La fracture entre écologistes et monde rural continue de se creuser en Europe. En Italie, le gouvernement de centre droit de Giorgia Meloni vient de soutenir plusieurs amendements favorables à la chasse et à une gestion plus souple de certaines espèces sauvages, provoquant une vive réaction des mouvements animalistes et écologistes italiens.
Les écolos dénoncent un « gouvernement de la honte » !
Sur les réseaux sociaux, certains militants dénoncent déjà un « gouvernement de la honte » accusé de faire « des cadeaux aux chasseurs ». Pourtant, derrière cette agitation militante, Rome semble surtout vouloir répondre à des problématiques très concrètes qui touchent aujourd’hui l’ensemble de l’Europe… y compris la France.
Loup, sangliers, dégâts agricoles : les mêmes tensions qu’en France
Parmi les mesures évoquées figurent notamment une évolution du statut du loup, l’ajout de nouvelles espèces sur la liste du gibier chassable ainsi qu’une limitation des possibilités pour certains propriétaires de refuser la chasse sur leurs terrains. Des décisions qui peuvent choquer une partie de l’opinion urbaine mais qui trouvent un écho très fort dans les campagnes italiennes confrontées, comme en France, à l’explosion des populations de sangliers, aux dégâts agricoles et aux attaques de loups sur les troupeaux.
Depuis plusieurs années déjà, l’Italie fait face à une prolifération massive du sanglier jusque dans certaines grandes villes, tandis que les tensions autour du loup ne cessent d’augmenter dans les zones d’élevage. Une situation qui rappelle fortement ce que vivent aujourd’hui de nombreux départements français.
Une Europe qui change progressivement de ton sur le loup
Le sujet du déclassement du loup n’est d’ailleurs plus tabou au niveau européen. Plusieurs États membres poussent désormais ouvertement pour un assouplissement des règles de protection du prédateur, sous la pression des agriculteurs, des éleveurs et des territoires ruraux. L’Italie semble donc s’inscrire dans une tendance plus large : celle d’un rééquilibrage des politiques environnementales après des années de décisions souvent perçues comme déconnectées des réalités du terrain.
En France aussi, le débat monte en puissance. Entre les dégâts de grand gibier, la progression du loup et les difficultés croissantes de régulation dans certains territoires où la chasse est fortement contrainte, beaucoup de ruraux ont désormais le sentiment que plusieurs pays européens commencent à revenir à une approche plus pragmatique de la gestion de la faune sauvage.
De nouvelles espèces chassables… pendant que la France réduit sa liste
Cette orientation italienne contraste également avec la situation française où, année après année, la liste des espèces chassables tend plutôt à se réduire sous la pression des recours administratifs et des associations écologistes. Ces dernières saisons, plusieurs espèces emblématiques de montagne comme le grand tétras ou le lagopède alpin ont ainsi vu leur chasse suspendue ou fortement encadrée dans plusieurs territoires français. Une évolution que beaucoup de chasseurs vivent comme le symbole d’une approche de plus en plus restrictive de la chasse en France, là où d’autres pays européens semblent désormais privilégier une gestion davantage tournée vers les réalités locales et l’état réel des populations animales.
Des écologistes vent debout
Les associations écologistes italiennes dénoncent pour leur part une « attaque contre la biodiversité » et accusent le gouvernement Meloni de céder au lobby cynégétique. Mais dans les campagnes italiennes comme françaises, beaucoup considèrent surtout que ces décisions traduisent un retour progressif à une gestion plus concrète et moins idéologique des questions liées à la faune sauvage.












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