Ronces, pluie, frottements : Deerhunter repense la veste de traque

Une veste de traque ne doit pas seulement résister aux ronces. Elle doit supporter les frottements répétés, protéger de la pluie tout en évacuant la transpiration et conserver suffisamment de souplesse pour accompagner les mouvements. Avec la Recon Dura-Tex, Deerhunter veut répondre aux contraintes des traqueurs les plus assidus. Stéphane Hanff nous détaille sa conception.

BSL : Avec la Recon Dura-Tex, Deerhunter revient sur le marché de la veste spécifiquement destinée à la traque. Quelle était votre priorité ?

SH:Nous voulions revenir avec un produit moderne et extrêmement robuste. Le tissu a été pensé pour traverser les ronces et la végétation épaisse, mais aussi pour résister à l’abrasion provoquée par les frottements répétés. C’est essentiel lorsqu’on parle d’une veste de traque.

BSL: Mais une veste extrêmement résistante peut vite devenir rigide. Comment avez-vous travaillé la liberté de mouvement ?

 SH:Nous avons justement intégré des parties extensibles dans les zones qui sont moins directement exposées à la végétation, à savoir l’arrière des épaules. Cela donne beaucoup plus d’aisance pour épauler, mais aussi pour manipuler les chiens, les monter ou les descendre du pick-up, mettre les colliers ou les retirer. On sort ainsi de la veste de traque traditionnelle qui peut parfois donner l’impression de porter une bâche.

BSL: Vous avez également adapté certains détails spécifiquement aux usages des traqueurs français ?

SH:Oui. J’ai notamment fait adapter les grandes poches poitrine pour qu’elles puissent recevoir des centrales de suivi de chiens comme une Garmin Alpha 300 avec son antenne souple. La poche est suffisamment profonde pour y faire entrer la centrale et son antenne et pouvoir ensuite la refermer complètement.

BSL: La transpiration est aussi l’un des gros problèmes des vêtements de traque. Comment y avez-vous répondu ?

SH: Nous avons positionné des systèmes de ventilation à des endroits stratégiques. Ils permettent d’accélérer l’évacuation de la chaleur et de l’humidité sans nuire à la robustesse ni à la protection contre la végétation. Leur positionnement a été pensé pour éviter qu’ils s’accrochent lorsque le traqueur traverse des ronces ou une végétation dense.

BSL: Vous avez beaucoup insisté sur la résistance à l’abrasion. Pourquoi est-ce devenu aussi important que la résistance à la perforation ?

 SH:Parce qu’un traqueur très assidu peut utiliser sa veste deux, trois ou quatre fois par semaine. Le vêtement subit constamment les frottements de la végétation, des chiens, des bretelles de carabine ou encore des sacs. Nous nous sommes aperçus que certaines vestes résistaient bien à la perforation mais finissaient par souffrir de cette abrasion répétée. C’est souvent à cet endroit que le tissu commence à se détériorer et que le vêtement finit par perdre ses qualités. Nous avons donc particulièrement travaillé cette résistance aux frottements.

BSL: Ce développement a-t-il été réalisé directement avec des chasseurs ?

 SH: Oui, et j’insiste vraiment là-dessus : ces produits ont été conçus pour des chasseurs, mais aussi avec des chasseurs. Nous avons travaillé avec nos revendeurs, des armuriers, notre équipe commerciale qui compte elle-même des chasseurs, ainsi qu’avec nos ambassadeurs. Les phases de développement et de test sont réalisées dans des conditions réelles.

BSL: Peut-on réellement passer une journée entière sous la pluie avec la Recon ?

SH:Nous sommes sur un produit membrané avec une membrane deux couches et des coutures thermosoudées. Nous avons également un traitement anti-déperlant très efficace en surface.  L’objectif est réellement d’obtenir une étanchéité durable.

BSL: Et pourquoi insistez-vous autant sur la respirabilité pour un traqueur ?

 SH:Parce que si la vapeur d’eau produite par le corps ne traverse pas correctement le vêtement, elle condense à l’intérieur. Quand vous courez dans les bois et transpirez, vous vous retrouvez mouillé. Dès que vous vous arrêtez, vous avez froid. L’imperméabilité seule ne suffit donc pas : pour une chasse active, la respirabilité est essentielle.

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Baudouin est journaliste spécialisé dans le monde de la chasse depuis plus de quinze ans et rédacteur en chef de So Chasse. Titulaire d'une carte de presse, il a publié plus de 5 000 articles et réalisé plus de 1 500 reportages vidéo consacrés à la chasse, à la faune sauvage, aux chiens, aux armes, à la réglementation et aux territoires. Il a notamment interviewé plusieurs candidats à l’élection présidentielle en 2017 et 2022 sur leur vision de la chasse et de la ruralité. Ses reportages l’ont également conduit en Italie, en Espagne, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, au Bénin et au Mozambique. Chasseur depuis son plus jeune âge, il pratique aussi bien l’approche, l’affût, la battue que la chasse du petit gibier avec son springer. À travers So Chasse, il défend un journalisme de terrain fondé sur l’expérience, la vérification des faits et la rencontre avec les acteurs du monde cynégétique.

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