Faisan sauvage : dans le Nord, les efforts des chasseurs paient

Faisans_ coq et poule

Dans le département du Nord, les chasseurs ont une nouvelle raison de se réjouir. Ce printemps 2026, les observations de faisans sauvages se multiplient sur de nombreux territoires, au point que la Fédération départementale des chasseurs du Nord (FDC 59) évoque désormais une véritable dynamique de reconquête de l’espèce. Un signal encourageant pour les gestionnaires de terrain, alors que le petit gibier reste globalement fragilisé dans de nombreuses régions françaises.

Le retour progressif de populations naturelles

Sur les territoires concernés, les chasseurs constatent cette année une présence particulièrement marquée du coq faisan. Une évolution que la fédération attribue à plusieurs années de gestion rigoureuse, mêlant limitation des prélèvements, aménagement des milieux et régulation des prédateurs. Si certaines zones ont initialement eu recours à des introductions, plusieurs secteurs voient aujourd’hui se développer des populations capables de se maintenir naturellement, sans nouveaux renforcements. Pour la FDC 59, cette évolution démontre qu’une gestion cohérente sur le temps long peut produire des résultats concrets, même sur une espèce souvent considérée comme difficile à réinstaller durablement.

L’exemple du Cambrésis

Parmi les exemples mis en avant cette année figure celui du GIC du Cambrésis. Les comptages au chant réalisés ce printemps par les adhérents, selon un protocole validé par la fédération, font apparaître une hausse de 17 % des effectifs de faisans. Un résultat qui vient conforter le travail mené localement depuis plusieurs saisons autour de trois axes principaux : d’une part la limitation du tir des poules et un effort accru sur la régulation des renards et des corvidés, et d’autre part un fort investissement sur l’amélioration des habitats. Cette progression semble également correspondre aux attentes des chasseurs nordistes. Lors d’une consultation organisée en mars dernier, 77 % des répondants se sont déclarés favorables au développement de populations naturelles de faisans.

Une politique globale en faveur du petit gibier

Cette dynamique autour du faisan s’inscrit dans une stratégie plus large menée depuis plusieurs années par les chasseurs du Nord en faveur du petit gibier. Récemment, la FDC 59 mettait déjà en avant la création de près de 80 hectares de couverts biodiversité dans le département. Ces aménagements, composés de graminées, légumineuses et espèces mellifères, visent à offrir nourriture, abris et zones de reproduction à la faune sauvage tout au long de l’année. Dans le même temps, les résultats observés sur le lièvre semblaient également confirmer l’efficacité de cette gestion de terrain. Les derniers indices kilométriques d’abondance (IKA) sont en hausse dans le département, passant de 7,75 à 9,5 selon les données communiquées lors de la préparation du PGCA « Lièvre ».

Une gestion de long terme

Pour les gestionnaires locaux, ces résultats rappellent surtout qu’aucune espèce de petit gibier ne peut se maintenir durablement sans travail quotidien sur les territoires. Gestion des prélèvements, aménagement des milieux, limitation des prédateurs et suivi régulier des populations restent les piliers d’une politique cynégétique qui s’inscrit dans le temps long. Dans le Nord, les premiers résultats visibles sur le faisan semblent aujourd’hui confirmer cette logique de gestion durable portée par les chasseurs locaux.

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