Cette nuit du 24 au 25 octobre, la France est passée à l’heure d’hiver. Un changement qui n’est pas sans conséquence pour les chasseurs : les heures légales de chasse se décalent sur la montre, les battues doivent tenir compte d’une nuit qui arrive plus tôt et les amateurs d’affût ou de passée doivent revoir leurs horaires. Voici ce qui change concrètement dès dimanche.
Les heures légales de chasse se décalent d’une heure
À trois heures ce matin, il était de nouveau deux heures. Si ce changement ne modifie évidemment pas le rythme du soleil, il a une conséquence immédiate sur les horaires affichés par nos montres. En France, l’article L. 424-4 du Code de l’environnement définit la chasse de jour comme une période commençant une heure avant le lever du soleil et se terminant une heure après son coucher, selon les horaires du chef-lieu du département. Dès aujourd’hui, ces limites interviendront donc environ une heure plus tôt sur la montre que la veille, indépendamment de la variation naturelle des heures de lever et de coucher du soleil. Attention toutefois : certains arrêtés préfectoraux imposent des horaires plus restrictifs. Chaque chasseur doit donc se référer à la réglementation applicable dans son département, et non uniquement à la règle nationale.
Battues au grand gibier : une fin de journée à anticiper
Pour les équipes qui organisent des battues au sanglier, au chevreuil ou au cerf, le passage à l’heure d’hiver impose surtout de revoir le déroulement de la journée. Une battue qui se terminait habituellement en fin d’après-midi peut désormais se retrouver confrontée à une luminosité insuffisante une heure plus tôt sur la montre. Les responsables de chasse doivent donc anticiper la fin des traques, le retour des chiens, le déchargement des armes et les déplacements des participants. Même lorsque la réglementation permet encore de chasser après le coucher du soleil, la visibilité réelle doit rester déterminante. Un animal mal identifié, un environnement devenu difficile à distinguer ou un angle de tir incertain doivent conduire à renoncer au tir. Le changement d’heure ne réduit pas brutalement la durée de la journée, mais il oblige à adapter des habitudes souvent calées sur les mêmes horaires de rendez-vous.
Affût et approche : ne pas se tromper dans les horaires
Les chasseurs qui pratiquent l’affût ou l’approche sont également concernés, notamment ceux qui recherchent le sanglier ou les cervidés aux premières et dernières heures du jour. À partir de dimanche, le lever du soleil interviendra environ une heure plus tôt sur la montre, tout comme son coucher. Un chasseur habitué à rejoindre son poste à une heure fixe pourra donc constater que la luminosité n’est plus la même. Pour profiter des périodes d’activité du gibier, il devra ajuster son départ et son installation. Il faudra également être particulièrement attentif à l’heure limite de tir, en consultant les éphémérides et les éventuelles dispositions préfectorales. Le changement d’heure ne donne pas une heure de chasse supplémentaire : il modifie simplement la correspondance entre l’heure officielle et la lumière naturelle.
Chasse au gibier d’eau : les heures de passée sont aussi concernées
Pour les amateurs de chasse au gibier d’eau, le changement est tout aussi concret. Dans les lieux prévus par la réglementation, la chasse à la passée est autorisée deux heures avant le lever du soleil et jusqu’à deux heures après son coucher. Ces horaires sont eux aussi calculés à partir du soleil, et non d’une heure fixe. Dès dimanche, les chasseurs devront donc adapter leur arrivée au poste pour la passée du matin, ainsi que leur organisation pour celle du soir. La chasse de nuit depuis certaines installations fixes autorisées relève d’un régime particulier, qui ne doit pas être confondu avec les horaires de la passée. Là encore, il est indispensable de consulter les règles locales avant de partir.
Une vigilance renforcée lors des déplacements vers les territoires de chasse
Le changement d’heure concerne enfin les trajets des chasseurs, particulièrement nombreux le week-end. La Fédération départementale des chasseurs du Jura profite justement de ce passage à l’heure d’hiver pour alerter sur les collisions avec la faune sauvage. Les sangliers et les cervidés se déplacent fréquemment à l’aube et au crépuscule, des périodes qui coïncideront davantage avec les heures de circulation. Selon les chiffres communiqués par la fédération, 5 216 collisions ont été signalées depuis 2021 grâce à l’application Vigifaune, dont 416 durant l’hiver 2025. Ces données ont notamment contribué à l’installation de 1 600 réflecteurs sur une quarantaine de sites. Les chasseurs, qui connaissent souvent les passages empruntés par les animaux sur leurs territoires, sont invités à signaler leurs observations pour aider à identifier les secteurs dangereux. Dès ce dimanche, un réflexe s’impose donc avant de partir chasser : vérifier les nouveaux horaires du soleil, adapter le programme de la journée et redoubler de prudence sur les routes.











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