Une attaque de loup confirmée fin novembre à Winkel (Haut-Rhin) a coûté cinq brebis et un bélier à l’éleveur Vincent Staub. Au-delà du drame pour l’élevage, la Fédération départementale des chasseurs du Haut-Rhin (FDC 68) interpelle sur le manque de transparence des autorités concernant la présence du prédateur dans la région.
Un loup tue six bêtes dans le Sundgau
Mercredi 26 novembre, à Winkel dans le sud du Haut-Rhin, l’éleveur Vincent Staub découvre un spectacle glaçant : quatre brebis et un bélier retrouvés à moitié dévorés, une cinquième brebis manquante. Les corps étaient encore chauds lorsqu’il les a retrouvés dans son pâturage, vers 20h. L’analyse des dépouilles et les images de pièges-photos ont permis à la direction départementale des territoires (DDT) de conclure à une attaque de loup. Bien que la DDT soit arrivée à cette conclusion dès le 9 décembre, l’information n’avait toujours pas été officiellement transmise à l’éleveur le 16 décembre !
Un coup dur pour l’exploitant
Au total, Vincent Staub perd six têtes sur une trentaine, un coup dur pour son exploitation basée à Levoncourt depuis 35 ans. Spécialisé dans la sélection pour la reproduction, il estime : « Les [cinq] brebis devaient agneler au mois de mars. Je ne vais pas en racheter tout de suite parce que je sélectionne et ça fait un coût.« . Pour lui, l’élevage reste un complément de revenus : il est avant tout dessinateur. L’éleveur espère bénéficier d’indemnisations, mais il attend toujours des nouvelles, malgré l’ouverture d’un dossier signalée par mail de la DDT.
Des chasseurs en première ligne sur l’alerte
C’est la Fédération des chasseurs du Haut-Rhin qui a permis la diffusion de l’information auprès du public. Gilles Kaszuk, président de la FDC 68 et lui-même Sundgauvien, explique avoir été alerté par le bouche-à-oreille. « Ça a été l’omerta. Je ne trouve pas ça normal qu’on n’informe pas le public de ce type d’événements« , s’indigne-t-il. « Que je sois chasseur ou pas, ça ne change rien. Je ne vois pas pourquoi on ne peut pas être transparent [quant au loup]. ». La situation interpelle d’autant plus Gilles Kaszuk qu’un loup a été filmé par une caméra de surveillance à Mœrnach dans la nuit du 10 au 11 décembre, à seulement cinq kilomètres du lieu de l’attaque.
L’administration reconnaît la présence d’un « loup isolé«
Selon la préfecture du Haut-Rhin, la DDT attribue l’attaque à un loup isolé : « La DDT aurait conclu que l’attaque est due à un loup isolé, comme cela arrive ponctuellement en phase de dispersion. ». Au 10 décembre, la DDT recensait neuf faits d’attaques d’animaux sur l’année : un cas confirmé de loup, deux classés « loup non exclu« , les autres restant indéterminés.
Des questions sur la transparence de l’État
La réaction de la Fédération départementale des chasseurs du Haut-Rhin met en lumière un malaise partagé sur le terrain : celui d’une information jugée trop parcellaire, voire retenue, sur la réalité des attaques de loups. Face à la multiplication des faits et à l’émotion des éleveurs, chasseurs et ruraux demandent une communication claire et régulière sur la présence et les dégâts du prédateur.












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