Affaire du sanglier à Châteauroux : les nouvelles précisions apportées par l’avocat du chasseur

Sanglier achevé au bord d'une route dans l'Indre

De nouveaux éléments viennent éclairer l’affaire du sanglier abattu samedi 6 décembre à la sortie d’une zone commerciale de Châteauroux, après la vive polémique déclenchée par une vidéo virale. Ce lundi, l’avocat du chasseur mis en cause, Maître Jérémy Schuletzki, a livré sur ICI Berry une version plus complète des faits, confirmant que l’homme ne se trouvait pas par hasard sur place mais intervenait à l’issue d’une action de chasse, à la suite d’un animal blessé.

Un sanglier blessé lors d’une battue et une circulation perturbée

Selon l’avocat, le chasseur de 76 ans avait blessé le sanglier un peu plus tôt lors d’une battue. Une fois la chasse officiellement close par le président de la société, les règles imposent de rechercher un animal blessé et de l’achever pour éviter une souffrance prolongée. C’est dans ce cadre qu’il se rend sur la départementale 67, où l’animal, affaibli, traverse à plusieurs reprises, « fonce dans plusieurs véhicules » et perturbe la circulation. Les participants sont alors sollicités pour sécuriser l’axe. Un premier chasseur tente d’achever l’animal à la dague, mais est blessé à la main. Le second intervient alors avec une arme à feu pour mettre fin à la situation.

Une action hors du cadre strict de la chasse

Plusieurs critiques ont porté sur l’absence de gilets fluorescents. L’avocat rappelle que l’action de chasse était formellement terminée : la poursuite et l’achèvement d’un animal blessé n’entrent plus dans le cadre réglementaire de la chasse (selon Article L. 420-3 du Code de l’environnement), ce qui explique l’absence d’équipement fluo obligatoire en battue.

Concernant le tir lui-même et l’éventuelle mise en danger d’autrui, ces points relèvent désormais de l’enquête, toujours en cours.

Un tir jugé “justifié” par la défense, dans un contexte de danger immédiat

Pour l’avocat, ce tir était justifié « à plusieurs titres » :
– la dangerosité d’un sanglier blessé et mobile,
– la blessure d’un premier chasseur,
– et surtout la présence d’un axe routier très fréquenté où l’animal pouvait provoquer un nouvel accident.

Précisions sur la garde à vue

L’avocat apporte également une précision importante : si le chasseur a bien été placé en garde à vue dimanche, il n’y est resté que quelques heures. Il a été remis en liberté le soir même pour raisons médicales, son état de santé étant jugé incompatible avec une mesure prolongée. Il a ensuite été entendu en audition libre lundi matin. Cette version nuance les premières interprétations circulant dans les médias et sur les réseaux.

Des réactions diverses dans le monde cynégétique

Le président de la FDC de l’Indre, Laurent Gandillot, a rappelé que si des manquements aux règles de sécurité étaient confirmés, sa fédération pourrait se constituer partie civile. Il insiste sur le fait que d’éventuelles fautes individuelles nuisent à l’ensemble des chasseurs.

De son côté, le président de la FNC, Willy Schraen, a indiqué sur BFM TV que si l’intervention n’était « pas parfaite », elle devait être regardée dans le contexte : un animal blessé, imprévisible, à proximité immédiate d’une route très fréquentée. La réflexion dominante est celle-ci : que fallait-il faire face à un sanglier susceptible de provoquer un second accident ?

L’enquête se poursuit pour déterminer précisément le cadre et les responsabilités.

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