Jura : entre dégâts, effectifs en baisse et sécurité, une année sous tension

AG de ka FDC du Jura 2026

Réunis en assemblée générale le 25 avril à Montmorot, les chasseurs du Jura ont validé les grandes orientations de leur fédération. Entre gestion du grand gibier, baisse continue des effectifs et enjeux de sécurité, l’année écoulée confirme des équilibres de plus en plus fragiles.

Une fédération au cœur de la gestion du territoire

À l’occasion de son assemblée générale tenue au LEGTA de Montmorot, la Fédération départementale des chasseurs du Jura a dressé le bilan d’une année dense, marquée par une activité constante sur le terrain. Plans de chasse, suivi des populations, gestion des ACCA, organisation des comptages ou encore traitement des dossiers de dégâts agricoles : la fédération reste un acteur central de la gestion de la faune sur les 750 territoires de chasse du département. Chaque printemps, ce travail repose sur un maillage humain conséquent. Cette année encore, près de 1 755 personnes ont participé aux comptages, parcourant plus de 9 000 kilomètres pour établir les indices d’abondance.

Des équilibres fragiles selon les espèces

Le bilan dressé par les techniciens met en lumière des situations contrastées. Le chevreuil suscite des interrogations, avec une tendance globale à la baisse selon les secteurs. À l’inverse, le cerf poursuit son expansion sur le territoire, avec un plan de chasse d’environ 1 000 animaux, dont une forte concentration sur le massif de Chaux. Le lièvre, en revanche, inquiète davantage. Les comptages sont jugés peu favorables, ce qui a conduit à une réduction de 20 % du plan de chasse. Sur les 1 805 animaux attribués, seuls 903 ont été prélevés. Quant au sanglier, espèce toujours au cœur des débats, il reste à un niveau élevé avec 5 147 animaux prélevés, un chiffre stable d’une saison à l’autre.

Les dégâts agricoles, un poids constant

Conséquence directe de cette présence de grand gibier, la question des dégâts agricoles reste un dossier majeur pour la fédération. Chaque année, entre 280 000 et 300 000 euros sont consacrés à l’indemnisation des exploitants. Un budget conséquent, assumé par le monde de la chasse, qui fait de la fédération un interlocuteur direct des agriculteurs sur ces problématiques sensibles.

Des effectifs en recul depuis plusieurs décennies

Autre point saillant : la baisse continue du nombre d’adhérents. La fédération comptait plus de 14 000 chasseurs en 1975. Ils étaient encore près de 9 000 en 2000. Ils ne sont plus que 6 826 aujourd’hui. Malgré les efforts engagés pour moderniser l’image de la chasse et développer des dispositifs comme la chasse accompagnée, la tendance reste à l’érosion.

La sécurité, priorité affichée

Sur le plan de la sécurité, le message est clair : tolérance zéro. Si le Jura reste globalement en dessous de la moyenne nationale, la dernière saison a été marquée par une dizaine d’accidents, impliquant chasseurs, tiers et chiens. La formation décennale, obligatoire depuis 2019, monte en puissance, avec plus de 600 chasseurs formés chaque année. L’objectif affiché est que l’ensemble des pratiquants soit formé d’ici 2030.

Des votes globalement validés, mais des tensions visibles

Les résolutions soumises lors de l’assemblée générale ont, dans leur grande majorité, été adoptées. Les comptes 2024-2025 et le budget prévisionnel 2026-2027, fixé à un peu plus de 3 millions d’euros, ont été validés. La cotisation fédérale a été maintenue à 79 euros. Les contributions liées aux dégâts de grand gibier ont suscité des oppositions marquées. La résolution concernant leur financement affiche un écart particulièrement serré, avec 3 241 voix pour contre 3 225 contre, traduisant un réel clivage au sein des chasseurs. En revanche, la contribution spécifique liée au sanglier (bracelet de transport à 25 euros) a été adoptée beaucoup plus largement, avec 3 183 voix pour contre 377 contre. Un résultat qui, malgré une opposition non négligeable, montre un consensus global sur cette mesure.

Une fédération qui s’adapte à un contexte en mutation

Avec un budget global de 3,5 millions d’euros, 30 salariés et 486 ACCA, la Fédération du Jura reste une structure importante à l’échelle du département. Mais entre pression financière, évolution des populations animales, exigences de sécurité et baisse des effectifs, les défis à venir sont nombreux. L’assemblée générale du 25 avril en donne un aperçu clair : la gestion cynégétique reste un exercice d’équilibre, de plus en plus complexe.

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