GUIDE Sensmart Orion O635 : « À 1 300 €, ce clip-on thermique change complètement la donne »

Compact, léger, doté d’un capteur 640 × 512 et proposé autour de 1 300 euros, le GUIDE Sensmart Orion O635 intrigue forcément sur le papier. Mais que vaut-il réellement une fois monté sur une carabine et utilisé plusieurs nuits sur les sangliers ? Je l’ai longuement éprouvé cet été, sur trois armes différentes et dans des conditions réelles. Après plusieurs mois d’utilisation et de nombreux tirs, voici ce que j’en retiens.

Première surprise : 285 grammes seulement

Quand j’ai installé pour la première fois le GUIDE Sensmart Orion O635 sur ma carabine, ce qui m’a immédiatement frappé, c’est sa taille. J’ai connu les premières générations de thermiques, avec des appareils conséquents en volume et surtout en poids. Ici, c’est tout l’inverse. L’Orion est minuscule et ne pèse que 285 grammes sans batterie. Ce n’est pas seulement une question de confort. Sur un clip-on, le poids placé à l’avant de la lunette a son importance : à chaque coup de feu, le recul crée une inertie et plus on ajoute de masse, plus les contraintes mécaniques sur la bague de montage et l’optique sont importantes. Avec l’Orion, ce problème est considérablement réduit. Et avec les lunettes de battue que j’utilise la nuit, je ne ressens pratiquement aucune modification de l’équilibre de l’arme.

Un montage simple, à condition d’avoir le bon adaptateur

Il faut être précis sur ce point : la simplicité de montage d’un clip-on dépend avant tout de l’adaptateur utilisé et non du thermique lui-même. Pour ma part, j’utilise des adaptateurs allemands Präzise Jagen. Leur système de blocage mécanique permet de monter rapidement l’appareil sans écrou de contre-serrage. Une fois l’ensemble correctement installé, c’est extrêmement simple. La compacité de l’Orion peut aussi être intéressante sur certaines carabines équipées d’une hausse ou d’un montage de lunette particulièrement bas. Mais son véritable avantage reste son poids très contenu.

Un capteur 640 × 512 largement suffisant

L’Orion est équipé d’un capteur thermique 640 × 512 avec une sensibilité annoncée à 15 mK. Pour moi, nous sommes déjà à un niveau largement suffisant pour un clip-on destiné au tir. J’ai eu l’occasion d’essayer un capteur 1280 × 1024 chez un concurrent et, dans cette utilisation précise, je n’en vois pas réellement l’intérêt. Lors d’une séquence de tir, je ne passe pas cinq minutes à contempler l’image. Je dois identifier ma cible, prendre ma décision et effectuer mon tir dans de bonnes conditions. Le 640 × 512 fait parfaitement le travail. Les 15 mK permettent de distinguer de faibles différences thermiques et d’obtenir suffisamment de détails sur l’animal. Sur un sanglier, par exemple, on distingue très correctement certains détails du pelage. Avec sa lentille de 35 mm, l’appareil offre également une distance de détection largement supérieure aux distances auxquelles je pratique réellement.

Beaucoup de sangliers tirés avec l’Orion

Je préfère identifier précisément les animaux avec mon monoculaire ou mes jumelles thermiques. Une fois ma décision prise, je passe à la carabine. Cela étant dit, l’image délivrée par l’Orion est suffisamment précise pour différencier les animaux au sein d’une compagnie, y compris sur des sangliers relativement petits. Je l’ai beaucoup utilisé cet été et j’ai tiré de nombreux sangliers avec. Une nuit, j’en ai notamment prélevé six depuis le même mirador. Si le clip-on n’avait pas été à la hauteur, je n’aurais tout simplement pas obtenu ces résultats. Côté précision, je n’ai rien à lui reprocher non plus.

Réglé sur trois carabines différentes

J’ai monté et réglé l’Orion sur trois armes : ma .308 Winchester, ma 9,3 × 62 et ma .450 Marlin. L’un des avantages du dispositif est qu’il permet d’enregistrer plusieurs réglages prédéfinis. J’ai donc pu créer un réglage spécifique pour chacune de mes trois carabines et passer facilement de l’un à l’autre lorsque je changeais d’arme. Avant même d’effectuer ces réglages précis, j’ai voulu voir ce que donnait l’Orion simplement clipsé sur chaque carabine, sans apporter de correction. À 100 mètres, le décalage restait déjà très contenu : les impacts se situaient dans un rayon d’environ 5 cm autour du point visé, soit dans un cercle d’une dizaine de centimètres de diamètre. Je règle toujours mes clip-on thermiques à 100 mètres et je tiens à ce que le point d’impact obtenu avec le thermique corresponde le plus précisément possible à celui de la carabine sans le clip-on. Sur les trois armes, les corrections nécessaires pour parvenir à ce résultat ont été très faibles. C’est particulièrement appréciable lorsqu’on souhaite utiliser le même clip-on sur plusieurs carabines sans avoir à reprendre entièrement le réglage à chaque changement d’arme.

À 50 Hz, la fluidité fait le travail

L’Orion fonctionne à 50 Hz. Certains appareils montent aujourd’hui à 60 Hz, mais ils sont aussi généralement plus chers. Personnellement, je ne tire pas un sanglier en mouvement la nuit. Les animaux sont généralement calmes et, si un sanglier s’enfuit parce qu’il m’a senti ou entendu, je préfère le laisser partir plutôt que de tenter un tir dans de mauvaises conditions. Dans cette utilisation, 50 Hz sont largement suffisants.

Une ergonomie pensée pour être utilisée dans le noir

C’est également l’un des points que j’ai appréciés. Sur le dessus, un bouton facilement identifiable permet notamment de sortir rapidement du mode veille. Trois autres boutons placés sur le côté gauche donnent accès aux fonctions rapides et aux menus selon que l’on effectue un appui court ou long. Après un peu d’habitude, tout se manipule très naturellement, sans avoir besoin de regarder l’appareil. Même chose pour la mise au point. La molette est assez volumineuse et facilement accessible. Elle est un peu ferme, mais ce n’est pas gênant. Entre 40 et 100 mètres, qui correspond à ma plage habituelle d’utilisation, je n’ai de toute façon pas besoin d’y toucher constamment.

Blanc chaud, sépia, vert : j’ai fait mon choix

L’appareil permet de sélectionner les palettes que l’on souhaite retrouver dans le menu rapide. J’en ai principalement testé trois : blanc chaud, sépia et vert. Le sépia est très agréable pour observer car il fatigue moins l’œil. En revanche, avec mon réticule fin éclairé en rouge, je trouvais celui-ci plus difficile à distinguer. Ce n’est pas un défaut de la palette elle-même, simplement une mauvaise association avec mon équipement. Le vert fonctionne également, mais je n’aime pas particulièrement cette restitution. C’est une affaire de goût. Au final, je reviens presque toujours au blanc chaud.

Une autonomie qui m’a surpris

L’Orion va à l’essentiel. Pas de télémètre intégré, pas de calculateur balistique, pas d’inclinomètre et surtout pas d’enregistrement vidéo. Cela permet aussi de limiter la consommation électrique. Durant toutes mes sorties estivales, je ne me suis jamais retrouvé à court de batterie et je n’ai même jamais eu besoin d’en changer au cours d’une nuit. Je ne passe certes pas dix heures au mirador, mais sur des sorties pouvant atteindre quatre heures, l’autonomie s’est montrée largement suffisante. Deux batteries sont fournies avec l’appareil. Leur remplacement est très simple : un quart de tour permet d’ouvrir le logement latéral et le bouchon reste solidaire de l’appareil. Même dans le noir, la manipulation est très facile.

Ce que j’aime dans l’Orion : il va à l’essentiel

C’est probablement le mot qui résume le mieux cet appareil : pragmatique. GUIDE n’a pas cherché à accumuler des fonctions dont je n’ai personnellement pas besoin pour tirer. Il y a un bon capteur, une bonne image, une excellente compacité, une ergonomie simple et tout ce qu’il faut pour effectuer correctement un tir de nuit. Pour la mesure des distances et l’identification, je préfère de toute façon utiliser mon monoculaire ou mes jumelles thermiques. Une fois que j’ai décidé de tirer, je prends ma carabine. Je n’ai pas besoin que mon clip-on fasse tout à ma place.

Son principal défaut : l’absence de vidéo

S’il fallait malgré tout lui trouver un véritable défaut, ce serait celui-là. J’aurais aimé pouvoir enregistrer mes tirs, non pas pour faire de belles vidéos, mais pour pouvoir contrôler après le coup la réaction de l’animal et l’emplacement probable de l’impact. Cet été, j’ai notamment tiré un gros mâle d’environ 90 kg vidé qui se trouvait à quelques mètres d’une haie épaisse. J’étais sûr de mon tir et j’avais vu la réaction à l’impact, mais j’aurais apprécié pouvoir revoir la séquence avant d’aller chercher l’animal. Pour moi, c’est réellement la fonction qui manque à l’Orion.

À environ 1 300 euros, il change la donne

C’est là que l’Orion devient particulièrement intéressant. À environ 1 300 euros pour un clip-on doté d’un capteur 640 × 512, le rapport qualité/prix est impressionnant. Il faut évidemment ajouter l’adaptateur nécessaire à votre lunette. Selon le système choisi, comptez environ 200 à 250 euros supplémentaires. On arrive donc autour de 1 500 à 1 550 euros pour disposer d’un ensemble prêt à l’emploi. Il est également possible d’ajouter un oculaire pour transformer l’appareil en monoculaire thermique. À ce niveau de prix, on commence réellement à rendre cette technologie accessible à davantage de chasseurs.

Mon verdict après plusieurs mois sur le terrain

Ce n’est pas la meilleure image thermique que j’aie jamais vue. Mais elle est très bonne et, surtout, largement suffisante pour l’utilisation à laquelle cet appareil est destiné. L’Orion réunit selon moi presque tout ce qu’il faut : un capteur 640 × 512 performant, une sensibilité thermique de 15 mK, une bonne précision, une excellente compacité, seulement 285 grammes sur la balance et une autonomie convaincante. Surtout, il ne cherche pas à multiplier les gadgets pour faire grimper le tarif. À environ 1 300 euros, si vous recherchez un clip-on thermique compact et performant et que vous pouvez vous passer de l’enregistrement vidéo, j’ai aujourd’hui beaucoup de mal à lui trouver un concurrent. Après l’avoir utilisé sur trois carabines et avoir tiré de nombreux sangliers avec lui cet été, mon constat est simple : l’Orion fait exactement ce que j’attends d’un clip-on thermique, sans superflu et à un tarif qui pourrait bien contribuer à démocratiser cette technologie.

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Baudouin est journaliste spécialisé dans le monde de la chasse depuis plus de quinze ans et rédacteur en chef de So Chasse. Titulaire d'une carte de presse, il a publié plus de 5 000 articles et réalisé plus de 1 500 reportages vidéo consacrés à la chasse, à la faune sauvage, aux chiens, aux armes, à la réglementation et aux territoires. Il a notamment interviewé plusieurs candidats à l’élection présidentielle en 2017 et 2022 sur leur vision de la chasse et de la ruralité. Ses reportages l’ont également conduit en Italie, en Espagne, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, au Bénin et au Mozambique. Chasseur depuis son plus jeune âge, il pratique aussi bien l’approche, l’affût, la battue que la chasse du petit gibier avec son springer. À travers So Chasse, il défend un journalisme de terrain fondé sur l’expérience, la vérification des faits et la rencontre avec les acteurs du monde cynégétique.

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Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

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