Face à la multiplication des cas de maladie d’Aujeszky chez les chiens de chasse, la FACCC lance une campagne nationale de vaccination. Le dispositif doit être décliné dans les départements avec l’aide des associations locales de chasseurs aux chiens courants, des Fédérations départementales des chasseurs et des vétérinaires. Des opérations sont notamment déjà organisées ou en préparation dans l’Oise et les Alpes-Maritimes.
Une mobilisation à l’échelle nationale
La Fédération des Associations de Chasseurs aux Chiens Courants souhaite permettre au plus grand nombre de propriétaires de protéger leurs chiens contre la maladie d’Aujeszky. Cette campagne ne concerne donc pas seulement quelques départements isolés. Elle a vocation à être progressivement installée partout en France, en lien avec les AFACCC locales, les Fédérations départementales des chasseurs et les cabinets vétérinaires volontaires. Dans chaque territoire, les responsables doivent commencer par recenser les chasseurs intéressés, réunir suffisamment de chiens et trouver un lieu adapté pour organiser les injections. Les modalités pratiques, les dates et les tarifs peuvent donc différer selon les départements.
Une maladie toujours mortelle chez le chien
La maladie d’Aujeszky, parfois appelée pseudo-rage, est provoquée par un virus dont les porcs et les sangliers constituent les principaux réservoirs. Les chiens de chasse sont particulièrement exposés lorsqu’ils entrent directement en contact avec un sanglier infecté. La contamination peut survenir lors d’un ferme, après une morsure, lorsque les chiens mordent l’animal ou lorsqu’ils consomment de la viande ou des viscères crus. Chez le chien, la maladie évolue très rapidement. Elle peut provoquer une forte agitation, des troubles neurologiques, une salivation excessive et surtout de violentes démangeaisons, parfois à l’origine d’automutilations. Une fois les premiers symptômes apparus, l’issue est presque toujours fatale en quelques heures ou quelques jours. Il n’existe actuellement aucun traitement curatif permettant de sauver un chien malade.
Un protocole comportant plusieurs injections
Le protocole actuellement mis en place repose sur plusieurs injections. Dans les Alpes-Maritimes, une vaccination initiale doit être suivie d’un premier rappel environ un mois plus tard, puis d’un nouveau rappel six mois après la première injection. Ces modalités restent placées sous la responsabilité des vétérinaires chargés de la campagne. Elles peuvent être adaptées localement en fonction du produit utilisé et des recommandations sanitaires. Le vaccin employé a été conçu à l’origine pour protéger les porcs contre la maladie d’Aujeszky. Son efficacité est reconnue chez cette espèce, mais son niveau de protection exact chez le chien doit encore être mieux documenté. La vaccination représente donc un espoir important pour les conducteurs de chiens courants, sans pouvoir encore être présentée comme une garantie absolue contre la contamination.
Les Alpes-Maritimes préparent leur campagne
Dans les Alpes-Maritimes, un responsable de la FACCC a été chargé de recenser les propriétaires souhaitant faire vacciner leurs chiens. Le cabinet vétérinaire de Carros a été choisi pour effectuer les injections. Les séances doivent être organisées dans la salle du CREAT, à Saint-Laurent-du-Var, avec le soutien de la Fédération départementale des chasseurs des Alpes-Maritimes. Le tarif négocié est fixé à 20 euros par injection. Pour un protocole comprenant trois injections, le coût total devrait donc atteindre 60 euros par chien. La date de la première séance n’a pas encore été définitivement arrêtée. Les propriétaires intéressés doivent dans un premier temps s’inscrire auprès du responsable local. Ils seront ensuite recontactés lorsque l’ensemble du dispositif aura été finalisé.
Quarante chiens nécessaires pour ouvrir un flacon
L’organisation de ces campagnes collectives s’explique notamment par le conditionnement particulier du vaccin. Dans les Alpes-Maritimes, le produit est fourni en flacons de 40 doses. Une fois le flacon ouvert, le vaccin ne peut pas être conservé pour une séance ultérieure. Il faut donc réunir une quarantaine de chiens le même jour afin d’utiliser toutes les doses et d’éviter le gaspillage. Ce fonctionnement impose un important travail de coordination entre les chasseurs, les associations locales et les vétérinaires. Pour les propriétaires de plusieurs chiens, et notamment les conducteurs de meutes, ces opérations collectives permettent également d’obtenir des tarifs plus accessibles que dans le cadre de vaccinations organisées individuellement.
L’Oise s’est déjà mobilisée
Nous évoquions le 30 juin dernier le dispositif mis en place dans l’Oise. Une première campagne devait être organisée par une clinique vétérinaire de Songeons, avant une seconde opération portée par la Fédération départementale des chasseurs de l’Oise. Cette mobilisation était destinée en priorité aux chiens utilisés pour la chasse du sanglier, particulièrement exposés au virus en raison de leurs contacts rapprochés avec les animaux poursuivis. L’exemple de l’Oise illustre le rôle que peuvent jouer les Fédérations départementales des chasseurs dans le déploiement national souhaité par la FACCC. Elles peuvent centraliser les inscriptions, mettre des locaux à disposition, négocier les tarifs et faciliter les relations avec les vétérinaires.
Recueillir des données scientifiques fiables
La campagne nationale ne vise pas seulement à vacciner les chiens. La FACCC souhaite également obtenir des informations précises sur la tolérance du vaccin et sur les éventuels effets secondaires observés après les injections. De nombreuses affirmations circulent actuellement sur les réseaux sociaux, sans toujours reposer sur des données scientifiques vérifiées. La Fédération des Associations de Chasseurs aux Chiens Courants veut donc mettre en place un suivi rigoureux des animaux vaccinés. Selon les éléments transmis aux chasseurs des Alpes-Maritimes, environ 80 chiens auraient déjà été suivis en Dordogne. Seuls quelques abcès au point d’injection auraient été observés. Ils auraient disparu au bout d’environ huit jours. Ces premiers résultats semblent encourageants, mais ils doivent encore être complétés par un nombre beaucoup plus important de chiens vaccinés et suivis dans différents départements.
La prévention reste indispensable
La vaccination ne doit pas conduire les chasseurs à relâcher leur vigilance. Il reste indispensable d’empêcher autant que possible les chiens de consommer de la viande crue, des viscères ou des morceaux de carcasses de sangliers. Les contacts prolongés avec les animaux morts doivent également être limités. Après une action de chasse, l’apparition de démangeaisons brutales, de troubles neurologiques, d’une salivation inhabituelle ou d’un changement soudain de comportement doit conduire à isoler immédiatement le chien et à contacter un vétérinaire. Avec cette campagne nationale, la FACCC tente d’apporter une réponse concrète à l’une des maladies les plus redoutées par les chasseurs de sanglier. Le déploiement du dispositif dépendra désormais de la mobilisation des AFACCC, des Fédérations départementales des chasseurs, des vétérinaires et des propriétaires de chiens dans chaque territoire. L’Oise et les Alpes-Maritimes constituent deux premiers exemples d’une organisation qui doit progressivement s’étendre à l’ensemble de la France afin de protéger les chiens courants et d’améliorer les connaissances scientifiques sur la vaccination contre la maladie d’Aujeszky.












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