L’ouverture générale de la chasse a sonné dimanche matin dans le Pas-de-Calais. Malgré un été particulièrement sec, les premiers indicateurs sont encourageants pour plusieurs espèces. Le faisan affiche notamment une excellente reproduction. Une réalité de terrain qui n’empêche pas certains opposants à la chasse de reprocher encore aux chasseurs de ne pas en faire assez pour la faune sauvage.
Les chasseurs retrouvent la plaine
Depuis 9 heures dimanche 20 septembre, les plaines du Pas-de-Calais ont retrouvé chasseurs et chiens. Ils sont environ 28 000 dans le département à pouvoir reprendre cette chasse traditionnelle du petit gibier, dans une région où faisans, perdrix et lièvres font depuis longtemps l’objet d’une gestion attentive. Et pour cette ouverture 2026, les nouvelles semblent plutôt encourageantes. La sécheresse et les fortes chaleurs estivales pouvaient pourtant faire craindre une saison difficile. Mais selon Olivier Gugelot, secrétaire général de la Fédération départementale des chasseurs du Pas-de-Calais, les comptages réalisés sur le terrain montrent une tout autre réalité.
4,5 jeunes faisans par poule
Les échantillonnages effectués après les moissons donnent cette année une moyenne de 4,5 jeunes faisans par poule. C’est un jeune de plus qu’en 2025. Pour Olivier Gugelot, les conditions sèches ont même favorisé la reproduction. Il rappelle que les printemps humides et froids peuvent être redoutables pour les jeunes galliformes, notamment durant la nidification et les premières semaines de vie. « Les années de sécheresse et de chaleur sont de très bonnes années de reproduction. Pour preuve, l’année de référence, c’est 1976 », explique-t-il à ICI Nord. Le constat serait également favorable pour le lièvre ainsi que pour le chevreuil, qui enregistrerait une quatrième année de très bonne reproduction. Cela ne signifie évidemment pas que chacun pourra prélever sans limite. Dans le Pas-de-Calais, le petit gibier fait l’objet de nombreuses règles locales et mesures de gestion. Le lièvre peut notamment être soumis à un plan de gestion selon les communes tandis que le tir de la poule faisane est interdit sur l’ensemble du département, sauf cas prévus par les dispositifs de gestion. Chez le chevreuil, les prélèvements restent eux aussi encadrés par les attributions du plan de chasse.
Des chasseurs présents toute l’année
Mais l’ouverture a aussi donné lieu à une nouvelle passe d’armes avec les opposants à la chasse. Jean-Claude Brunebarbe, secrétaire de France Nature Environnement Hauts-de-France, reconnaît lui-même que les chasseurs ont apporté de l’eau à la faune sauvage pendant les épisodes de sécheresse. Il ajoute immédiatement que « ce n’est pas suffisant » et affirme avoir vu des animaux morts de soif. Que la sécheresse ait fait souffrir certains animaux ne fait guère de doute. Là où le propos devient plus étonnant, c’est lorsqu’on reproche à ceux qui agissent concrètement sur le terrain de ne pas en faire encore assez. Car les chasseurs du Pas-de-Calais ne se contentent pas de sortir leur fusil quelques dimanches par an. La Fédération départementale accompagne financièrement des plantations de haies, encourage la fauche tardive, intervient dans la gestion des zones humides, entretient prairies et roselières et participe à la création de petites mares. Des suivis d’oiseaux, d’amphibiens et de poissons sont également conduits sur certains sites. Elle propose même à ses adhérents des plants, protections et accompagnements techniques pour créer des haies sur leurs territoires.
Toujours pas assez ?
FNE Hauts-de-France mène de son côté différentes campagnes de sensibilisation et de surveillance environnementale, notamment grâce au réseau « Sentinelles de la Nature ». Il serait donc injuste de prétendre que l’association ne fait rien. Mais lorsqu’un responsable associatif reconnaît publiquement que des chasseurs ont transporté de l’eau pour aider les animaux pendant la sécheresse avant de conclure que leur action « n’est pas suffisante », une question peut légitimement être posée : quelles actions supplémentaires attendait-il précisément, et lesquelles son propre mouvement a-t-il mises en œuvre sur le terrain pendant cet épisode ? Critiquer est parfaitement légitime. Encore faut-il comparer ce qui est comparable. Pendant les périodes les plus sèches, des chasseurs ont rempli des points d’eau et surveillé leurs territoires. Le reste de l’année, ils plantent des haies, aménagent des mares, suivent les populations et financent une partie de ces travaux. Voilà aussi une réalité de la chasse française dont on entend curieusement beaucoup moins parler.
Une ouverture sous de bons auspices
Pour cette ouverture 2026, les chasseurs du Pas-de-Calais retiendront surtout les résultats encourageants observés sur le terrain. Avec 4,5 jeunes faisans par poule et des tendances également favorables chez le lièvre et le chevreuil, la reproduction semble avoir largement résisté aux conditions météorologiques particulières de l’année. Reste désormais aux chasseurs à transformer ces bons résultats en gestion raisonnée tout au long de la saison. Et cela, dans le Pas-de-Calais, passe depuis longtemps autant par l’aménagement des territoires que par le nombre de cartouches tirées.












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