Jura : chasseurs et pompiers unis pour sauver un cerf piégé

Sauvetage d'un cerf dans le Jura

Un cerf de 120 kilos, prisonnier de 40 mètres de fil de clôture, a été sauvé lundi 19 octobre dans le Jura. Une intervention spectaculaire rendue possible grâce à la mobilisation d’agriculteurs, de chasseurs, de pompiers et d’une vétérinaire.

Un cerf dans une situation désespérée

C’est une découverte pour le moins inattendue qu’ont faite des éleveurs jurassiens, lundi 19 octobre au matin. Alors qu’ils terminaient l’installation d’une clôture destinée à leurs bovins, ils ont aperçu un cerf d’environ 120 kilos dans une bien mauvaise posture. Le grand cervidé s’était pris les bois dans du fil de clôture, vraisemblablement au cours de la nuit. En tentant de se dégager, l’animal avait aggravé son sort, entraînant avec lui une longueur impressionnante de fil métallique. Au total, près de 40 mètres s’étaient enroulés autour de ses bois. Incapable de se libérer seul, le cerf risquait de se blesser gravement, voire de mourir d’épuisement en poursuivant ses efforts. Les agriculteurs ont immédiatement pris la bonne décision : plutôt que de tenter une intervention particulièrement dangereuse face à un animal sauvage de cette taille, ils ont prévenu le président de la société de chasse locale.

Les chasseurs donnent l’alerte

Aussitôt informé, le président de la société de chasse a mobilisé le garde-chasse ainsi que les services de secours. Les premiers à intervenir ont été les sapeurs-pompiers de Clairvaux-les-Lacs. Mais face à la puissance du cervidé et à la complexité de la situation, ils ont sollicité le renfort de l’équipe animalière départementale. Une vétérinaire et des sauveteurs spécialisés du SDIS, venus de Nozeroy, ont alors pris en charge l’opération. Pour éviter tout risque de blessure, aussi bien pour l’animal que pour les intervenants, la décision a été prise d’endormir le cerf à l’aide d’un fusil hypodermique. Une fois l’anesthésie effective, les sauveteurs ont pu s’approcher et entreprendre un patient travail de découpe pour retirer les dizaines de mètres de fil emprisonnant les bois de l’animal.

Un marquage bleu pour prévenir les chasseurs

Avant son réveil, les intervenants ont pris une précaution supplémentaire : les flancs du cerf ont été marqués à la peinture bleue. Ce marquage permet de signaler aux chasseurs locaux que l’animal a fait l’objet d’une anesthésie et qu’il ne doit pas être prélevé. Les produits administrés imposent en effet un délai d’attente avant que sa venaison puisse éventuellement être consommée. Dans le cas présent, ce délai a été annoncé comme étant d’une dizaine de jours. Une précaution particulièrement importante en cette période de chasse, destinée à éviter qu’un animal récemment anesthésié entre dans la chaîne alimentaire. Après environ quinze minutes de surveillance, le cerf a progressivement repris connaissance. Encore quelque peu désorienté, il a finalement retrouvé suffisamment d’énergie pour s’éloigner et rejoindre les bois environnants.

Une belle mobilisation autour de la faune sauvage

Cette intervention, qui aurait pu connaître une issue dramatique, s’est finalement achevée de la meilleure des manières. Elle illustre aussi une réalité volontairement occulté par les écologistes de salon et autres animalistes fanatisés : l’implication quotidienne des acteurs ruraux dans la protection de la faune sauvage. Les agriculteurs ont donné l’alerte, les responsables cynégétiques ont immédiatement mobilisé les secours et les spécialistes animaliers ont apporté leur savoir-faire pour sauver ce grand cervidé. Une belle démonstration de solidarité et de coopération entre le monde agricole, les chasseurs et les services de secours. Et, pour ce cerf jurassien, une seconde chance de poursuivre sa vie en liberté.

Partager cet article


Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Are you human? Please solve:Captcha


Depuis son lancement en 2008, la Browning X-Bolt s’est imposée comme l’une des références du marché des carabines à verrou.

Découvrez d'autres articles

Retour en haut