Dans les coulisses de l’Armurerie Jacquet: une institution de la chasse près de Rouen

Installée aujourd’hui au Vert-Galant, au nord de Rouen, l’Armurerie Jacquet perpétue une tradition familiale où le sens du service, la sélection rigoureuse du matériel et le savoir-faire artisanal occupent une place centrale. Formé à la prestigieuse école d’armurerie de Liège, Jean-François Jacquet revient sur plus de quarante ans de métier, l’évolution des pratiques de chasse en Normandie et sa vision d’un avenir qu’il juge résolument serein pour la profession.

Jean-Francois Jacquet, depuis quand avez-vous repris l’armurerie familiale ?

Je travaillais dans l’armurerie familiale depuis 1978, j’en ai pris la tête en 1992, en succédant à mon père.

Parlez-nous de votre parcours en tant qu’armurier. Comment est-venue cette passion et qu’avez-vous appris à Liège ?

Mon père était armurier, chasseur, les armes de chasse faisaient partie de mon quotidien, je pratiquais le ball-trap, et la chasse : il m’est apparu naturel d’intégrer l’école d’armurerie de Liège.  J’en suis sorti diplômé en 1978. Mes camarades, et moi-même, y apprenions la fabrication artisanale des armes fines.

Avez-vous gardé des relations avec certains de votre promotion à Liège ? 

J’ai gardé des liens avec quelques armuriers issus de l’école d’armurerie de Liège, sans qu’ils soient tous de ma promotion.

Pouvez-vous nous présenter votre armurerie et ce que vous proposez ?

C’est une armurerie traditionnelle dédiée à la chasse et au service de ses clients, qui a quitté le centre-ville de ROUEN pour s’installer à la campagne dans un vaste local, bordant une voie principale au Vert Galant, situé au nord de ROUEN. Nous proposons armes et munitions, tout l’équipement du chasseur, ainsi que des vêtements à vocation « outdoor ». Tous nos matériels sont sélectionnés pour leur qualité. L’atelier assure les réparations, la mise à conformité, les réglages.

Combien de personnes travaillent à vos côtés ?

Nous sommes quatre permanents : mon épouse Valérie omniprésent manager de l’entreprise, Paul armurier diplômé de l’école d’armurerie de Liège, Léa notre spécialiste du vêtement outdoor, et moi-même.

Est-ce difficile de recruter des passionnés d’arme et de chasse ? Ou avez-vous été cherché les personnes qui ont collaboré avec vous depuis trente ans ?

Je n’ai jamais rencontré de vraies difficultés pour recruter. Nos armuriers ont pu venir depuis un confrère quand ils ont appris la disponibilité du poste, mais le plus souvent, en lien direct avec l’Ecole d’Armurerie de Liège, j’ai embauché de jeunes armuriers fraîchement diplômés que j’ai ensuite formé à notre métier de manière très traditionnelle, en pariant toujours sur leur capacité à évoluer rapidement et efficacement. Connaissant les spécificités de leurs acquis, il m’était facile de compléter la formation de mes recrues. Une partie de ces jeunes avaient effectué un stage de période scolaire chez nous. Nos recrues provenaient du monde de la chasse excepté quelques renforts du rayon textile qui se sont parfaitement intégrés grâce à l’ambiance et l’authenticité des articles qu’ils présentaient.

Que viennent chercher les chasseurs chez vous qu’ils ne trouvent pas ailleurs dans le département ? 

Le choix provenant de notre stock important d’armes, de munitions, d’équipements du chasseur, et de vêtements, tous sélectionnés pour leur qualité. Mais aussi, l’écoute, l’expérience, le professionnalisme, la disponibilité de l’équipe au service des chasseurs.

Quelle est votre vision du secteur de la chasse et comment le voyez-vous d’ici dix ans ?

Je pense que l’avenir de notre métier est serein : la chasse est dépendante du gibier, et on constate que les populations d’animaux forestiers sont en expansion. D’autre part, le professionnalisme de nos équipes conduira les chasseurs dans nos armureries.

Les pratiques de chasse ont-elles beaucoup évolué en Normandie depuis vingt ans ?

Aujourd’hui, on chasse peu en plaine, et beaucoup plus au bois, où les méthodes restent généralement basées sur la chasse du petit gibier en battue : pas de grand chiens courants, des traques en ligne assez courtes où les rabatteurs peuvent chasser le petit gibier.

A titre personnel, quelles sont les armes qui vous ont toujours faîtes rêver ?

Très probablement dû à ma formation, je reste un inconditionnel des armes juxtaposées fabriquées dans les règles, et la rigueur, de la tradition artisanale qui sont issues des grandes signatures.

Valérie, vous avez réussi à faire coïncider votre expérience autour du textile pour apporter à la boutique une offre plus alléchante. Qu’est-ce qui fait le succès de votre armurerie côté textile et accessoire ?

Issue du centre-ville, l’armurerie était spécialisée dans le vêtement sportwear de qualité, produits français et importés d’Europe.  Les armuriers sont d’abords des artisans, donc attachés à l’authenticité et la qualité des articles proposés, mais sans bien savoir les mettre en valeur : j’ai amené mon savoir-faire de mise en avant des produits, d’organisation des rayons, et donné une impulsion dynamique dans le développement des lignes de produits. Au fil du temps, j’ai étoffé le réseau de fournisseurs français et européens, et, récemment, introduit les articles de décoration.

Jean-François, comment voyez-vous l’avenir de l’armurerie ? 

J’ai grande confiance en l’avenir, je suis convaincu que la chasse sera nécessaire, et utile, dans la société du futur et l’actuelle croissance démographique du sanglier en est la démonstration.  D’autre part, le savoir-faire des professionnels leur assurera toujours leur place dans le monde de la chasse.

Un dernier mot pour nos lecteurs ? 

Nous vous invitons à passer nous voir, nous saurons vous recevoir, nos visiteurs ne sont jamais déçus.

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Rédacteur en chef, SoChasse

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