Face au risque que représente la maladie d’Aujeszky pour les chiens de chasse, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) et le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires (CNOV) renforcent leur coopération à partir de ce jeudi 10 septembre.
Une maladie mortelle pour les chiens
La maladie d’Aujeszky constitue une préoccupation importante pour les chasseurs et les propriétaires de chiens de chasse. Le sanglier est un réservoir naturel du virus et peut être porteur sans présenter de symptômes. « Chez le chien, en revanche, la maladie est systématiquement mortelle » explique la FNC dans un communiqué.
Mieux suivre la circulation du virus
Depuis plusieurs années, la fédération mène des études sur la maladie. Jusqu’à présent, il restait toutefois difficile de disposer d’une vision précise et chronologique des cas détectés chez les chiens, et donc de mieux comprendre où et comment le virus circulait sur le territoire. Pour améliorer cette connaissance, « le Réseau d’épidémiosurveillance pour les animaux de compagnie (RESPAC), placé sous l’égide de l’AFVAC (Association française des vétérinaires pour animaux de compagnie), met en place le premier dispositif de surveillance d’une affection touchant les chiens qui est spécifiquement consacré à la maladie d’Aujeszky ».
Un nouvel outil pour les vétérinaires
La plateforme CalypsoVet, accessible aux vétérinaires en exercice, dispose désormais d’un outil permettant de déclarer les suspicions de maladie d’Aujeszky et d’enregistrer les résultats des analyses. Son développement a été soutenu financièrement par la Fédération nationale des chasseurs. L’AFVAC doit également sensibiliser les vétérinaires à la détection de la maladie, à son diagnostic et aux moyens de confirmation. Une attention particulière sera portée aux professionnels exerçant en milieu rural.
Identifier les territoires à risque
L’objectif de cette surveillance est de « disposer progressivement d’informations plus précises sur la présence et la circulation de la maladie » selon la FNC. Chaque cas rencontré par un vétérinaire pourra ainsi contribuer à améliorer les connaissances sur le virus. Ces données doivent également permettre d’identifier plus rapidement les territoires à risque, de mieux comprendre la dynamique de transmission et d’adapter les mesures de prévention. « Documenter la maladie permettra également de mobiliser un laboratoire pour travailler sur un vaccin spécifique » ajoute la fédération.
Une coopération autour de la vaccination
La FNC et le Conseil national de l’Ordre des vétérinaires ont également formalisé leur coopération concernant la vaccination des chiens de chasse contre la maladie, à travers la signature d’une convention. Celle-ci reconnaît que cette vaccination répond à « un objectif d’intérêt collectif pour la santé des animaux et contribue à des ambitions scientifiques d’intérêt général ».
Des opérations facilitées sur le terrain
Concrètement, cette convention doit faciliter l’intervention des vétérinaires auprès des chasseurs et de leurs chiens, notamment lors de rassemblements. Les Fédérations départementales des chasseurs pourront établir des listes de vétérinaires volontaires pour participer à ces opérations. Le dispositif vise ainsi à associer surveillance épidémiologique et prévention : déclarer les cas, analyser les données, cartographier le risque, informer les chasseurs et faciliter la vaccination des chiens de chasse.
« Mieux localiser le risque, mieux informer les chasseurs »
Pour Willy Schraen, président de la FNC, cette coopération doit permettre de mieux protéger les chiens de chasse : « C’est cette alliance entre expertise vétérinaire et connaissance du terrain des chasseurs qui doit permettre d’établir une stratégie de prévention et de protection des chiens. » Le président de la FNC souligne également l’intérêt de mettre en commun les informations et les moyens d’action afin de « mieux localiser le risque, mieux informer les chasseurs et faciliter la vaccination ». Il estime enfin que les connaissances acquises grâce à ce dispositif pourront contribuer à l’élaboration d’un vaccin spécifique pour les chiens contre la maladie d’Aujeszky.












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