Chasse et tir sportif : vers une exclusion des services bancaires par idéologie ?

SumUp exclu les chasseurs

À quelques jours seulement de l’ouverture de son grand ball-trap annuel organisé pendant le pont de l’Ascension, le Groupement de Chasseurs Tord-Lidoire-Bidonne a eu la très mauvaise surprise de voir son compte SumUp brutalement clôturé. Motif invoqué par la société de paiement : l’impossibilité de “prendre en charge” les activités liées aux “clubs de tir / de chasse”. Une décision qui dépasse largement le simple cadre technique et qui risque de faire réagir bien au-delà de la Dordogne.

Un événement rural majeur dans le Sud-Ouest

Du 14 au 17 mai prochains, le GC Tord-Lidoire-Bidonne doit pourtant accueillir à Saint-Rémy-sur-Lidoire plusieurs centaines de participants venus de toute la Nouvelle-Aquitaine et parfois de beaucoup plus loin. Au fil des années, ce ball-trap est devenu un véritable rendez-vous populaire du monde rural et cynégétique.

Compak sporting, fosses traditionnelles, pool shoot à 100 yards, restauration sur place, soirée au brasero, nombreux lots à gagner dont un voyage à l’étranger cette année : l’événement est organisé dans un esprit de convivialité typiquement sud-ouest et la bonne humeur règne durant tout un weekend festif sur ce charmant petit coin du Périgord.

Comme des milliers d’associations, de petits commerces, de buvettes ou d’organisateurs d’événements ruraux, le groupement utilisait depuis plusieurs années les services de paiement électroniques proposés par SumUp afin de permettre aux visiteurs de régler facilement leurs consommations ou leurs engagements.

SumUp, symbole de la modernité… sauf pour les chasseurs ?

Fondée à Londres en 2012, notamment par Goldman Sachs, Temasek, Bain Capital Credit, Crestline, Oaktree Capital Management, American Express, BBVA Ventures et Groupon, SumUp s’est imposée en quelques années comme l’une des grandes sociétés européennes de paiement mobile à destination des indépendants, associations et petites structures. Son modèle repose justement sur la simplicité : petits terminaux CB, paiements sans contact, fonctionnement rapide et accessible pour les structures modestes ne disposant pas de solutions bancaires lourdes. Autrement dit, exactement le type d’outil devenu indispensable aujourd’hui pour les manifestations rurales modernes. Mais lundi, le président du groupement, a reçu un courrier particulièrement brutal de la société :

« Après avoir examiné votre profil, nous avons le regret de vous informer que nous ne pouvons pas prendre en charge votre type d’activité (clubs de tir / de chasse) et que nous avons fermé votre profil. »

Une décision motivée, selon SumUp, par des contraintes réglementaires liées aux réseaux bancaires et financiers partenaires de la plateforme.

Une activité pourtant parfaitement légale

Le problème, c’est que personne ici ne parle de trafic d’armes, d’activité clandestine ou de commerce illégal. On parle d’un ball-trap déclaré, encadré, organisé dans le strict respect de la législation française, fréquenté chaque année par des familles, des chasseurs, des tireurs sportifs et des ruraux parfaitement ordinaires.

Et c’est précisément ce qui interroge de plus en plus de français attachés au monde rural : pourquoi certaines activités parfaitement légales semblent-elles progressivement devenir indésirables dans certains secteurs économiques et financiers ? Car cette affaire dépasse largement le simple cas d’un terminal bancaire.

Une exclusion progressive du monde cynégétique ?

Depuis plusieurs années, les chasseurs font le constat de la multiplication des formes de marginalisation indirecte. Pressions médiatiques permanentes, caricatures culturelles, difficultés administratives croissantes, surveillance renforcée autour des armes légales, attaques contre les traditions rurales… et désormais, dans certains cas, restrictions venant même du secteur financier privé.

Le message envoyé ici est particulièrement symbolique : une plateforme de paiement moderne accepte des milliers d’activités commerciales mais considère soudainement qu’un “club de tir / de chasse” ne peut plus entrer dans son périmètre acceptable. Derrière les arguments réglementaires et les formulations policées, beaucoup y verront le reflet d’une évolution idéologique plus profonde portée par une partie des grandes entreprises, des milieux financiers internationaux et de certaines élites urbaines déconnectées des réalités rurales. Une logique où tout ce qui touche de près ou de loin à la chasse, au tir sportif, au monde des armes légales et plus largement aux traditions rurales, devient progressivement suspect par principe.

Les ruraux doivent-ils s’inquiéter ?

Bien sûr, le GC Tord-Lidoire-Bidonne trouvera une autre solution de paiement pour son événement. Les organisateurs ont déjà anticipé le problème. Mais l’affaire pose une question bien plus large. Aujourd’hui, il ne s’agit “que” d’un terminal bancaire. Demain, qu’en sera-t-il des assurances, des plateformes de réservation, des services bancaires, des réseaux publicitaires et des outils numériques ?

Car lorsqu’un secteur légal commence à être discrètement exclu de certains services essentiels, non pas par la loi française mais par des choix idéologiques ou commerciaux privés, beaucoup y voient une forme d’asphyxie progressive particulièrement préoccupante. Et dans les campagnes françaises, nombreux sont ceux qui commencent à penser que cette évolution n’a probablement rien d’un hasard.

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4 réponses à “Chasse et tir sportif : vers une exclusion des services bancaires par idéologie ?”

  1. JAUJOU

    UNE HONTE c’est tout ce qu’il y a à dire 😡😡😡

  2. Marylene Imbert

    Voilà jusqu’où va la discrimination !!
    Honteux

  3. Thibault

    Que tous les chasseurs et tireurs sportif retirent leur agent de ces banque

  4. Marie-Gérard

    Ce qui n’empêche parfois pas certains de ces messieurs de la finance de s’offrir quelques frissons dans des safaris en Afrique…

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