Depuis plusieurs années, Hugo Clément s’est imposé comme l’un des visages les plus médiatiques de l’écologie française. Documentaires, enquêtes, plateaux télévisés, réseaux sociaux, appels aux dons et désormais société de production florissante : le « journaliste », mais surtout militant, a construit autour de son image un véritable écosystème médiatique. Mais les révélations publiées ces derniers jours sur les finances de sa société Winter Productions risquent de relancer le débat sur les liens parfois très confortables entre militantisme écologique, audiovisuel public et argent du contribuable.
Une société portée par les commandes de France Télévisions
Selon une enquête publiée par le média L’Informé, la société Winter Productions, cofondée par Hugo Clément en 2019, aurait vu son chiffre d’affaires multiplié par sept en seulement trois ans pour atteindre 17,7 millions d’euros. Une croissance spectaculaire largement portée par les nombreuses commandes de France Télévisions. La société produit notamment l’émission « Sur le Front » sur France 5 ainsi que « Quelle époque ! » sur France 2, où Hugo Clément intervient régulièrement aux côtés de Léa Salamé. D’autres programmes ont également été commandés par le groupe audiovisuel public, tandis qu’une nouvelle émission animée par Stéphane Bern devrait encore venir renforcer cette dynamique. Conséquence directe : les bénéfices explosent eux aussi. Toujours selon ces révélations, la société aurait distribué 1,7 million d’euros de dividendes à ses deux actionnaires sur les trois derniers exercices, dont un montant record de 768 000 euros pour la seule année 2025.
Le contribuable finance… puis le militant appelle aux dons
Et c’est probablement là que le sujet commence à devenir politiquement sensible. Car dans le même temps, Hugo Clément lançait il y a quelques semaines un appel aux abonnements payants pour sauver Vakita, son média militant présenté comme indépendant et engagé dans la défense des causes écologistes. Le journaliste expliquait alors que la plateforme se retrouvait fragilisée par des frais judiciaires liés à plusieurs procédures engagées contre elle. « Vakita est en danger », alertait-il sur les réseaux sociaux en appelant sa communauté à soutenir financièrement le média. Un discours qui passe aujourd’hui beaucoup moins bien à la lumière des chiffres publiés sur les revenus générés par Winter Productions grâce aux commandes de l’audiovisuel public. Car beaucoup s’interrogent désormais : comment un entrepreneur des médias capable de percevoir plusieurs centaines de milliers d’euros de dividendes annuels ne peut-il pas financer lui-même une partie du sauvetage de son propre média présenté comme indépendant ?
Une écologie médiatique devenue un véritable business
Au-delà du cas personnel d’Hugo Clément, cette affaire illustre surtout une réalité de plus en plus visible : l’écologie médiatique est devenue un marché extrêmement rentable. Productions télévisées, documentaires, plateformes numériques, conférences, réseaux sociaux, partenariats et financements participatifs ont progressivement fait émerger une véritable économie du militantisme écologique. Et cette économie repose très souvent, directement ou indirectement, sur l’argent public. C’est précisément ce décalage qui agace une partie du monde rural, déjà lassé des leçons de morale permanentes adressées aux chasseurs, agriculteurs ou pêcheurs par certaines figures médiatiques vivant confortablement grâce aux financements de l’audiovisuel public. Car pendant que des éleveurs, des chasseurs ou des ruraux voient leur mode de vie régulièrement caricaturé à l’antenne, ceux qui portent ces discours militants semblent parfois avoir trouvé dans l’écologie un modèle économique particulièrement lucratif.
Une question de crédibilité
Bien sûr, gagner de l’argent n’a rien d’illégal et personne ne reprochera à une société de production privée de chercher à être rentable. Mais lorsque l’on construit toute sa communication publique autour de l’indépendance, de l’engagement militant et de la défense d’une certaine morale écologique, les révélations sur des dividendes à plusieurs centaines de milliers d’euros financés par des commandes du service public interrogent forcément. D’autant plus lorsque, dans le même temps, on demande au public de mettre la main au portefeuille pour sauver un média militant présenté comme fragile économiquement. Et à l’heure où les Français financent déjà massivement l’audiovisuel public par leurs impôts, beaucoup risquent de voir dans cette affaire une nouvelle illustration d’une écologie médiatique devenue aussi lucrative que moralisatrice.












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