Blessé par balle à Toulouse : la Fédération des chasseurs dénonce un possible braconnage

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Un homme a été grièvement blessé par balle jeudi 8 octobre sur un terrain militaire de Toulouse, alors que cinq individus armés auraient tenté de tirer un sanglier. Face à ce drame présenté comme un accident de chasse, la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Garonne a vivement réagi. Elle rappelle que la chasse est interdite dans la commune et que les faits, s’ils sont confirmés, relèveraient du braconnage.

Un homme grièvement blessé sur un terrain militaire

Les faits se sont déroulés jeudi 8 octobre, peu avant 11 heures, sur un terrain militaire situé au fond de l’impasse de Palayre, dans le sud de Toulouse, à proximité de l’Oncopole. Selon les premiers éléments communiqués par le procureur de la République de Toulouse, David Charmatz, cinq hommes munis de fusils de chasse se trouvaient sur ce terrain. Ils auraient expliqué être venus dans le but de tirer un sanglier. Dans des circonstances qui restent à déterminer, l’un d’entre eux a été grièvement blessé par balle à l’épaule. Pris en charge par les secours, il a été transporté à l’hôpital de Rangueil avec un pronostic vital engagé. L’origine du tir demeure incertaine. Les premières explications recueillies laissaient envisager que la victime ait pu se blesser elle-même, mais les enquêteurs doivent également déterminer si le coup de feu a été tiré par une autre personne présente sur les lieux. Les quatre autres hommes ont été entendus par les policiers. Une enquête a été ouverte pour blessures involontaires et infractions à la réglementation sur la chasse. Les armes et les munitions ont été saisies afin de procéder aux vérifications nécessaires. Ce lundi matin, aucune conclusion définitive sur les circonstances du tir ni nouvelle information confirmée sur l’état de santé de la victime n’avait été rendue publique.

La FDC31 rappelle que la chasse est interdite à Toulouse

Dès le vendredi 9 octobre, la Fédération départementale des chasseurs de Haute-Garonne a publié un communiqué particulièrement ferme pour rappeler le contexte réglementaire de cette affaire. Elle souligne d’abord que la chasse est strictement interdite sur le territoire de la commune de Toulouse et qu’aucune structure associative de chasse n’y est implantée. Selon les premiers éléments dont elle dispose, les cinq hommes se seraient introduits sans autorisation sur le terrain militaire, avec leurs armes, dans l’intention de tirer un sanglier. La Fédération précise que, si cette version est confirmée par les investigations, il ne saurait être question d’une action de chasse régulièrement organisée, mais bien de faits susceptibles de relever du braconnage. Une distinction essentielle pour les chasseurs qui pratiquent leur activité dans le respect des plans de chasse, des territoires et des règles de sécurité.

Un comportement irresponsable

La Fédération condamne sans ambiguïté les circonstances dans lesquelles ce drame serait survenu. « La présence d’un sanglier ne saurait justifier une intrusion sur un terrain interdit d’accès ni autoriser sa poursuite ou son tir en dehors de tout cadre légal », rappelle-t-elle dans son communiqué. Elle considère qu’une éventuelle intrusion sur un site militaire, avec des armes à feu et dans l’intention de tirer un animal, constituerait un comportement particulièrement dangereux. La présence de sangliers dans un secteur urbanisé ou sur une emprise interdite à la chasse n’autorise évidemment personne à s’affranchir des règles. Leur éventuelle régulation doit être conduite dans un cadre légal, par les personnes habilitées et selon les autorisations nécessaires. La FDC31 insiste également sur les conséquences de tels agissements pour l’ensemble du monde cynégétique. Au-delà du danger encouru par les personnes présentes, ces comportements portent atteinte à l’image des chasseurs respectueux de la réglementation.

Braconnage et chasse légale ne doivent pas être confondus

Cette affaire illustre une distinction fondamentale que la Fédération entend faire respecter : posséder un fusil de chasse et chercher à tirer un animal ne suffit pas à caractériser une action de chasse légale. Les chasseurs exercent leur activité dans un cadre réglementaire précis, qui impose notamment de disposer des droits et autorisations nécessaires, de respecter les territoires ouverts à la chasse ainsi que les règles de sécurité. Les fédérations départementales et les associations de chasse consacrent d’ailleurs une part importante de leur activité à la formation, à la prévention des accidents et à la sensibilisation des pratiquants. Il serait donc profondément injuste d’assimiler automatiquement les agissements présumés de ces cinq individus aux pratiques des chasseurs qui respectent quotidiennement leurs obligations. La FDC31 rappelle à ce titre qu’elle condamne fermement le braconnage ainsi que tout comportement dangereux portant atteinte à la sécurité des personnes et à la faune sauvage.

Une enquête pour établir les responsabilités

Il appartient désormais aux enquêteurs de reconstituer précisément le déroulement des faits. Plusieurs questions restent ouvertes : qui a tiré, dans quelles circonstances le coup est-il parti, comment les cinq hommes ont-ils accédé au terrain militaire et quelles infractions éventuelles peuvent leur être reprochées ? Ces interrogations devront trouver leurs réponses dans les constatations techniques, les analyses des armes et les auditions. La Fédération de Haute-Garonne a annoncé qu’elle resterait attentive aux conclusions de l’enquête. Une chose demeure néanmoins essentielle : si les faits décrits sont établis, ce drame ne devra pas être présenté comme la conséquence d’une action de chasse ordinaire, mais comme celle d’agissements commis en dehors du cadre légal. La chasse française dispose de règles, de formations et de procédures de sécurité précisément destinées à protéger les personnes. Ceux qui choisissent de s’en affranchir doivent répondre de leurs propres actes, sans que l’ensemble des chasseurs ait à en supporter injustement les conséquences.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis bientôt vingt-cinq ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

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