Depuis plus de 35 ans, l’agence russe ProfiHunt organise des voyages de chasse dans le Caucase, en Sibérie et jusqu’aux montagnes d’Asie centrale. Mais depuis le début de la guerre en Ukraine, les déplacements entre la Russie et l’Europe sont devenus plus compliqués. Malgré l’absence de vols directs et les tensions diplomatiques, la société poursuit son activité et affirme accueillir toujours davantage de chasseurs français. Artem Veselov, son directeur général, revient sur l’histoire de ProfiHunt, les destinations les plus recherchées et les adaptations nécessaires pour continuer à faire voyager sa clientèle internationale.
Une entreprise familiale née en 1989
L’histoire de ProfiHunt commence en 1989, lorsque Vladislav et Vladimir Melnikov, un père et son fils, tous deux biologistes de formation, décident de créer une agence spécialisée dans les voyages de chasse. Plus de trois décennies après sa fondation, l’entreprise familiale s’est développée bien au-delà des frontières russes et propose aujourd’hui des séjours dans de nombreux pays. Son directeur général, Artem Veselov, présente ProfiHunt comme l’un des acteurs historiques du tourisme cynégétique en Russie. « ProfiHunt est l’une des agences les plus expérimentées de Russie. Depuis 1989, nous proposons des voyages de chasse dans le monde entier », explique-t-il, avant de préciser : « Sans exagération, nous pouvons dire que nous sommes la plus grande agence de Russie et d’Asie centrale, avec une activité très importante sur les marchés européen et américain. » Une position revendiquée par l’entreprise, qui a construit son activité autour de destinations parfois difficiles d’accès, où la connaissance des territoires et l’organisation logistique occupent une place essentielle.
De la Sibérie aux montagnes d’Asie centrale
Si ProfiHunt organise des voyages dans le monde entier, la Russie et les anciennes républiques soviétiques restent au cœur de son activité. L’agence propose notamment des séjours au Kamtchatka, dans le Caucase et en Sibérie, mais aussi au Kazakhstan, au Kirghizstan, au Tadjikistan, en Ouzbékistan et en Azerbaïdjan. Son catalogue s’étend également à la Mongolie, au Pakistan, à l’Iran, à la Turquie et au Népal. Les chasseurs peuvent ainsi rechercher des espèces très différentes selon les régions : maral, brocard de Sibérie, ibex, argali, tur du Caucase, ours ou élan. Sur son site internet, l’entreprise présente également des séjours consacrés au grand tétras, au tétras lyre et aux oiseaux d’eau. Artem Veselov insiste néanmoins sur les destinations qui ont fait la réputation de ProfiHunt. « Nos principales destinations restent la Russie et les anciennes républiques de l’Union soviétique, notamment le Kazakhstan, le Kirghizstan, le Tadjikistan, l’Ouzbékistan et l’Azerbaïdjan », détaille le directeur général. Pour les chasseurs qui souhaitent découvrir l’Asie centrale pour la première fois, il recommande notamment « une chasse à l’ibex au Kirghizstan ».

La guerre en Ukraine a compliqué les voyages, sans interrompre l’activité
Depuis février 2022 et le début de l’invasion russe de l’Ukraine, les relations entre Moscou et les pays européens se sont considérablement dégradées. Les sanctions, les restrictions aériennes et les difficultés liées aux transactions internationales ont modifié les conditions dans lesquelles les chasseurs étrangers peuvent se rendre en Russie. Pour ProfiHunt, l’une des principales conséquences reste la disparition des liaisons aériennes directes avec l’Europe. L’agence continue toutefois d’organiser des séjours en faisant transiter ses clients par des pays tiers. « Même si les relations politiques ont été profondément bouleversées, nous poursuivons notre activité et continuons à accueillir des chasseurs étrangers du monde entier », affirme Artem Veselov. Le directeur général explique notamment que les chasseurs européens peuvent rejoindre la Russie en passant par Istanbul avec Turkish Airlines, une solution devenue nécessaire en raison de l’absence de vols directs. Il met également en avant la simplification de certaines démarches administratives : « Il est désormais possible d’obtenir un visa électronique pour un séjour de 30 jours, sans avoir à se rendre au consulat. Nous nous sommes adaptés à la situation actuelle et nous continuons à travailler très activement. » Ces facilités mises en avant par l’agence ne suppriment toutefois pas les risques géopolitiques ni les contraintes propres aux voyages en Russie, notamment celles concernant les paiements, les assurances et le transport des armes. Artem Veselov reconnaît d’ailleurs que les trajets sont devenus moins pratiques. « L’absence de vols directs entre la Russie et l’Europe rend les voyages plus longs et plus coûteux. Mais les chasseurs qui souhaitent réellement venir le comprennent et continuent de voyager », assure-t-il.
Des chasseurs français toujours plus nombreux, selon l’agence
Malgré ce contexte international, ProfiHunt affirme conserver une clientèle française fidèle. Artem Veselov, qui parle couramment français, entretient notamment des relations avec les chasseurs européens à l’occasion des grands salons spécialisés. L’agence participe régulièrement au Salon de la chasse de Mantes-la-Jolie, où elle présente ses destinations et rencontre de nouveaux clients. Une présence que son directeur général considère comme essentielle pour développer son activité en France. « Les chasseurs français représentent une clientèle importante pour nous et leur nombre augmente chaque année », souligne-t-il. Cette progression s’explique notamment, selon lui, par la proximité que l’agence a su entretenir avec ses clients au fil des années. « Comme je parle couramment français et que nous participons tous les ans au Salon de la chasse de Mantes-la-Jolie, nous avons pu constituer une solide clientèle française. Beaucoup de nos clients nous sont fidèles depuis des années et nous font confiance », poursuit Artem Veselov. Leurs attentes sont variées. Certains souhaitent partir à la recherche des grands ongulés de montagne, tandis que d’autres privilégient les vastes territoires russes pour chasser l’ours, l’élan, le brocard de Sibérie ou les tétras. L’entreprise met aussi en avant des séjours combinant plusieurs espèces, une formule particulièrement présente dans son catalogue.

Une organisation qui repose sur les partenaires locaux
Organiser une chasse dans les montagnes du Pamir, dans les immensités sibériennes ou sur la péninsule du Kamtchatka demande une logistique bien différente de celle d’un séjour européen classique. Les déplacements peuvent nécessiter plusieurs correspondances, des transferts terrestres importants et parfois l’utilisation de moyens de transport adaptés aux territoires isolés. Sur son site, ProfiHunt explique travailler avec des guides professionnels et des partenaires locaux, tout en accompagnant ses clients dans les formalités administratives. L’entreprise annonce notamment prendre en charge l’accueil à l’aéroport, l’assistance douanière, les démarches liées aux permis de chasse et au transport des armes, ainsi que les documents nécessaires à l’exportation des trophées. Les hébergements varient selon les destinations, depuis les lodges aménagés jusqu’aux camps mobiles installés dans les régions montagneuses. Cette organisation constitue une part importante du métier de voyagiste cynégétique, d’autant plus que les conditions météorologiques peuvent bouleverser le déroulement d’une expédition. Mais pour Artem Veselov, ces difficultés font aussi partie de l’expérience recherchée par les chasseurs. « Tout le monde souhaite évidemment prélever le plus beau trophée possible. Mais les voyages de chasse en montagne sont étroitement liés à l’aventure, aux difficultés du terrain, à la logistique et aux changements de météo », explique-t-il, estimant que « c’est l’ensemble de ces expériences qui laisse des souvenirs inoubliables ».
La conservation des espèces, un argument central pour ProfiHunt
La chasse aux grands trophées fait régulièrement débat, notamment lorsqu’elle concerne des espèces de montagne dont les populations sont parfois limitées ou localisées. Pour ProfiHunt, la réglementation des prélèvements et les revenus générés par les chasseurs étrangers constituent deux éléments importants du fonctionnement de cette activité. Artem Veselov estime que les populations de grand gibier se portent globalement bien dans les territoires où l’agence intervient. « Grâce aux programmes de conservation et à une réglementation stricte du nombre de licences, les populations présentent de bonnes densités », affirme-t-il. Le directeur général précise également que les quotas relèvent des autorités nationales et s’appuient sur les données recueillies dans les territoires de chasse. « Dans chaque pays, le gouvernement fixe les quotas en fonction des comptages réalisés dans les zones de chasse », indique-t-il, avant d’insister sur les retombées économiques de cette activité. « Une chasse bien réglementée et contrôlée joue un rôle important dans la conservation des espèces et dans l’économie des communautés locales. Les populations ont ainsi intérêt à mettre en place des mesures de surveillance pour prévenir ou combattre le braconnage », défend Artem Veselov. Cette approche, soutenue par de nombreux organisateurs de chasses internationales, repose sur l’idée que les revenus tirés des licences, des guides et de l’hébergement peuvent contribuer à financer la surveillance des territoires. Son efficacité dépend néanmoins des pays, du contrôle réel des prélèvements et de la part des recettes qui bénéficie effectivement aux communautés locales.
Des destinations qui continuent de faire rêver les amateurs de grands trophées
Parmi les territoires proposés par ProfiHunt, certains occupent une place particulière dans l’imaginaire des chasseurs voyageurs. Le Caucase russe attire notamment les amateurs de turs, tandis que le Kamtchatka reste recherché pour ses ours, ses élans et ses mouflons des neiges. En Asie centrale, les montagnes du Kirghizstan et du Tadjikistan accueillent des chasseurs venus rechercher les ibex et les argalis dans des conditions parfois particulièrement exigeantes. L’agence publie régulièrement sur son site les résultats de ses expéditions. En 2026, elle a notamment présenté plusieurs séjours consacrés au tur du Daghestan en Russie, au brocard de Sibérie et à l’ibex au Kazakhstan. Ces publications témoignent de la poursuite de son activité internationale malgré les difficultés de déplacement. Lorsqu’il évoque les destinations offrant aujourd’hui les expériences les plus marquantes, Artem Veselov cite spontanément « le Caucase russe, le Kamtchatka et l’ensemble des pays d’Asie centrale ». Trois régions qui résument assez bien le positionnement historique de l’entreprise, fondé sur les grands espaces, les espèces emblématiques et les chasses de montagne.

L’importation des trophées, une inquiétude pour les prochaines années
Si ProfiHunt est parvenue à poursuivre ses activités malgré les tensions internationales, Artem Veselov s’inquiète d’une autre évolution : le durcissement des règles concernant l’importation des trophées de chasse. Plusieurs pays débattent régulièrement de nouvelles restrictions, tandis que certaines espèces font déjà l’objet d’obligations particulières en matière de permis et de documents d’exportation. Pour les organisateurs de voyages cynégétiques, ces contraintes peuvent compliquer le retour des trophées et peser sur l’attractivité de certaines destinations. Le directeur général de ProfiHunt ne se risque pas à prédire précisément l’évolution du marché dans les dix prochaines années, mais il espère que les réglementations ne deviendront pas davantage contraignantes. « Il est très difficile de prévoir ce qui se passera, mais j’espère que cette tendance à interdire ou à compliquer l’importation des trophées finira par s’arrêter », confie-t-il. Après plus de 35 ans d’activité, l’agence russe continue ainsi de miser sur une clientèle internationale attirée par les chasses lointaines. Reste à savoir comment évolueront les conditions de voyage et les réglementations dans un secteur où les décisions politiques peuvent, du jour au lendemain, modifier l’accès à des territoires entiers.












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