Hallali : faire entrer l’univers de la chasse dans la maison

À 26 ans, Wandrille Baudrier vient de lancer Hallali, une marque dédiée à la décoration et à l’art de vivre autour de l’univers de la chasse. Objets de table, couteaux, accessoires et bientôt décoration intérieure : il veut proposer une approche plus accessible et contemporaine, en s’appuyant autant que possible sur des savoir-faire européens.

LS : Pour commencer, pouvez-vous nous présenter Hallali et nous expliquer comment est née l’idée de créer cette marque ?

Wandrille Baudrier : L’idée m’est venue en novembre, alors que je cherchais un cadeau pour mon frère et ma belle-sœur, qui habitent à Angers et qui ont pas mal d’amis chasseurs. Je cherchais quelque chose de décoratif, pour leur salon ou leur table. À chaque fois que je trouvais des objets qui me plaisaient, ils étaient sur des sites qui n’étaient pas spécialisés dans la chasse. Je me suis alors rendu compte qu’il n’y avait pas vraiment de marque de référence dans la décoration et l’art de vivre autour de cet univers. C’est comme ça que j’ai décidé de me lancer et de créer Hallali.

LS : Qu’est-ce que vous proposez concrètement aujourd’hui ?

WB : Aujourd’hui, je propose principalement des objets autour des arts de la table : des ronds de serviette, des bouchons de bouteille avec des motifs en étain représentant des animaux sauvages, mais aussi des couteaux. J’ai également quelques accessoires, comme des chaussettes et des boutons de manchette. L’objectif est ensuite de développer toute une gamme autour de la table et de la décoration intérieure, avec notamment de nouveaux objets qui arriveront progressivement.

LS : Qu’est-ce qui distingue Hallali des acteurs déjà présents dans l’univers de la chasse ?

WB : Aujourd’hui, les marques liées à la chasse sont surtout positionnées sur l’équipement du chasseur, que ce soit les vêtements, les armes, les munitions ou l’optique. Pour la décoration intérieure et, plus largement, l’art de vivre autour de la chasse, il n’y a pas vraiment d’acteur qui rassemble cet univers et cherche à en devenir une référence. C’est précisément là que je veux positionner Hallali.

LS : Quel était votre parcours avant de vous lancer dans cette aventure ?

WB : Au moment où j’ai eu cette idée, je travaillais dans un cabinet de conseil en finance. Je passais huit à dix heures par jour sur des fichiers Excel. J’avais une carrière assez confortable et de bonnes perspectives, mais il me manquait quelque chose de plus concret, de l’aventure et un véritable défi. J’ai donc décidé de prendre un virage assez radical et de créer cette entreprise. Je suis notamment parti visiter des fournisseurs en Angleterre, parfois en stop, et j’ai rencontré des familles qui fabriquent leurs produits depuis plusieurs générations.

LS : Justement, qu’est-ce qui vous a donné envie de faire entrer la chasse dans la maison autrement qu’avec les trophées ou les objets traditionnels ?

WB : L’idée du cadeau pour mon frère a été l’élément déclencheur, mais j’ai finalement découvert la chasse quasiment par la décoration. Dans ma famille, les anciens chassaient beaucoup, même si cette tradition s’est un peu perdue. Moi, j’ai connu cet univers à travers la maison dans laquelle je passe mes vacances : des trophées accrochés aux murs, des papiers peints représentant des scènes de chasse, des gravures avec des cerfs ou des faisans. C’est vraiment cet univers-là que j’ai voulu recréer et que je ne retrouvais pas ailleurs.

LS : Comment définiriez-vous le style de Hallali ?

WB : Je veux quelque chose d’assez traditionnel dans l’esprit, mais sans être dans le luxe. Il y a un côté campagne, élégant et intemporel. Surtout, je veux que les produits restent accessibles. L’objectif n’est pas de réserver Hallali à une élite.

LS : Vous souhaitez donc toucher les chasseurs, mais pas uniquement ?

WB : Au départ, je pense surtout au chasseur et à son entourage, notamment à la personne qui cherche un cadeau pour lui. Quand on n’est pas chasseur, ce n’est pas toujours évident de savoir quoi offrir, parce que le chasseur est souvent déjà équipé et que l’on peut rapidement être perdu dans l’aspect technique. Avec Hallali, je veux proposer des produits esthétiques, qui peuvent être offerts facilement et qui plaisent au-delà du seul monde de la chasse. À terme, j’aimerais donc aussi toucher des personnes qui ne chassent pas mais qui aiment cet univers décoratif.

LS : Comment éviter de tomber dans une décoration trop traditionnelle tout en conservant l’identité de la chasse ?

WB : Je préfère parler d’héritage plutôt que de tradition. La chasse a cette particularité d’avoir une identité qui peut se transmettre sur plusieurs générations. Je chasse moi-même avec le fusil de mon arrière-arrière-grand-père. Je veux retrouver cette notion d’héritage et d’intemporalité dans les objets que je propose, tout en faisant en sorte qu’ils puissent trouver leur place dans des intérieurs très différents.

LS : D’où viennent vos inspirations pour les prochaines collections ?

WB : J’essaie d’imaginer des produits que l’on trouve difficilement aujourd’hui et qui ne sont pas déjà proposés partout. Je cherche des objets qui puissent être utiles au quotidien tout en restant décoratifs. J’ai notamment des objets de décoration qui arrivent et j’aimerais développer des plateaux de service à partir de 2027. Je réfléchis aussi à des cadeaux plus simples, comme des jeux de cartes ou des cendriers. Les possibilités sont assez nombreuses.

LS : Vous travaillez beaucoup avec des artisans. Quelle importance cela a-t-il pour Hallali ?

WB : C’est très important. Aujourd’hui, je travaille principalement avec de petites entreprises artisanales. Je fais une distinction entre l’artisan qui va travailler plusieurs semaines sur une pièce unique et l’entreprise artisanale qui possède un savoir-faire mais qui peut produire suffisamment de volume pour proposer des prix accessibles. La majorité des entreprises avec lesquelles je travaille ont moins de dix salariés, et certaines ne comptent même qu’une ou deux personnes. Beaucoup sont également des entreprises familiales.

LS : Vous cherchez donc à privilégier le savoir-faire français ?

WB : Français si possible. Mais lorsque le fournisseur ou le savoir-faire que je recherche n’existe plus en France, je me tourne vers d’autres pays européens. J’ai par exemple des produits qui viennent d’Angleterre. En revanche, je ne veux pas sortir de l’Europe. Il y a aussi une volonté de mettre en valeur certains savoir-faire qui sont en train de disparaître. J’ai par exemple un fabricant d’étain qui représente la sixième génération de son entreprise. Ils exercent ce métier depuis le XIXe siècle et sont aujourd’hui les derniers à le faire en France.

LS : Quel produit représente aujourd’hui le mieux Hallali ?

WB : Les couteaux font partie des produits vraiment propres à la marque. J’ai notamment dessiné une garniture représentant un chien. Mais aujourd’hui, le produit qui fonctionne le mieux est plutôt le porte couteau représentant un teckel. C’est un objet qui plaît aussi bien aux chasseurs qu’aux non-chasseurs et qui reste très accessible.

LS : Comment fonctionne Hallali aujourd’hui ?

WB : Je n’ai pas de magasin ni d’atelier. Je travaille avec différents fabricants et entreprises qui possèdent leurs propres savoir-faire. Mon rôle est de rassembler ces métiers autour d’un même univers. Aujourd’hui, la vente se fait principalement sur le site internet. Je participe également à des salons et à des rendez-vous privés pour pouvoir rencontrer directement les clients.

LS : Quels sont vos objectifs pour les prochaines années ?

WB : L’objectif est de continuer à développer la collection autour des arts de la table et de la décoration intérieure à partir de 2027. Je veux vraiment construire un univers cohérent autour de l’héritage de la chasse, avec des objets qui puissent rester dans une maison pendant des années et être transmis. À plus long terme, mon objectif est d’atteindre environ un million d’euros de chiffre d’affaires d’ici 2030.

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

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