Lapins sous la LGV : les agriculteurs de l’Hérault tirent la sonnette d’alarme

Terriers de lapins sous la LGV Montpellier Nîmes

Dans l’Hérault, un collectif d’agriculteurs alerte sur la prolifération inquiétante de lapins de garenne le long de la ligne TGV Montpellier–Nîmes. À l’abri de toute pression de chasse dans ces zones sensibles, les populations explosent, provoquant des dégâts agricoles massifs et soulevant désormais des inquiétudes jusque sur la sécurité des infrastructures ferroviaires. Face à l’urgence, les exploitants réclament des mesures fortes, dont un renforcement de la chasse « de jour comme de nuit « .

Un refuge idéal le long des voies ferrées

Si le lapin de garenne, gibier autrefois emblématique de la chasse française, a quasiment disparu dans de nombreux départements, ce n’est pas le cas partout. En effet, de Montpellier à Nîmes, la situation devient critique le long de la ligne à grande vitesse. Selon un collectif d’agriculteurs de l’Hérault, des milliers de lapins de garenne, particulièrement prolifiques, se sont installés durablement aux abords des voies ferrées. Dans ces secteurs très contraints, la chasse est interdite, offrant aux animaux un refuge idéal. À l’abri des tirs, protégés par la végétation et sans perturbation, les lapins trouvent là des conditions parfaites pour se nourrir et se reproduire. Les chiffres avancés donnent la mesure du phénomène : en seulement 18 mois, un couple pourrait engendrer jusqu’à 800 individus.

Des infrastructures fragilisées, des cultures ravagées

Mais au-delà de la simple prolifération, ce sont les conséquences qui inquiètent. En creusant leurs galeries sous les infrastructures, les lapins fragilisent les abords des voies ferrées, posant des questions d’entretien mais aussi de sécurité pour les usagers. Sur le plan agricole, les dégâts sont déjà bien visibles. Les cultures céréalières, comme le blé dur, sont fortement impactées, tout comme les productions maraîchères. Plus préoccupant encore, les cultures pérennes ne sont pas épargnées : vignes et arbres fruitiers voient leurs pieds rongés, compromettant durablement les exploitations. Certains agriculteurs, découragés, en viennent même à arracher leurs plantations ou à envisager l’arrêt de leur activité.

Des demandes claires, dont un renforcement de la chasse

Face à cette situation, le collectif réclame des mesures immédiates et concrètes. Parmi les demandes formulées figure notamment la nomination d’un coordinateur pour piloter la régulation. Mais surtout, les agriculteurs insistent sur la nécessité d’un renforcement de la chasse, « de jour comme de nuit« , afin de contenir efficacement les populations dans ces zones devenues ingérables. Ils évoquent également le recours au piégeage, notamment avec des furets, accompagné d’un débroussaillage systématique des zones concernées, ainsi que la destruction des galeries creusées sous la ligne TGV.

Une urgence pour les agriculteurs… et la sécurité

Pour ces exploitants agricoles, il y a désormais urgence à agir, afin de protéger à la fois les cultures, les paysages, mais aussi les infrastructures ferroviaires et leurs usagers. Quand on sait quelles sont les contraintes mécaniques exercées par la circulation de rames TGV pesant près de 400 tonnes à grande vitesse, on ne peut que frémir en pensant à une éventuelle instabilité des rails engendrée par l’affaiblissement de la structure de la surface sur laquelle ils reposent.

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