Aveyron : une laie équipée d’un GPS révèle l’effet de la chaleur

Laie Biscotte équipée d'un GPS par la FDC 12

Équipée d’un collier GPS depuis le mois de mai, une laie baptisée Biscotte permet à la Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron de suivre précisément les déplacements d’une compagnie de sangliers. Les premières données recueillies montrent que la chaleur semble fortement réduire l’activité des animaux.

Une laie équipée d’un GPS pour comprendre les habitudes de déplacement de l’espèce

Comment les sangliers adaptent-ils leurs déplacements aux conditions météorologiques ? C’est notamment pour tenter de répondre à cette question, la Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron suit depuis plusieurs semaines une laie équipée d’un collier GPS. Baptisée Biscotte, cette femelle de 35 kg a été capturée avec l’aide de chasseurs locaux sur la commune de Saint-Hippolyte, dans le nord du département, à proximité de la frontière avec le Cantal. Après avoir été équipée au mois de mai, elle a rapidement retrouvé sa liberté et ses trois marcassins. Depuis, les données envoyées par son collier permettent aux techniciens aveyronnais d’observer ses déplacements, ses zones de repos et la manière dont elle occupe son territoire.

Une première zone limitée à 60 hectares

Au cours de la première semaine de suivi, Biscotte n’a pas entrepris de grands voyages. La laie et ses trois marcassins sont restés dans le bois des Veyssières, sur une superficie d’environ 60 hectares. Ils se tenaient généralement à proximité de l’eau et choisissaient leurs zones de repos dans les fougères aigles, au cœur des bois ou dans un petit bosquet. Durant cette période, Biscotte a utilisé trois remises différentes. Les passages en terrain ouvert ont principalement eu lieu la nuit, notamment pour traverser un champ. Cette relative sédentarité n’avait rien de surprenant pour la Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron. La laie devait s’occuper de trois jeunes marcassins, encore peu adaptés aux déplacements prolongés. Les températures exceptionnellement élevées enregistrées au mois de mai semblent également avoir joué un rôle important.

La chaleur « assomme » les animaux

Les nouvelles données publiées par la Fédération départementale des chasseurs concernent la période comprise entre le 30 mai et le 13 juin. Après une fin de mois de mai particulièrement chaude, les températures sont devenues plus supportables. Plusieurs épisodes orageux ont également apporté un peu de fraîcheur. Ce changement de conditions météorologiques s’est immédiatement accompagné d’une augmentation des déplacements de Biscotte. « La canicule exceptionnelle pour un mois de mai a calmé les ardeurs de Biscotte », explique la Fédération départementale des chasseurs de l’Aveyron. Lorsque la chaleur a diminué, la laie s’est remise en mouvement et a doublé la superficie de son territoire d’investigation. Celui-ci est ainsi passé d’environ 60 à 120 hectares. « Finalement, les animaux sont comme nous, les fortes chaleurs les “assomment” et ils réduisent leurs déplacements. Ils s’économisent », constatent les techniciens.

Un exemple concret pour les chasseurs

Le suivi d’un seul animal ne suffit évidemment pas à tirer des conclusions définitives sur le comportement de l’ensemble des sangliers. Le cas de Biscotte apporte néanmoins une illustration particulièrement intéressante de l’influence que peuvent exercer les fortes chaleurs sur leurs déplacements. Lorsque les températures deviennent difficiles à supporter, les sangliers cherchent à limiter leurs efforts. Ils privilégient les secteurs ombragés, les remises épaisses et les zones proches de l’eau. Leurs sorties peuvent devenir plus courtes et principalement nocturnes, lorsque les températures sont plus fraîches et que les dérangements humains sont moins importants. Dès que les conditions redeviennent plus favorables, les animaux peuvent rapidement élargir leur domaine d’activité, comme l’a fait Biscotte entre la fin du mois de mai et la première moitié de juin. Ces informations peuvent aider les chasseurs à mieux comprendre la répartition des compagnies de sangliers sur un territoire et les raisons pour lesquelles elles peuvent sembler particulièrement discrètes durant certaines périodes.

Trois remises toujours privilégiées

Même si elle a doublé son territoire, Biscotte reste fidèle à ses habitudes. Les trois remises identifiées au début du suivi continuent d’avoir sa préférence. Elle revient régulièrement dans ces zones de repos, probablement parce qu’elles lui offrent de la tranquillité, du couvert végétal et une certaine proximité avec les points d’eau. Son attachement à ces remises n’empêche toutefois pas la laie de parcourir un secteur au relief particulièrement marqué. Les données du collier montrent qu’elle passe alternativement sur la rive droite du ruisseau de Saint-Marc et sur la rive gauche du ruisseau d’Auguié. Les dénivelés ne semblent guère l’impressionner. Biscotte a notamment franchi le ravin de La Roque. Vers le sud, elle est descendue presque jusqu’à Saint-Hippolyte, avec un passage rapide dans les travers de Madrières. Vers le nord, elle est remontée au-dessus de Caupels.

Une zone blanche complique le suivi

Le relief et l’isolement du secteur donnent toutefois du fil à retordre aux techniciens. Au début du suivi, la Fédération départementale des chasseurs s’était inquiétée de ne recevoir aucune information du collier GPS. Biscotte avait tout simplement choisi de s’installer dans une zone blanche où la transmission des données était difficile. Les informations enregistrées par le collier finissent donc parfois par arriver sous la forme de « paquets de points » lorsque la laie traverse un secteur bénéficiant d’une meilleure couverture. Ces difficultés techniques n’empêchent pas le dispositif de fournir de précieux renseignements sur l’utilisation du territoire par les sangliers.

Biscotte devrait encore beaucoup apprendre aux chasseurs

Le suivi de Biscotte ne fait que commencer. À mesure que ses trois marcassins grandiront, la compagnie devrait pouvoir parcourir des distances plus importantes et peut-être modifier ses habitudes. Les prochaines données permettront également de comparer ses mouvements selon les températures, les précipitations, la disponibilité de la nourriture et les éventuels dérangements. Grâce à son collier GPS, cette laie aveyronnaise pourrait ainsi aider les chasseurs et les techniciens à mieux comprendre la façon dont les sangliers adaptent leur comportement aux fortes chaleurs et aux caractéristiques de leur environnement.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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