Dans les Landes, chasseurs et gendarmes unissent leurs forces

Partenariat FDC 40, gendarmerie et préfecture

La Fédération départementale des chasseurs des Landes, la gendarmerie nationale et la préfecture viennent de signer une convention destinée à renforcer leur coopération sur le terrain. Avec près de 18 000 chasseurs présents dans tout le département, le monde cynégétique constitue un formidable réseau d’observation des territoires ruraux.

Une convention signée à Cazères-sur-l’Adour

La signature a eu lieu mercredi 30 septembre à Cazères-sur-l’Adour, en présence du préfet des Landes Gilles Clavreul, du président de la Fédération départementale des chasseurs des Landes Jean-Luc Dufau et des représentants du groupement de gendarmerie départementale. Cette convention intègre la FDC40 au dispositif REMPART de la Gendarmerie nationale, destiné à renforcer la prévention et la protection de ses partenaires, de leurs activités et de leurs biens. Le lieu choisi pour cette signature n’avait d’ailleurs rien d’anodin. Les différents partenaires se sont retrouvés sur une ancienne gravière réaménagée, aujourd’hui gérée par la Fédération des chasseurs des Landes et CMGO, Carrières et Matériaux Grand-Ouest. Un site qui illustre une autre facette souvent méconnue de l’action des fédérations de chasseurs : la restauration, la gestion et le suivi des milieux naturels.

Près de 18 000 observateurs du territoire

L’intérêt du partenariat apparaît évident dans un département aussi rural et boisé que les Landes. Avec près de 18 000 pratiquants répartis sur l’ensemble du territoire, les chasseurs fréquentent quotidiennement des secteurs parfois très éloignés des centres urbains et des principaux axes de circulation. Forêts, chemins ruraux, parcelles agricoles, zones humides ou territoires isolés font partie de leur environnement habituel. Cette présence ne transforme évidemment pas les chasseurs en auxiliaires de gendarmerie et la convention le précise clairement : aucun pouvoir de police supplémentaire ne leur est accordé. En revanche, leur connaissance du terrain et leur présence régulière peuvent constituer une aide précieuse pour signaler rapidement certaines situations suspectes ou des infractions constatées au détour d’une sortie. Dépôts sauvages de déchets, actes de braconnage, vols dans les exploitations agricoles, dégradations ou comportements suspects pourront ainsi être signalés aux forces de l’ordre. Une forme de veille de terrain qui repose simplement sur un principe de bon sens : ceux qui passent des heures dans les campagnes sont souvent les premiers à constater ce qui s’y passe.

Des échanges dans les deux sens

La coopération ne fonctionnera cependant pas à sens unique. La gendarmerie doit également apporter son expérience aux chasseurs, notamment sur les bons réflexes à adopter en cas d’urgence, l’utilisation du 17, la sécurité routière ou encore la préservation des éléments susceptibles d’être utiles aux enquêteurs après un accident de chasse ou la découverte d’une infraction. De son côté, la FDC40 transmettra aux militaires son expertise concernant la réglementation cynégétique, les différents modes de chasse, les règles de sécurité, la gestion de la faune sauvage et l’organisation de la chasse dans le département. Les informations provenant des carnets de battues numériques pourront également permettre aux forces de l’ordre de mieux comprendre le déroulement d’une action de chasse lorsqu’elles doivent intervenir sur une situation impliquant des chasseurs. Cette meilleure connaissance réciproque peut éviter bien des incompréhensions. Les réalités d’une battue au grand gibier, d’une chasse aux migrateurs ou d’une opération de régulation ne sont pas nécessairement familières à tous les intervenants extérieurs au monde cynégétique. À l’inverse, les chasseurs peuvent avoir besoin de connaître précisément les comportements à adopter lorsqu’ils sont témoins d’une infraction ou confrontés à une situation inhabituelle.

Une réponse aussi aux actes de malveillance

La convention doit enfin faciliter l’accompagnement des chasseurs lorsqu’ils sont eux-mêmes confrontés à des actes de malveillance. Dégradations d’installations, détérioration de matériel ou incidents sur les territoires de chasse font désormais partie des difficultés auxquelles certaines sociétés et certains pratiquants peuvent être confrontés. L’intégration de la FDC40 au dispositif REMPART permettra donc de disposer de contacts et de procédures mieux identifiés entre chasseurs et gendarmes. Sans confusion des rôles, chacun reste dans son domaine de compétence, mais avec davantage d’échanges et une connaissance plus précise des réalités rencontrées par l’autre.

Les chasseurs, acteurs à part entière du monde rural

Au-delà de l’aspect sécuritaire, cette convention constitue aussi une reconnaissance institutionnelle du rôle joué par les chasseurs dans les campagnes. Leur présence ne se limite pas aux jours de chasse. Surveillance sanitaire de la faune, gestion des populations animales, entretien des milieux, observation du territoire ou interventions liées aux dégâts de grand gibier font déjà partie de leur quotidien. Dans les Landes, l’État et la gendarmerie ont donc choisi de s’appuyer sur ce réseau plutôt que de l’ignorer. Près de 18 000 chasseurs connaissant leurs communes, leurs chemins et leurs territoires représentent forcément des milliers de paires d’yeux supplémentaires dans les campagnes. À condition que chacun reste à sa place, cette coopération relève finalement moins d’une révolution que d’une évidence.

Partager cet article


Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha


Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

Découvrez d'autres articles

Retour en haut