident ont été testés, avec un taux moyen de positivité de 7,9 %.
Autrement dit, la saison 2025-2026 se situe légèrement au-dessus de cette moyenne historique, sans traduire une évolution majeure du phénomène.

Les stupéfiants restent très peu représentés

Le bilan de l’OFB s’intéresse également à la consommation de produits stupéfiants. Cette saison, 48 chasseurs impliqués dans un accident ont été dépistés, et un seul contrôle s’est révélé positif.  Sur vingt ans, le taux moyen de positivité aux stupéfiants atteint 1,4 %, sur 639 chasseurs testés. Là encore, les chiffres restent relativement stables au regard des données disponibles.

Une seule consommation peut avoir des conséquences dramatiques

Même si les statistiques demeurent limitées, l’OFB rappelle qu’aucune consommation susceptible d’altérer les capacités physiques ou psychologiques ne peut être considérée comme anodine lorsqu’une arme est utilisée. La chasse exige une vigilance permanente : identifier avec certitude son gibier, apprécier son environnement, respecter les angles de tir, communiquer avec les autres chasseurs et manipuler son arme en toute sécurité. La moindre baisse de concentration ou de discernement peut suffire à provoquer un accident. C’est pourquoi les autorités rappellent régulièrement que la meilleure règle reste simple : ne jamais consommer d’alcool ou de stupéfiants avant ou pendant une action de chasse.

La majorité des accidents ont d’autres causes

Pour autant, les chiffres montrent également que l’alcool n’explique pas, à lui seul, l’accidentologie de la chasse. Cette saison, l’OFB met surtout en avant deux problématiques majeures : les auto-accidents, qui représentent 39 % des accidents, et les erreurs humaines liées à la manipulation des armes ou au non-respect des règles de sécurité.  Lors des chasses au grand gibier, par exemple, la première cause des accidents impliquant un tiers demeure le non-respect de l’angle des 30 degrés. Les mauvaises manipulations et les déplacements avec une arme chargée restent également des facteurs déterminants. Autrement dit, la prévention repose avant tout sur les comportements adoptés sur le terrain.

Continuer à faire progresser la culture de la sécurité

Avec seulement quatre accidents mortels, la saison 2025-2026 constitue une référence historique pour la sécurité à la chasse. Ce résultat est le fruit de nombreux efforts : évolution du permis de chasser, formations décennales, contrôles renforcés de l’OFB, actions de sensibilisation des fédérations départementales et multiplication des rappels sur les règles fondamentales de sécurité. Dans cette dynamique, la consommation d’alcool ou de stupéfiants reste un sujet de vigilance permanent. Même si les cas recensés demeurent relativement peu nombreux, un seul comportement inadapté peut avoir des conséquences irréversibles. Les statistiques publiées cette année rappellent finalement une évidence : derrière chaque accident se trouve presque toujours une erreur humaine. Et la première des sécurités reste le comportement responsable de chacun, avant même l’utilisation de son arme. 

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Passionnée de chasse depuis son plus jeune âge, Ninon Leroux pratique aussi bien la chasse à courre que la chasse à tir. Native du Sud-Ouest, elle est particulièrement attachée aux traditions cynégétiques de sa région, notamment à la chasse de la palombe. Cavalière accomplie, elle a remporté le Championnat de France du cheval de chasse avec le Rallye Ardillières, une distinction qui témoigne de sa parfaite connaissance du monde de la vénerie et du cheval de chasse. Passionnée par les grands espaces, la tauromachie et la culture équine, Ninon aime partager sa vision d'une chasse profondément ancrée dans les territoires, les traditions et la transmission. Au sein de So Chasse, elle met en lumière les femmes, les jeunes chasseurs, la chasse à courre, les traditions cynégétiques et les grands rendez-vous du monde de la chasse.

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