Sanglier : près de 50 % de dossiers de dégâts en plus dans le Cher

Sangliers sortant du maïs

Au 30 juin 2026, la Fédération départementale des chasseurs du Cher avait déjà enregistré 487 dossiers de dégâts de grand gibier, soit une progression de 47 % en seulement un an. Pour la FDC 18, les récoltes précoces n’expliquent qu’une partie de cette envolée, principalement attribuée au nombre important de sangliers encore présents à la fin de la dernière saison de chasse.

156 dossiers supplémentaires en un an

Les chiffres communiqués par la Fédération départementale des chasseurs du Cher sont particulièrement préoccupants. Au 30 juin, 487 dossiers de dégâts de grand gibier avaient été déposés auprès de ses services, contre environ 331 à la même date en 2025. En l’espace d’un an, la FDC 18 doit donc traiter quelque 156 déclarations supplémentaires. Une hausse de 47 %, qui traduit une pression particulièrement forte sur les exploitations agricoles du département. La précocité de certaines récoltes a pu entraîner une arrivée plus rapide des déclarations. La Fédération estime toutefois que ce décalage du calendrier agricole ne suffit pas à expliquer une telle progression. Elle désigne clairement comme cause principale « la population de sangliers en fin de chasse ».

Le maïs concentre la moitié de la facture

Toutes les productions agricoles ne sont pas touchées avec la même intensité. Dans le Cher, les dommages commis dans les cultures de maïs représentent à eux seuls 50 % de la facture annuelle d’indemnisation. La plante offre en effet aux sangliers une nourriture abondante, mais également un couvert dense dans lequel les animaux peuvent circuler et se remiser à l’abri des regards. Les dégâts peuvent commencer dès les semis, lorsque les graines sont recherchées, puis se poursuivre au cours de la croissance du maïs jusqu’à sa récolte. À cette période de l’année, la surveillance des parcelles et la réactivité des chasseurs deviennent donc essentielles pour éviter que quelques animaux ne provoquent, en plusieurs nuits, des dommages importants.

Les indemnisations pèsent sur les chasseurs

Lorsqu’une culture ou une récolte agricole est endommagée par du grand gibier, l’exploitant peut déposer une demande auprès de la Fédération départementale des chasseurs. Le dossier est ensuite instruit et les dommages sont évalués par un estimateur habilité, avant qu’une indemnité soit proposée selon les barèmes départementaux en vigueur. Cette indemnisation est assumée par le monde cynégétique, notamment au moyen des cotisations versées par les chasseurs et les territoires de chasse. La hausse du nombre de dossiers constitue donc une double alerte : elle traduit les difficultés rencontrées par les agriculteurs, mais menace également l’équilibre financier du dispositif supporté par les chasseurs. La facture définitive de la campagne 2026 ne pourra être connue qu’après les estimations et les récoltes. Le nombre de déclarations enregistrées à la fin du mois de juin montre cependant que la tendance est déjà très mauvaise.

Le bracelet sanglier reste suspendu

Face à l’urgence, la FDC 18 cherche depuis plusieurs saisons à lever les obstacles susceptibles de freiner les prélèvements. Le plan de gestion du sanglier est étendu à l’ensemble du département depuis la saison 2021-2022. La suspension de l’apposition du bracelet sur les sangliers prélevés, instaurée en 2022, est par ailleurs maintenue pendant toute la saison 2026-2027. Cette mesure doit permettre aux chasseurs d’augmenter les prélèvements sans être limités par l’achat ou la disponibilité d’un dispositif de marquage. La Fédération met également à disposition une procédure spécifique permettant de demander l’intervention sur les parcelles en cours de récolte ou de broyage. L’objectif est de profiter de ces travaux agricoles, qui font sortir les animaux des grands couverts, pour intervenir plus efficacement et protéger les cultures voisines.

La chaleur complique actuellement les interventions

Les fortes températures limitent toutefois les possibilités d’action sur le terrain. Chasser ou organiser des opérations dans des conditions de chaleur excessive peut devenir éprouvant pour les hommes comme pour leurs fidèles compagnons à quatre pattes. La FDC 18 appelle donc les chasseurs à reprendre pleinement leur mobilisation dès que les conditions météorologiques seront plus favorables. Elle salue ceux qui restent engagés pour contenir les populations et limiter les dommages causés aux exploitants agricoles. Avec près de 50 % de dossiers supplémentaires en un an, le constat est sans appel : malgré les prélèvements déjà réalisés, le nombre de sangliers demeure trop élevé dans plusieurs secteurs du Cher. La mobilisation estivale et les actions conduites durant la prochaine saison seront déterminantes pour éviter une nouvelle aggravation de la facture.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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