À 78 ans, Bernard Sachot continue de faire vivre sa passion pour la chasse aux chiens courants. En Vendée et en Loire-Atlantique, il chasse le sanglier avec une meute de neuf grands griffons vendéens équipés de colliers Dogze.
LS : Vous chassez avec une meute de neuf grands griffons vendéens. Comment cette passion pour les chiens courants est-elle née ?
BS : Je chasse depuis l’âge de 17 ans et j’ai toujours eu des chiens courants. La passion est née avec mon oncle, qui chassait avec des chiens de ferme. J’allais avec lui comme rabatteur dès l’âge de 12 ou 13 ans. J’ai tout de suite aimé les chiens qui donnaient de la voix et qui étaient généreux à la chasse. J’ai ensuite commencé avec des fauves de Bretagne avant de passer aux grands griffons vendéens. En 2002, j’ai repris la meute de Monsieur Rivière, avec qui je chassais beaucoup. J’avais déjà quelques chiens dans la meute à l’époque.
LS : Vous avez toujours privilégié la chasse avec les chiens plutôt que le poste ?
BS : Je ne suis jamais posté. Soit je traque, soit je suis au camion pour récupérer les chiens lorsqu’ils débuchent. Dans toute ma carrière, je n’ai dû tuer que deux ou trois sangliers. Ce qui m’intéresse avant tout, c’est vraiment le travail des chiens. Nous chassons deux fois par semaine, principalement en Vendée et dans le sud de la Loire-Atlantique. Cette saison, nous avons déjà réalisé une vingtaine de battues et prélevé environ 30 sangliers.
LS : Qu’est-ce qui fait, selon vous, un bon chien de chasse ?
BS : Il faut d’abord une très bonne relation entre le chien et son maître. Le chien doit aimer son propriétaire et savoir, lorsqu’il est lâché, ce qu’on attend de lui. La relation au chenil est également très importante. Pour un rapprocheur, le nez est évidemment primordial. Il faut ensuite qu’il soit travailleur, qu’il sache travailler qu’il ait une bonne voix. C’est tout un art. Dans la meute, chaque chien a aussi son caractère. Les rapprocheurs sont généralement plus calmes et obéissants. Les chiens découplés sont plus actifs : une fois qu’ils sont lancés, il faut que ça avance.
LS : Depuis toutes ces années, certains chiens vous ont-ils particulièrement marqué ?
BS : Oui, notamment Judo, un rapprocheur de Monsieur Rivière. C’était un chien exceptionnel. On le mettait sur un pied et il fallait simplement l’écouter : il savait faire. J’ai ensuite eu Vauban, qui était lui aussi extraordinaire. Il suffisait de le poser sur un pied pour que les autres chiens le suivent. Malheureusement, il a été tué par un sanglier en forêt. Nous avons eu plusieurs chiens blessés ou tués par des sangliers. Aujourd’hui, nous équipons systématiquement nos rapprocheurs de gilets de protection. Cela a vraiment réduit les accidents.
LS : Entre l’entretien, l’éducation et les soins, quel travail représente une meute de neuf chiens au quotidien ?
BS : Tous les soirs, nous consacrons environ deux heures à deux personnes pour nous en occuper. Lorsqu’il y a une portée, cela demande encore davantage de temps, avec notamment des passages le matin et le soir. J’ai toujours considéré que le chenil et la relation avec les chiens étaient essentiels. Même lorsque je travaillais, j’arrivais à m’organiser avec ma femme pour pouvoir m’occuper de la meute.
LS : Vous utilisez aujourd’hui des balises GPS sur tous vos chiens. Pourquoi sont-elles devenues indispensables ?
BS : J’ai toujours eu la hantise de rentrer le soir en laissant des chiens dans la nature. À l’époque, il nous arrivait de chercher certains chiens jusqu’à 22 ou 23 heures. Dès que j’ai pu, j’ai donc commencé à utiliser des balises, et j’ai eu mes premiers colliers Dogze en 2019. Aujourd’hui, aucun chien ne sort du chenil sans balise. Tous sont équipés et mes équipiers peuvent également suivre les chiens sur leur téléphone.
LS : Qu’est-ce que le passage à la 4G a changé pour vous ?
BS : La différence est importante. Avec la 4G, je ne perds quasiment jamais le contact, même dans des secteurs où la 2G fonctionnait mal. Je règle généralement l’envoi de la position toutes les minutes. Je peux ainsi suivre les chiens en temps réel, voir leur tracé et même connaître la distance qu’ils ont parcourue. Si la batterie commence à être faible, je peux modifier la fréquence des positions directement depuis mon téléphone. L’historique est également très intéressant. Je peux revoir le parcours de chaque chien ou celui de toute la meute. Il m’arrive d’ailleurs de regarder les tracés le soir, simplement pour voir le travail réalisé pendant la journée.

LS : Vous avez même eu une situation où le tracé d’un chien vous a permis de répondre à une plainte ?
BS : Oui. Une fois, lors d’une chasse près de Saint-Hilaire-de-Riez, une dame pensait que nos chiens étaient passés chez elle et avait porté plainte. J’ai pu montrer aux gendarmes le parcours enregistré sur mon téléphone. Les chiens étaient finalement passés une dizaine de mètres plus loin. Dans ce genre de situation, avoir le tracé précis des chiens est vraiment important. Aujourd’hui, je ne pourrais plus revenir en arrière. Il est hors de question que je pose un chien sans balise.





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