Nord : 1 500 paires d’yeux de lièvres pour préparer le futur PGCA

Collecte yeux de lièvres FDC 59

Après des comptages particulièrement encourageants pour le lièvre dans le Nord, la Fédération départementale des chasseurs veut désormais affiner sa connaissance de la reproduction de l’espèce. Elle lance un appel aux chasseurs afin de collecter 1 500 paires d’yeux de lièvres au cours de la saison. L’analyse des cristallins permettra notamment de déterminer la proportion de jeunes animaux dans les prélèvements et d’alimenter les travaux préparatoires au futur plan de gestion cynégétique approuvé (PGCA).

Le cristallin révèle l’âge du lièvre

Voilà une partie de l’animal à laquelle le chasseur ne pense pas forcément après un prélèvement. Pourtant, les yeux d’un lièvre peuvent livrer aux techniciens de précieuses informations sur la démographie de la population. La Fédération départementale des chasseurs du Nord reconduit ainsi cette saison son opération de collecte d’yeux de lièvres. Plus précisément, c’est le cristallin, cette petite lentille transparente située à l’intérieur de l’œil, qui intéresse les biologistes. Son poids augmente avec l’âge de l’animal. Après conservation puis préparation en laboratoire, l’analyse du cristallin constitue ainsi une méthode reconnue pour estimer l’âge des lièvres et notamment différencier les jeunes de l’année des adultes plus âgés. Cette technique est utilisée depuis longtemps dans les études consacrées aux populations de lagomorphes. L’intérêt est évident : connaître seulement le nombre de lièvres présents sur un territoire ne suffit pas. Encore faut-il savoir si la population se renouvelle correctement.

55 % de jeunes lors des analyses de 2025

Les analyses réalisées en 2025 avaient ainsi montré que 55 % des lièvres étudiés étaient des jeunes de l’année. Cet indicateur permet d’apprécier la réussite de la reproduction et complète les comptages effectués sur le terrain. Une population peut en effet présenter une densité satisfaisante à un instant donné sans que cela renseigne entièrement sur son renouvellement. Dans le Nord, les dernières données disponibles sont justement encourageantes. Comme nous vous l’expliquions récemment, l’indice kilométrique d’abondance du lièvre est passé de 7,74 en 2025 à 9,50 en 2026. Cette progression a permis à la FDC59 d’augmenter les attributions pour la saison 2026-2027. Elles passent de 34 006 à 35 662 lièvres, soit 1 656 bagues supplémentaires et une hausse de près de 5 %. Le lièvre a d’ailleurs été présenté par la Fédération comme le véritable « gibier vedette » de l’ouverture 2026 dans le département.

Des données pour ajuster les prélèvements

Le dispositif concerne tout le département du Nord, où le lièvre est soumis à un plan de gestion cynégétique. La collecte des yeux apporte donc une information complémentaire essentielle aux comptages. En déterminant la proportion de jeunes parmi les animaux prélevés, les techniciens peuvent mieux apprécier la dynamique de la population et disposer d’un indicateur supplémentaire pour adapter les prélèvements futurs. C’est précisément l’un des principes du plan de gestion du lièvre dans le Nord : faire évoluer les attributions en fonction des données recueillies sur le terrain. Le schéma départemental de gestion cynégétique prévoit notamment d’adapter les prélèvements aux résultats des comptages et d’analyser régulièrement l’effet du PGCA sur les populations.

Un nouveau PGCA attendu pour 2027-2033

Cette campagne de collecte intervient également à un moment particulier. Le précédent PGCA du lièvre couvrait six campagnes, de 2020-2021 à 2025-2026. Arrivé à échéance, il a été reconduit pour une seule saison en 2026-2027 afin de laisser à la Fédération le temps de préparer, avec les chasseurs et les gestionnaires de territoires, un nouveau plan pour la période 2027-2033. L’actuel PGCA a été approuvé par arrêté préfectoral le 16 juin 2026. Les services de l’État soulignaient alors que la population de lièvres du Nord était « globalement en bon état de conservation » et que l’évolution des attributions traduisait celle des populations estimées par les IKA. Les 1 500 paires d’yeux recherchées cette saison permettront donc d’apporter de nouvelles données biologiques au moment où se prépare la gestion de l’espèce pour les six prochaines années.

Objectif : 1 500 paires d’yeux

Pour atteindre cet objectif, la Fédération compte une nouvelle fois sur les chasseurs. Des flacons contenant le produit nécessaire à la conservation des yeux ont déjà été distribués lors des réunions de préouverture. La FDC59 précise toutefois qu’il reste des kits disponibles dans le département. Le prélèvement est relativement simple. Il faut retirer les deux globes oculaires sans les percer, à l’aide d’un couteau à bout rond ou d’une petite cuillère, puis les déposer dans le flacon contenant le conservateur. La date du prélèvement doit ensuite être indiquée sur le récipient. La Fédération précise qu’il n’est pas nécessaire de conserver les flacons au frais. Ils devront être remis à l’agent de secteur pendant la saison de chasse et au plus tard le 6 décembre 2026. Les chasseurs souhaitant participer peuvent contacter leur agent de secteur afin d’obtenir un kit de collecte. Pour tout renseignement complémentaire, le technicien chargé du dossier, Quentin Lecœuvre, est joignable à l’adresse [email protected] ou au 06 89 95 37 76. Une opération qui illustre concrètement le rôle joué par les chasseurs dans le suivi des espèces : derrière chaque paire d’yeux collectée se trouve une donnée supplémentaire pour comprendre l’évolution du lièvre et ajuster sa gestion.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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