Myxomatose du lièvre : la FNC appelle les chasseurs à ne pas tirer les animaux malades

Le lièvre en France

Alors que la myxomatose du lièvre continue de susciter l’inquiétude dans plusieurs départements français, la Fédération nationale des chasseurs (FNC) rappelle les précautions à adopter sur le terrain. Parmi les recommandations relayées, une consigne peut surprendre : ne pas tirer les lièvres présentant des symptômes, car certains pourraient guérir naturellement et contribuer à l’immunité des populations. Une vigilance sanitaire qui s’accompagne d’un appel à signaler les animaux suspects et à protéger les chiens de chasse.

La FNC appelle les chasseurs à la vigilance face à la myxomatose du lièvre

La multiplication des cas de myxomatose chez le lièvre pousse les fédérations de chasseurs à renforcer leurs messages de prévention. La Fédération nationale des chasseurs rappelle plusieurs précautions essentielles pour les chasseurs confrontés à des animaux malades. L’objectif est de limiter les risques sanitaires tout en préservant les populations de lièvres déjà fragilisées. Le message rejoint celui diffusé par plusieurs fédérations départementales, notamment celle de l’Aveyron, qui appelle à « la plus grande prudence dans nos prélèvements et à une grande vigilance sur le terrain ». La situation est prise au sérieux, car le variant viral en cause peut provoquer des lésions importantes et des mortalités dans les populations touchées. Pour les chasseurs, l’enjeu ne consiste donc plus seulement à repérer les symptômes, mais également à adopter les bons comportements lorsqu’un animal suspect est découvert.

Pourquoi les chasseurs ne doivent-ils pas tirer les lièvres malades ?

C’est l’une des recommandations les plus importantes relayées par la FNC : un lièvre présentant des signes de myxomatose ne doit pas être systématiquement abattu. La raison tient à la possibilité de guérison naturelle d’une partie des animaux infectés. Dans sa communication du 3 novembre, la Fédération des chasseurs de l’Aveyron précise : « Il est estimé qu’environ 50 % des animaux malades pourraient guérir de cette maladie. » Une estimation qui doit encore être considérée avec prudence, les connaissances sur les conséquences du virus chez le lièvre européen restant limitées. Mais elle change la manière d’aborder les animaux atteints. Contrairement à l’idée selon laquelle il faudrait abréger systématiquement les souffrances d’un lièvre malade, les recommandations sanitaires privilégient ici sa survie potentielle. La fédération de l’Aveyron formule ainsi une consigne sans ambiguïté : « Il faut donc ne surtout pas tirer les animaux vivants présentant des lésions, mais au contraire, les laisser sur le terrain. » L’objectif est de ne pas éliminer des individus susceptibles de survivre à l’infection.

Des lièvres survivants qui pourraient contribuer à l’immunité des populations

La possibilité de guérison constitue également un enjeu pour l’avenir de l’espèce. Les lièvres qui survivent à la maladie pourraient développer une réponse immunitaire et participer à une meilleure résistance des populations lors de futurs épisodes de circulation du virus. La Fédération des chasseurs de l’Aveyron souligne ainsi que ces survivants « joueront un rôle fondamental dans l’acquisition de l’immunité des populations de lièvres ». Elle évoque notamment la « transmission des anticorps maternels aux levrauts », puis les contacts ultérieurs avec le virus susceptibles de renforcer l’immunité. Cette perspective explique pourquoi la préservation des animaux malades encore vivants est jugée importante. Il ne s’agit pas d’affirmer que tous les lièvres infectés pourront guérir, ni que les populations deviendront rapidement immunisées. Mais dans des secteurs où la maladie provoque déjà des mortalités, chaque animal survivant peut représenter un intérêt pour le renouvellement des effectifs.

Quels symptômes doivent alerter les chasseurs ?

La myxomatose du lièvre peut se manifester par plusieurs signes visibles, même si tous les animaux infectés ne présentent pas nécessairement les mêmes symptômes. Les chasseurs doivent notamment être attentifs aux gonflements autour des yeux, aux inflammations des paupières, aux lésions cutanées et à un affaiblissement inhabituel. La Fédération des chasseurs de l’Aveyron indique que « les lièvres atteints peuvent être victimes de lésions et présenter des myxomes, des œdèmes, des surinfections cutanées ». Des écoulements oculaires, des anomalies autour de la bouche ou des difficultés de déplacement peuvent également attirer l’attention. Ces manifestations ne suffisent toutefois pas, à elles seules, à confirmer une infection par le variant responsable de la myxomatose du lièvre. D’autres affections peuvent provoquer des symptômes comparables. C’est pourquoi les fédérations insistent sur la nécessité de faire remonter les observations suspectes afin que des investigations sanitaires puissent être engagées.

Attention aux chiens et à la manipulation des animaux suspects

Si la myxomatose n’est pas transmissible à l’homme et que le virus ne peut pas infecter les chiens, certaines précautions restent indispensables. Un lièvre affaibli peut en effet présenter d’autres infections ou héberger des agents pathogènes susceptibles de poser problème. Dans son alerte du 21 octobre, la Fédération des chasseurs de l’Hérault rappelle que les animaux atteints peuvent « développer des surinfections et être porteurs d’autres agents pathogènes opportunistes, comme la teigne ». Elle recommande donc explicitement : « Évitez tout contact entre les chiens et les lièvres atteints. » La manipulation des cadavres doit également être évitée lorsqu’elle n’est pas nécessaire. Si une intervention est demandée dans le cadre de la surveillance sanitaire, les consignes de biosécurité du réseau SAGIR prévoient notamment une double paire de gants et un masque FFP2. La Fédération de l’Hérault rappelle à ce sujet : « Lors de la manipulation d’un animal suspect, respectez les consignes de biosécurité. » Pour les chasseurs, le bon réflexe reste donc de tenir les chiens à distance, de ne pas déplacer inutilement les animaux suspects et de contacter leur fédération départementale.

Signaler les animaux malades pour permettre leur suivi sanitaire

Au-delà des précautions individuelles, les fédérations de chasseurs insistent sur l’importance des signalements. La découverte d’un lièvre mort présentant des lésions inhabituelles, ou l’observation d’un animal vivant manifestement malade, doit être portée à la connaissance de la fédération départementale des chasseurs. Celle-ci pourra organiser, si nécessaire, des investigations dans le cadre du réseau SAGIR, qui associe notamment les fédérations de chasseurs et l’Office français de la biodiversité. L’objectif est de mieux connaître l’extension du virus et de distinguer les suspicions des cas effectivement confirmés. La Fédération de l’Aveyron précise qu’« un travail important est fait pour documenter l’extension spatiale de la maladie ». Elle souligne également que la recherche du virus doit être privilégiée sur les animaux présentant des lésions, plutôt que sur des lièvres prélevés à la chasse sans symptôme apparent. Chaque signalement utile peut ainsi contribuer à améliorer la surveillance sanitaire et à orienter les décisions de gestion.

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

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