Quel rôle la chasse joue-t-elle dans la préservation du patrimoine français ?

Propriétaire du château de Cheverny, Maximilien de Vibraye est intervenu lors du colloque consacré à l’économie de la chasse à l’Assemblée nationale. Avec plus de 500 000 visiteurs par an et une cinquantaine de salariés en CDI, le domaine constitue une véritable entreprise touristique. Mais Cheverny possède aussi un patrimoine cynégétique singulier : un équipage de chasse à courre en activité depuis 1850. Maximilien de Vibraye a détaillé le poids économique de cet équipage et les nombreuses activités qui gravitent autour de lui.

Un équipage de vénerie présent depuis 1850

À Cheverny, la vénerie fait partie de l’histoire du domaine depuis près de deux siècles. L’équipage existe depuis 1850 et a longtemps occupé une place importante dans la visite du château, avec un musée de la chasse, une salle des trophées, la découverte de la meute et la traditionnelle soupe des chiens. « Pendant longtemps, ce patrimoine faisait pleinement partie de la visite », rappelle Maximilien de Vibraye. Au fil du temps, cette dimension a toutefois évolué, avec notamment la suppression de la soupe des chiens ouverte au public et l’allègement de la salle des trophées. Pour autant, le propriétaire ne considère pas que la chasse ait disparu de l’identité du château : « Je ne pense pas que nous réduisons l’impact de la chasse à Cheverny, mais nous modifions sa présence pour mieux l’expliquer et mieux la présenter. »

Une présentation de la chasse qui évolue avec son public

Pour continuer à expliquer la vénerie aux visiteurs, Cheverny a notamment installé dix œuvres contemporaines permettant de présenter les différentes phases d’une chasse à courre. « Ce n’est pas pour heurter le public, mais pour mieux l’expliquer », souligne Maximilien de Vibraye, qui estime que « les idéologies changent, les pensées changent ». Cette nouvelle manière de présenter la vénerie n’empêche toutefois pas les visiteurs de continuer à s’intéresser aux chiens. « Un visiteur sur trois nous demande encore actuellement : mais où sont les chiens ? Est-ce qu’on peut voir cette soupe des chiens ? » Face à cette demande, le château cherche donc encore la manière de présenter ce patrimoine au plus grand nombre. « Je pense qu’il ne faut pas que cette petite partie de la population qui nous critique tant empêche cette majeure partie de la population de se renseigner et d’apprendre sur un sujet qu’ils connaissent ou qu’ils ne connaissent pas bien », explique-t-il.

200 000 euros pour faire fonctionner l’équipage

Au-delà de son intérêt patrimonial, la vénerie représente également une activité économique importante pour le domaine. Au château de Cheverny, le budget annuel de l’équipage atteint 200 000 euros par saison, dont 90 000 euros de masse salariale directement liée à la chasse. L’alimentation des chevaux représente 17 000 euros, celle des chiens 19 000 euros, tandis que les frais vétérinaires atteignent 10 000 euros pour les chevaux et 29 000 euros pour les chiens. Le matériel nécessaire à l’activité représente environ 10 000 euros, auxquels s’ajoutent 7 600 euros de maréchalerie. Maximilien de Vibraye rappelle que ces montants peuvent varier fortement selon les équipages et leur fonctionnement.

Des emplois et des prestataires mobilisés toute l’année

À Cheverny, quatre emplois sont directement liés à la chasse et quatre autres emplois sont indirectement liés notamment à la gestion de la forêt. Mais les dépenses de l’équipage font également travailler de nombreux professionnels extérieurs. « Cette chasse, à Cheverny notamment, permet d’impliquer une masse salariale assez conséquente, des vétérinaires, des maréchaux-ferrants, des boulangeries, des hôtels, des restaurants et j’en oublie  », détaille le propriétaire. L’activité cynégétique génère ainsi des dépenses dans de nombreux secteurs, depuis les soins et l’alimentation des animaux jusqu’aux équipements et aux services nécessaires au fonctionnement de l’équipage.

La famille de Maximilien de Vibraye possède le château de Cheverny. ©Jean-Christophe Marmara

Une activité intégrée à l’économie du château

Le poids économique de la vénerie s’inscrit dans un domaine qui rassemble déjà de nombreuses activités. Cheverny accueille plus de 500 000 visiteurs chaque année, emploie 50 salariés en CDI et compte entre 75 et 80 personnes en haute saison. Aux visites du château s’ajoutent notamment des hébergements, des pôles de restauration, une visite du parc en voiture et bateau, un musée Tintin, une boutique souvenir, de nombreux jardins et une exploitation forestière. Dans cet ensemble, l’équipage de chasse à courre constitue donc une activité spécifique, mais aussi un patrimoine vivant qui mobilise des emplois, des fournisseurs et des prestataires. Pour Maximilien de Vibraye, la question est aujourd’hui de parvenir à conserver cette dimension historique tout en trouvant les moyens de continuer à l’expliquer au public.

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

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