Un automobiliste de 37 ans a été blessé lundi soir en Dordogne après avoir perdu le contrôle de son véhicule en voulant éviter un sanglier. Sa voiture a effectué plusieurs tonneaux. Mais les circonstances de l’accident révèlent également que le conducteur avait été contrôlé positif aux stupéfiants et conduisait malgré une suspension de permis.
Plusieurs tonneaux après avoir voulu éviter un sanglier
L’accident s’est produit lundi 10 août, vers 20 h 40, à Saint-Mayme-de-Péreyrol, en Dordogne. Selon Sud Ouest, l’automobiliste circulait sur le chemin de la Pécoulie lorsqu’un sanglier aurait surgi sur sa route. Le conducteur de 37 ans a alors effectué une embardée pour tenter d’éviter l’animal. Il a perdu le contrôle de son véhicule, qui a effectué plusieurs tonneaux avant de terminer sa course sur le flanc. Blessé à la tête selon les premiers éléments, l’homme a été pris en charge et transporté au centre hospitalier de Bergerac.
Positif aux stupéfiants et permis suspendu
Si la présence soudaine d’un sanglier sur la chaussée aurait provoqué la manœuvre d’évitement, les constatations effectuées après l’accident apportent un élément pour le moins important. Le conducteur a en effet été contrôlé positif aux stupéfiants. Il circulait également alors que son permis de conduire faisait l’objet d’une suspension. Des circonstances qui devront évidemment être prises en compte dans l’établissement précis des responsabilités et qui rappellent qu’aucun risque lié à la présence de gibier sur les routes ne saurait justifier de conduire sous l’emprise de produits stupéfiants ou sans permis valide.
Les collisions avec la faune, un problème bien réel
Cela n’enlève cependant rien à une autre réalité particulièrement familière aux habitants des territoires ruraux : les rencontres entre véhicules et grands animaux sauvages sont extrêmement fréquentes sur les routes françaises. Le chiffre d’environ 40 000 collisions annuelles avec la faune sauvage est régulièrement avancé. Il doit toutefois être considéré comme un ordre de grandeur, faute de statistiques nationales exhaustives recensant l’ensemble des accidents, notamment lorsqu’ils ne provoquent que des dégâts matériels. Le risque humain, lui, est parfaitement réel. Un rapport du Sénat publié en 2022, s’appuyant sur les données de la gendarmerie nationale, indiquait qu’entre 7 et 11 personnes avaient été tuées chaque année entre 2019 et 2021 lors de collisions routières avec des animaux sauvages, tandis que 150 à 190 personnes étaient blessées. Sangliers, chevreuils et grands cervidés peuvent surgir brutalement sur la chaussée, avec des conséquences parfois dramatiques pour les automobilistes comme pour les motards.
Près de 23 000 sangliers prélevés cette saison en Périgord
Dans ce contexte, la maîtrise des populations de grand gibier reste un enjeu majeur, qui dépasse largement la seule question des dégâts agricoles. En Dordogne, où les populations de sangliers sont particulièrement importantes, les chasseurs ont encore prélevé 22 982 animaux au cours de la saison 2025-2026. Un chiffre considérable, quasiment identique aux 23 122 prélèvements enregistrés la saison précédente, qui donne la mesure de l’effort de régulation réalisé chaque année dans le département. Ils ne permettent évidemment pas d’empêcher qu’un sanglier traverse soudainement une route, comme cela semble avoir été le cas lundi soir en Dordogne. Mais ils rappellent que dans des territoires où le grand gibier est très présent, contenir ses populations demeure aussi une question de sécurité et de coexistence avec les activités humaines.












Laisser un commentaire