À quelques jours de l’ouverture générale, une quinzaine de nouveaux chasseurs isérois ont choisi de retourner sur le pas de tir pour perfectionner leurs gestes avec leurs propres armes. Ball-trap, réglage des carabines, maîtrise du départ du coup et sanglier courant : une matinée organisée par la Fédération départementale des chasseurs de l’Isère avec un objectif très clair, gagner en efficacité mais surtout en sécurité.
Se former ne s’arrête pas à l’obtention du permis
Obtenir son permis de chasser constitue évidemment une étape indispensable. Mais entre réussir l’examen et se retrouver pour la première fois sur le terrain avec sa propre arme, il existe encore une marge importante d’apprentissage. C’est précisément pour accompagner cette transition que la Fédération départementale des chasseurs de l’Isère a récemment accueilli une quinzaine de nouveaux chasseurs pour une matinée entièrement consacrée au tir. Une démarche qui s’inscrit dans la politique menée depuis plusieurs mois par la Fédération iséroise en direction des nouveaux pratiquants. Fin juin, elle avait déjà organisé à Gières une matinée de portes ouvertes spécialement destinée aux nouveaux et futurs chasseurs, avec différents ateliers pédagogiques et pratiques. Cette fois, les participants sont venus avec leurs propres armes afin de travailler dans les conditions les plus proches possible de celles qu’ils rencontreront lors de leurs premières sorties.
Du ball-trap pour travailler les bons réflexes
Premier atelier : le tir au fusil sur plateaux. Pour l’occasion, les jeunes chasseurs ont notamment pu tirer sur les traditionnels plateaux orange. Une petite particularité qui n’a rien d’anodin puisque cette couleur n’est volontairement pas utilisée lors de l’examen pratique du permis de chasser, où elle est associée à une espèce protégée et doit donc conduire le candidat à s’abstenir de tirer. L’entraînement a commencé par des tirs fusil épaulé, avant de passer progressivement au tir désépaulé. L’objectif est alors de travailler simultanément la montée de l’arme, la coordination, l’acquisition de la cible et le déclenchement du tir, autant de gestes qui doivent devenir naturels sans jamais faire oublier les règles élémentaires de sécurité. La Fédération iséroise utilise d’ailleurs depuis plusieurs années ce type d’exercice dans ses dispositifs d’entraînement, aux côtés du tir à la carabine et du sanglier courant.
Régler son arme avant de partir chasser
Le second atelier était consacré au grand gibier. Et avant même de rechercher la précision, les participants ont commencé par une étape essentielle : vérifier leur arme et son réglage. Une lunette ou un point rouge parfaitement réglé quelques mois auparavant peut avoir subi un choc pendant le transport ou le stockage. Quelques tirs de contrôle avant l’ouverture permettent donc de s’assurer que le point d’impact correspond toujours au point visé. Les nouveaux chasseurs ont ensuite travaillé la maîtrise du tir et notamment la gestion du départ du coup, avant de passer à un exercice beaucoup plus dynamique sur sanglier courant. La cible mobile permet de reproduire, au moins en partie, la difficulté d’un animal traversant une ligne de tir et oblige le chasseur à coordonner rapidement acquisition de la cible, mouvement de l’arme et déclenchement.
Le sanglier courant, un exercice particulièrement formateur
Le sanglier courant est d’ailleurs loin d’être inconnu des nouveaux titulaires du permis. L’épreuve pratique de l’examen comprend déjà des tirs à l’arme rayée sur une cible de sanglier se déplaçant sur un rail. Mais l’objectif de l’examen reste avant tout de vérifier le comportement du candidat et sa maîtrise des règles de sécurité. Une fois le permis obtenu, poursuivre cet entraînement permet donc de travailler beaucoup plus finement le geste de tir et de prendre en main sa propre arme, avec sa détente, son poids, son équilibre et son système de visée. Et ce type de séance n’est évidemment pas réservé aux débutants. Pour un chasseur expérimenté également, quelques passages au stand avant la reprise de la saison constituent rarement du temps perdu.
Mieux tirer, c’est aussi mieux chasser
Au-delà de la performance pure, l’intérêt de telles formations est surtout éthique et sécuritaire. Un chasseur qui connaît parfaitement son arme, ses réactions et ses propres limites est davantage en mesure de décider rapidement si une situation autorise un tir propre et sûr ou si, au contraire, il vaut mieux s’abstenir. La précision contribue également à limiter les risques de blessures du gibier et donc les recherches parfois longues qui peuvent suivre un tir mal placé. C’est tout le sens de cette matinée organisée en Isère : permettre aux nouveaux chasseurs d’aborder leurs premières saisons avec davantage de maîtrise et de confiance, sans jamais perdre de vue que savoir ne pas tirer fait tout autant partie de l’apprentissage que savoir atteindre sa cible. Une initiative simple mais particulièrement utile à quelques jours de retrouver les territoires de chasse.












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