Dordogne : 160 cervidés et sangliers abattus dans un parc sur ordre de la préfecture

Cervidés et sangliers parc

C’est une opération d’une ampleur rare qui s’est déroulée ce mardi 21 avril à Mazeyrolles, en Dordogne. Sur décision préfectorale, 160 animaux, cervidés et sangliers, ont été abattus dans l’enceinte d’une ancienne ferme-auberge, après des années de manquements relevés par les services de l’État.

Une opération massive sous contrôle des autorités

L’intervention a mobilisé des moyens importants tout au long de la journée. Sous la supervision des services de l’État, les agents de l’Office français de la biodiversité, des lieutenants de louveterie, une entreprise spécialisée ainsi que la gendarmerie ont participé à l’abattage du cheptel présent sur le site de l’ancienne auberge du Gaulois, à Mazeyrolles. Au total, 160 animaux ont été abattus puis envoyés à l’équarrissage. Une vingtaine de gendarmes étaient présents pour encadrer l’opération, qui s’inscrivait dans le cadre d’une procédure de police administrative.

Des manquements constatés depuis plusieurs années

Si la brutalité de l’intervention a marqué les esprits localement, la décision préfectorale ne s’est pas prise du jour au lendemain. Selon la préfecture de la Dordogne, des « manquements graves et répétés » ont été relevés depuis plusieurs années, notamment en matière de protection animale, de santé sanitaire et de respect des règles environnementales. Plusieurs mises en demeure avaient été adressées au propriétaire, restées sans effet malgré des délais supplémentaires accordés. Parmi les irrégularités constatées : des animaux non identifiés, des clôtures dégradées, mais aussi la présence de carcasses en décomposition et de viande congelée depuis plusieurs années. Des éléments particulièrement sensibles dans un établissement qui servait du gibier à ses clients.

Une institution locale tombée en désuétude

Créée il y a une quarantaine d’années, la ferme-auberge du Gaulois était bien connue dans le secteur. Elle proposait une cuisine traditionnelle autour du gibier élevé sur place, dans un parc animalier de plus de 40 hectares. L’activité avait cessé récemment, le propriétaire, âgé de 75 ans, ayant fait valoir ses droits à la retraite. Ce dernier conteste en partie la situation, reconnaissant un nombre trop important d’animaux mais assurant avoir demandé du temps pour régulariser. « Je leur ai dit qu’il fallait me laisser le temps de le faire », explique-t-il, très affecté par l’abattage de son cheptel.

Une affaire également sur le terrain judiciaire

Au-delà de la procédure administrative ayant conduit à l’abattage, une enquête judiciaire est en cours depuis 2023. Elle porte sur plusieurs infractions liées au droit de l’environnement et au droit du travail. Le propriétaire et plusieurs membres de sa famille avaient d’ailleurs été placés en garde à vue en mai 2025. Sur place, l’opération a profondément marqué certains riverains. « Ils ont tiré à la carabine, c’était une boucherie », témoigne un proche du propriétaire. D’autres habitants, au contraire, comprennent la réaction des autorité et évoquent une situation connue de longue date et suivie par notamment l’Office français de la biodiversité.

Une décision radicale mais encadrée

Ce type d’intervention reste extrêmement rare par son ampleur. Il illustre néanmoins la capacité de l’administration à aller au bout de ses procédures lorsque les mises en conformité ne sont pas respectées. Dans ce dossier, la préfecture insiste sur le caractère répété des infractions et sur l’absence de régularisation malgré plusieurs avertissements. Une affaire qui risque encore de faire parler d’elle dans les semaines à venir.

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