Le niveau de risque lié à la grippe aviaire vient d’être relevé sur l’ensemble du territoire français. Depuis ce jeudi 5 novembre, de nouvelles mesures de prévention s’appliquent, notamment pour les chasseurs de gibier d’eau utilisant des appelants. Voici ce qui change concrètement.
Un risque relevé en raison de la circulation du virus en Europe
Par un arrêté du 2 novembre, publié au Journal officiel le 4 novembre, le ministère de l’Agriculture a décidé de faire passer le niveau de risque lié à l’influenza aviaire hautement pathogène de « négligeable » à « modéré » sur l’ensemble de la France métropolitaine. Cette décision, entrée en vigueur le jeudi 5 novembre, intervient alors que le virus circule activement chez les oiseaux sauvages dans plusieurs pays européens. Les autorités s’inquiètent notamment de la situation dans les pays du nord de l’Europe, où des cas ont été détectés chez des oiseaux migrateurs. Avec les migrations automnales, le risque d’introduction du virus sur le territoire français augmente, ce qui justifie un renforcement des mesures de prévention pour les élevages de volailles, mais également pour les détenteurs d’appelants.
Des restrictions sur le transport et l’utilisation des appelants
Pour les chasseurs de gibier d’eau, les principales conséquences concernent les communes classées en zones à risque particulier (ZRP), notamment certaines zones humides fréquentées par les oiseaux migrateurs. Dans ces secteurs, les détenteurs d’appelants des catégories 1 et 2 peuvent continuer à transporter leurs oiseaux, dans la limite de 30 appelants par jour et par détenteur. Les appelants résidents peuvent également être utilisés, y compris par les détenteurs de catégorie 3, sous réserve du respect des règles sanitaires. En dehors des zones à risque particulier, le transport et l’utilisation des appelants restent autorisés selon les conditions réglementaires applicables. Les chasseurs doivent notamment éviter tout contact entre appelants nomades et résidents et respecter les mesures de biosécurité concernant le matériel et les déplacements. Il ne s’agit donc pas d’une interdiction générale de la chasse au gibier d’eau avec appelants, mais d’un encadrement renforcé dans les secteurs les plus exposés.
Des épizooties qui ont déjà lourdement touché la France
La France a connu plusieurs épisodes importants de grippe aviaire au cours des dernières années. Dès l’hiver 2015-2016, le Sud-Ouest avait été frappé par une première crise majeure, entraînant la mise en place de mesures sanitaires exceptionnelles dans les élevages de volailles. L’année suivante, une nouvelle épizootie liée au virus H5N8 avait de nouveau touché cette région, provoquant l’abattage de plusieurs millions d’oiseaux. Une autre crise avait ensuite frappé le pays durant l’hiver 2020-2021, avec près de 500 foyers recensés dans les élevages. Mais c’est surtout l’épisode de 2021-2022 qui reste dans les mémoires. Cette épizootie, particulièrement dévastatrice, avait entraîné l’abattage de plus de 19 millions de volailles et touché près de 1 400 élevages, notamment dans le Grand Ouest. Des chiffres qui témoignent des conséquences sanitaires et économiques considérables que peut provoquer la propagation du virus.
Une menace qui concerne aussi les oiseaux sauvages
Les conséquences de la grippe aviaire ne se limitent pas aux élevages. Lors de l’épizootie de 2022-2023, le virus avait également provoqué d’importantes mortalités dans l’avifaune sauvage, notamment chez certaines espèces d’oiseaux marins vivant en colonies. Cette période avait marqué une évolution préoccupante, avec des détections de virus tout au long de l’année, alors que la grippe aviaire était auparavant davantage associée aux périodes de migration. Pour les chasseurs de gibier d’eau, la surveillance des oiseaux sauvages reste donc essentielle. En cas de découverte de plusieurs oiseaux morts ou présentant des comportements anormaux, il est recommandé de ne pas les manipuler et de prévenir rapidement la fédération départementale des chasseurs ou le service départemental de l’Office français de la biodiversité (OFB).
Une vigilance renforcée pendant les migrations
Le passage au niveau de risque « modéré » ne signifie pas qu’une nouvelle épizootie d’une ampleur comparable à celle de 2021-2022 est inévitable. Il traduit avant tout la volonté des autorités d’anticiper une possible propagation du virus, alors que les oiseaux migrateurs traversent actuellement le territoire. Les chasseurs utilisant des appelants doivent donc rester particulièrement attentifs aux règles de transport, de déclaration et de biosécurité. Les fédérations départementales des chasseurs peuvent également préciser les mesures applicables localement, notamment dans les zones à risque particulier. L’évolution de la situation sanitaire au cours des prochaines semaines déterminera si ces restrictions peuvent être assouplies ou si de nouvelles mesures devront être prises.












Laisser un commentaire