La Drôme est un des départements les plus touchés par les prédations du loup, au grand dam des éleveurs. En plus des tirs de défense aujourd’hui simplifiés au niveau administratif, les propriétaires de cheptels ovins se dotent souvent de chiens de protection de type patous et il semble que parfois cette méthode porte ses fruits. En effet, au cours du mois de janvier dernier, par 2 fois des loups ont été retrouvés morts après des confrontations avec les chiens gardant un troupeau sur la commune de Saoû.
Une information rendue publique et confirmée par la préfecture et l’OFB
Par deux fois, les 11 et 30 janvier dernier, un cadavre de loup a été découvert à proximité d’un troupeau gardé par des chiens de protection sur la commune de Saoû, dans la Drôme, au niveau du lieu-dit du Pas de Lestang. Après analyse par des spécialistes de l’office français de la biodiversité (OFB) des lésions présentées par les deux prédateurs, les services préfectoraux ont confirmé que les morsures notamment au niveau du cou, du thorax et des membres postérieurs avaient engendré des hémorragies mortelles et étaient bien l’oeuvre des chiens de protection.
Une stratégie visiblement payante mais dangereuse
Si la nouvelle a de quoi surprendre (interrogé par nos confrères de la presse locale, Frédéric Gontard, le président de la Fédération ovine de la Drôme a en effet déclaré que « C’est la première fois que j’entends que des loups sont tués par des chiens de protection« ), voire même réjouir le monde de l’élevage (l’homme, facétieux, ayant ajouté qu’il n’allait « pas verser sa larme« !), elle met en lumière le caractère particulièrement efficace mais agressif et féroce de ces chiens de protection. Les cas de confrontations tendues voire pire avec des randonneurs s’étant déjà produits dans le passé et se multipliant chaque saison, le nombre de chiens augmentant. Ils sont actuellement plus de 1100 sur le département.
Un précédent dans le Vercors en 2018
Si le président de la Fédération ovine drômoise, n’avait jamais entendu parlé de tels faits tant ils sont rares, au moins un précédent a laissé sa trace. En effet, en septembre 2018, sur un alpage du Vercors, une bergère qui gardait un troupeau de brebis protégé par trois patous avait assisté à un combat entre les chiens et un loup s’en prenant aux ovins. L’affrontement, qui avait, d’après ses dires, duré plus de trente minutes, s’était soldé par la mort du super prédateur.
Un tir de défense lui ne met en danger que le loup
Si donc, ces chiens sont visiblement efficaces, leur présence dans des espaces ouverts met en danger promeneurs et randonneurs amoureux des sites naturels. Un tir de défense pratiqué selon la réglementation lui ne présente aucun danger pour l’homme, mais, s’il atteint sa cible, élimine définitivement le prédateur en situation d’attaque. La multiplication de la présence de ces chiens n’est donc peut-être pas souhaitable et nous incline encore plus à penser que la diminution conséquente du nombre de loups serait une garantie de cohabitation plus apaisée entre présence lupine et activités humaines.












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