La réserve ornithologique Jean-Claude Diverres, gérée par la Fédération départementale des chasseurs du Calvados, connaît une belle fréquentation en ce début novembre. Le dernier comptage réalisé le 4 novembre 2026 révèle la présence de 2 025 oiseaux, soit près de 50 % de plus que lors du précédent relevé. Sarcelles d’hiver et bécassines des marais enregistrent les progressions les plus spectaculaires.
Plus de 2 000 oiseaux recensés en pleine migration d’automne
Située à Saint-Samson, au cœur des marais de la Dives, dans le Calvados, la réserve ornithologique Jean-Claude Diverres accueille chaque année de nombreux oiseaux migrateurs. Les résultats du troisième comptage de la saison, communiqués le 4 novembre par la Fédération départementale des chasseurs du Calvados, témoignent d’une nette augmentation de la fréquentation du site. Au total, 2 025 oiseaux appartenant aux onze espèces mentionnées dans le relevé ont été dénombrés, contre 1 356 lors du comptage précédent. Une progression de 669 individus, soit 49,3 %, qui illustre l’évolution rapide des stationnements à cette période de l’année. Avec 710 individus, le canard colvert reste l’espèce la plus représentée. Ses effectifs augmentent légèrement, avec 28 oiseaux supplémentaires. Mais c’est surtout la sarcelle d’hiver qui retient l’attention : 514 individus ont été observés, contre 244 lors du précédent relevé. Une augmentation de 270 oiseaux qui représente plus du double de l’effectif précédemment recensé. Les autres canards de surface progressent également. La Fédération des chasseurs comptabilise 30 canards siffleurs, 20 souchets et 22 chipeaux, contre respectivement 17, aucun et 9 lors du précédent passage. Les deux canards pilets restent présents, avec un effectif inchangé. Au total, les six espèces de canards représentent 1 298 oiseaux sur les 2 025 recensés, confirmant le rôle important de cette réserve pour les anatidés.
Sarcelles et bécassines : les grandes gagnantes du comptage
Si l’augmentation des sarcelles constitue l’un des faits marquants de ce relevé, la présence de 200 bécassines des marais mérite également d’être soulignée. Aucun individu de cette espèce n’avait été signalé lors du comptage précédent. Pour les amateurs de gibier d’eau, cette observation présente un intérêt particulier. La bécassine des marais affectionne les prairies humides, les sols gorgés d’eau et les zones vaseuses peu profondes, dans lesquelles elle recherche notamment les invertébrés qui constituent une part importante de son alimentation. Sa présence en nombre rappelle l’importance des milieux humides ouverts et des niveaux d’eau adaptés. À l’automne, les déplacements de ces limicoles peuvent entraîner d’importantes variations d’effectifs d’un comptage à l’autre, selon les conditions météorologiques et la disponibilité des habitats favorables. Autre progression notable, celle du vanneau huppé, avec 100 individus recensés contre seulement 32 précédemment. Cet oiseau emblématique des prairies humides et des espaces agricoles ouverts trouve lui aussi dans les marais des secteurs propices au repos et à l’alimentation. La foulque macroule confirme également sa présence importante sur le site, avec 420 individus, soit 78 de plus que lors du précédent relevé. Toutes les espèces ne progressent cependant pas. Le cygne tuberculé passe de neuf à deux individus, tandis que le grand cormoran recule de 19 à cinq oiseaux. Ces fluctuations rappellent qu’un comptage constitue une photographie de la fréquentation à un instant donné et non une mesure définitive de l’évolution des populations.
Une réserve de 104 hectares acquise par les chasseurs en 1983
Au-delà de ces chiffres, la réserve Jean-Claude Diverres possède une histoire qui mérite d’être rappelée. C’est en 1983 que la Fédération départementale des chasseurs du Calvados a acquis cet ensemble de prairies humides situé dans la vallée de la Dives, à cheval sur les communes de Saint-Samson et de Hotot-en-Auge. L’objectif était déjà de préserver un territoire favorable aux oiseaux d’eau, en leur offrant des zones de repos, d’alimentation et d’hivernage. La réserve s’étend sur 104 hectares selon la présentation officielle de la Fédération. Sa gestion repose notamment sur une alternance entre périodes d’inondation et périodes d’assèchement, permettant de maintenir la richesse écologique des prairies humides. En hiver, généralement entre la mi-novembre et la mi-avril, 70 à 80 % de sa superficie est mise en eau. La hauteur d’eau reste relativement faible, allant de quelques centimètres à une quarantaine de centimètres au maximum. Cette gestion hydraulique présente un intérêt majeur pour de nombreuses espèces. Les faibles profondeurs favorisent l’accueil des canards de surface, tandis que les secteurs vaseux et les prairies détrempées offrent des possibilités d’alimentation aux limicoles. Durant la période plus sèche, l’entretien du milieu repose notamment sur le fauchage et le pâturage. Ces pratiques contribuent à maintenir les espaces ouverts et à limiter leur fermeture progressive par la végétation. La réserve ne se résume donc pas à une étendue d’eau laissée à elle-même. Son fonctionnement repose sur une gestion régulière des habitats, destinée à préserver des conditions favorables à l’avifaune.
Un suivi des oiseaux d’eau engagé depuis plusieurs décennies
L’intérêt du site ne date pas de cette saison. Depuis de nombreuses années, la Fédération départementale des chasseurs du Calvados y réalise des suivis ornithologiques permettant de documenter la fréquentation de la réserve et la chronologie des migrations. Les données historiques publiées par la Fédération témoignent de l’importance que peut prendre le site lors de la migration prénuptiale, au retour des oiseaux vers leurs zones de reproduction. Sur une période de quinze années de suivi, les effectifs moyens observés au plus fort de cette migration atteignaient notamment 1 200 sarcelles d’hiver, 900 canards pilets, 800 canards siffleurs et 350 canards souchets. Le canard chipeau était également représenté, avec une moyenne de 60 individus. Ces chiffres, qui concernent les pics de migration printanière, ne sont évidemment pas directement comparables au relevé réalisé début novembre. Ils donnent néanmoins une idée des capacités d’accueil de cette zone humide lorsque les conditions sont favorables. Les comptages réguliers constituent également un précieux outil de connaissance pour les gestionnaires. Ils permettent de suivre les variations de présence des espèces, de mieux comprendre l’utilisation du site et d’apprécier l’intérêt des aménagements réalisés au fil des saisons.
Les chasseurs, des acteurs concrets de la préservation des zones humides
L’exemple de Saint-Samson illustre une réalité parfois insuffisamment mise en avant : les Fédérations départementales des chasseurs ne se consacrent pas uniquement à l’organisation de la chasse et à la gestion des espèces gibier. Elles interviennent également dans l’acquisition, la restauration et l’entretien d’espaces naturels. Dans le Calvados, cet engagement remonte à plus de quarante ans. La réserve Jean-Claude Diverres a été acquise à l’initiative du monde cynégétique et son fonctionnement repose sur une gestion destinée à maintenir des habitats favorables aux oiseaux d’eau. Les bénéficiaires de ce travail ne se limitent d’ailleurs pas aux espèces chassables. Les aménagements profitent également à d’autres oiseaux et à une diversité d’espèces animales liées aux milieux humides, notamment des amphibiens et des mammifères. La réserve possède aussi une vocation pédagogique. La Fédération des chasseurs du Calvados y a développé des animations de découverte de la nature, permettant notamment aux scolaires de mieux comprendre le fonctionnement des zones humides, l’identification des oiseaux et les phénomènes migratoires. À l’heure où la disparition et la dégradation des zones humides constituent des préoccupations environnementales majeures, la préservation de tels espaces présente un intérêt qui dépasse largement le seul cadre cynégétique.
Une saison migratoire qui ne fait que commencer
Les résultats du 4 novembre constituent une photographie encourageante de la fréquentation de la réserve Jean-Claude Diverres. Ils montrent notamment une progression importante des sarcelles d’hiver, des bécassines des marais et des vanneaux huppés entre deux opérations de comptage. Il serait toutefois prématuré d’en déduire une augmentation générale des populations migratrices. Les effectifs présents sur une réserve peuvent évoluer rapidement sous l’influence des conditions météorologiques, des niveaux d’eau et des mouvements d’oiseaux entre différentes zones humides. Les prochains relevés permettront de déterminer si cette progression se poursuit avec l’avancée de l’automne et l’installation de la période d’hivernage. Une chose est néanmoins certaine : plus de quarante ans après son acquisition par la Fédération départementale des chasseurs du Calvados, la réserve de Saint-Samson continue de jouer pleinement son rôle de refuge pour les oiseaux d’eau. Un exemple concret du travail accompli par le monde de la chasse en faveur de la biodiversité.












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