Un loup a été abattu dans la nuit du dimanche 8 au lundi 9 mars 2026 sur la commune de Saillans, dans la Drôme. L’animal a été prélevé dans le cadre d’un tir de défense alors qu’il se trouvait, selon la préfecture, en situation d’attaque face à un troupeau domestique. L’intervention a été réalisée par un lieutenant de louveterie, conformément aux procédures prévues par la réglementation en vigueur.
Un tir de défense encadré par la réglementation
Selon les informations communiquées par la préfecture de la Drôme, ce tir s’inscrit dans le cadre réglementaire fixé par les arrêtés ministériels du 23 octobre 2020 et du 23 février 2026. Ces textes définissent les conditions dans lesquelles des dérogations peuvent être accordées pour procéder à la destruction d’un loup, espèce toujours protégée en France. Le prélèvement a été autorisé dans le cadre d’un tir de défense simple, dispositif permettant d’intervenir lorsqu’un prédateur menace directement un troupeau malgré la mise en place de mesures de protection. D’après les services de l’État, ce loup serait le dixième individu prélevé en France depuis le début de l’année 2026 et le troisième dans le département de la Drôme.
Un plafond national revu à la hausse
Pour l’année 2026, le plafond de prélèvements autorisés a été relevé par la ministre de l’Agriculture Annie Genevard. Le taux maximal est ainsi passé de 19 % à 21 % de la population estimée, avec la possibilité d’atteindre 23 % dans certaines situations. Cette évolution visait à répondre aux attentes du monde agricole, confronté depuis plusieurs années à une augmentation des attaques sur les troupeaux. Mais pour de nombreux éleveurs, le problème ne se limite pas au pourcentage de prélèvements autorisés. Beaucoup contestent surtout les estimations officielles de la population de loups en France, établies par l’Office français de la biodiversité (OFB).
Un débat persistant sur le nombre réel de loups
Selon les données de l’OFB, la population de loups en France oscille ces dernières années entre 1000 et 1100 individus (officiellement 1083 pour 2025, en baisse !). Un chiffre régulièrement contesté par de nombreux acteurs du terrain. Éleveurs, élus locaux et observateurs de la faune sauvage estiment en effet que le nombre réel d’animaux pourrait être nettement supérieur. Certains évoquent une population deux à trois fois plus importante que les estimations officielles. Dans ce contexte, chaque nouvelle attaque et chaque tir de défense viennent rappeler la tension persistante autour de la gestion du loup en France, entre protection imposée de l’espèce et défense des activités d’élevage.












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