Fauche des prairies : ces gestes simples qui peuvent sauver la faune sauvage

Fauchage

Chaque printemps, des milliers de jeunes animaux sauvages périssent accidentellement lors des travaux agricoles de fauche. Faons de chevreuil, levrauts, nichées de perdrix ou encore jeunes faisans trouvent refuge dans les hautes herbes au moment même où débute la saison des récoltes. Face à cette réalité bien connue du monde rural, de nombreuses fédérations départementales des chasseurs multiplient désormais les actions de prévention afin de limiter au maximum les pertes.

Des drones pour sauver les faons


Depuis plusieurs années, les fédérations des chasseurs développent notamment l’utilisation de drones équipés de caméras thermiques afin de repérer les faons de chevreuil ou de cerf cachés dans les cultures avant le passage des machines agricoles. Ces opérations de sauvetage, menées avec l’aide de bénévoles, connaissent un succès grandissant partout en France. Dans certains départements, plusieurs centaines de jeunes animaux peuvent ainsi être sauvés chaque saison. Mais malgré ces moyens techniques de plus en plus efficaces, les chasseurs rappellent qu’il reste impossible d’intervenir partout à la fois durant les périodes de forte activité agricole. C’est pourquoi la prévention et les bons réflexes au moment du fauchage demeurent essentiels.

La Fédération départementale des chasseurs de la Corrèze appelle à la vigilance


Dans ce contexte, la Fédération départementale des chasseurs de la Corrèze vient justement de rappeler plusieurs règles simples permettant de préserver davantage la faune sauvage lors des travaux de fauche. Les chasseurs recommandent notamment de limiter la vitesse d’avancement des engins agricoles entre 8 et 10 km/h, en particulier à proximité des bordures de parcelles où les animaux se concentrent souvent. Le sens du fauchage joue également un rôle important. Une coupe réalisée de l’intérieur vers l’extérieur, dite “centrifuge”, ou par bandes successives en terminant par les lisières permet aux animaux de fuir plus facilement vers des zones refuges. Les chasseurs invitent aussi les exploitants agricoles à redoubler de vigilance dans les bordures et à éviter autant que possible les travaux de nuit, période durant laquelle la faune sauvage est particulièrement vulnérable.

Une responsabilité partagée dans les campagnes


Au-delà de la seule question cynégétique, ces pratiques concernent aujourd’hui l’ensemble du monde rural. Agriculteurs, chasseurs, propriétaires et gestionnaires de territoires sont de plus en plus nombreux à travailler ensemble afin de concilier activité agricole et préservation de la biodiversité ordinaire. Car si les opérations de sauvetage par drone impressionnent souvent le grand public, la protection de la faune sauvage repose aussi sur des gestes simples et du bon sens sur le terrain. À l’heure où les campagnes françaises connaissent de profondes mutations, beaucoup rappellent qu’une “fauche responsable” reste l’un des moyens les plus efficaces pour limiter les pertes de faune sauvage pendant cette période particulièrement sensible pour les jeunes animaux.

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