Gard : un sanglier de 130 kg prélevé et sa venaison partagée

Sanglier mâle 130 kg

Un sanglier mâle de 130 kilos a été prélevé samedi 5 septembre lors d’une battue organisée à Bellegarde, dans le Gard, à la demande d’un manadier confronté à la présence régulière de suidés. Un bel animal, mais aussi une scène révélatrice du rôle concret des chasseurs sur le terrain : sécurisation de la battue, régulation et partage de la venaison avec les agriculteurs qui leur ouvrent leurs terres.

Un gros mâle levé près du canal

La battue avait été organisée à proximité de la voie verte, le long du canal, après la demande d’un manadier excédé par la présence de sangliers. Sur le terrain, les chasseurs ont rapidement constaté que les animaux étaient nombreux. Daniel Delorme, président des chasseurs de Bellegarde, était positionné le long de la voie verte afin de prévenir cyclistes et promeneurs du déroulement de la battue lorsque ses collègues l’ont alerté : les chiens venaient de localiser un gros sanglier. L’animal s’était réfugié dans un secteur particulièrement encombré. « Il s’est coincé dans des ronces, les piqueurs ont réussi à le faire sortir et à le tirer un peu plus loin. Comme il était gros, on préfère l’abattre pour éviter qu’il fasse mal aux chiens », explique Daniel Delorme à ICI Gard Lozère. Le sanglier a finalement été prélevé en plein champ, à environ une centaine de mètres de la voie verte.

130 kilos sur la balance

Au moment de peser l’animal, le président des chasseurs a lui-même été surpris. « C’est pas tous les jours qu’on voit des sangliers de 130 kilos, c’est le plus gros que j’ai vu, il était joli », raconte-t-il. Avec ses 130 kilos, ce mâle constitue effectivement un très beau prélèvement, même si de tels poids ne sont pas exceptionnels à l’échelle nationale. Certains grands mâles peuvent largement dépasser cette barre. Ses défenses mesuraient, selon les chasseurs, plus de cinq centimètres. Le tireur a d’ailleurs choisi de les conserver comme trophée.

Une partie de la venaison offerte aux agriculteurs

Mais l’histoire ne s’est pas arrêtée au tableau de chasse. Une fois l’animal dépecé, les chasseurs ont choisi de partager une partie de la venaison avec ceux qui les accueillent et les accompagnent sur le territoire. « Nous avons porté un cuissot au manadier, aux agriculteurs qui nous aident parce que nous chassons sur leurs terres », explique Daniel Delorme. Un geste simple, mais qui illustre parfaitement les relations qui existent encore dans de nombreux territoires ruraux entre chasseurs et exploitants agricoles. Les premiers interviennent pour réguler des animaux susceptibles de causer des dégâts aux cultures ou aux élevages, tandis que les seconds permettent l’accès aux parcelles et facilitent l’organisation des actions de chasse.

Réguler, sécuriser et partager

Cette battue de Bellegarde résume finalement assez bien plusieurs réalités de la chasse au sanglier. Elle répondait d’abord à une demande locale, formulée par un manadier confronté à la présence des animaux. Elle a ensuite été organisée en tenant compte des autres usagers, puisque le président de l’association s’était lui-même placé au niveau de la voie verte afin d’informer cyclistes et promeneurs. Enfin, le prélèvement n’a pas été considéré comme un simple trophée. Une partie de la viande a été redistribuée à ceux qui participent, directement ou indirectement, à la vie du territoire. Derrière les 130 kilos affichés sur la balance, c’est donc surtout cette chaîne de solidarité rurale qui mérite d’être retenue.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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