Un arrêté publié au Journal officiel élargit l’utilisation des moyens de communication entre chasseurs et clarifie celle des dispositifs GPS équipant les chiens. Les nouvelles règles, applicables depuis le 10 juillet, constituent une avancée attendue pour la sécurité et la pratique de la chasse aux chiens courants.
Une réglementation enfin adaptée au terrain
L’arrêté du 25 juin 2026 modifiant celui du 1er août 1986 relatif aux procédés de chasse a été publié au Journal officiel le 9 juillet. Ses dispositions sont entrées en vigueur dès le lendemain. Le texte modifie notamment les conditions d’utilisation des talkies-walkies et des dispositifs permettant de localiser les chiens. Ces évolutions répondent à des situations très concrètes rencontrées quotidiennement par les chasseurs. Lorsqu’une meute franchit une route, s’approche d’une voie ferrée ou poursuit un animal sur plusieurs kilomètres, connaître la position des chiens et pouvoir prévenir rapidement les autres participants peut permettre d’éviter un accident. Ces outils doivent aussi faciliter les opérations de régulation des animaux occasionnant des dégâts.
Les talkies-walkies autorisés pour tous les modes de chasse
Jusqu’à présent, l’usage d’émetteurs ou de récepteurs radiophoniques et radiotéléphoniques était limité à la chasse collective au grand gibier ainsi qu’aux opérations de destruction du sanglier lorsque celui-ci était classé susceptible d’occasionner des dégâts. Cette limitation disparaît. L’article 7 de l’arrêté de 1986 autorise désormais, sans référence à une espèce ou à un mode de chasse particulier, « l’emploi d’émetteurs ou de récepteurs radiophoniques ou radiotéléphoniques ». Les talkies-walkies peuvent donc être utilisés légalement au cours d’une battue au renard, mais également lors d’autres chasses collectives ou individuelles, dès lors que les règles générales de sécurité et de chasse sont respectées. Cette mesure relève avant tout du bon sens. Pouvoir signaler la présence d’un promeneur, l’arrivée d’un véhicule, le franchissement d’une route par les chiens ou la fin d’une traque améliore directement la sécurité de tous. Elle ne permet évidemment pas de s’affranchir des règles encadrant l’action de chasse. Un appareil de communication doit rester un outil d’organisation et de sécurité, et non servir à mettre en œuvre un procédé de chasse par ailleurs interdit.
Les GPS utilisables pendant l’action de chasse
Le second changement concerne les colliers et dispositifs GPS utilisés pour suivre les chiens. La précédente rédaction de l’arrêté demeurait restrictive et particulièrement difficile à interpréter. Elle évoquait une utilisation après l’action de chasse pour rechercher les chiens, tout en mentionnant également leur sécurité et la prévention des collisions pendant la chasse à tir. Le nouveau texte supprime cette confusion. Les dispositifs de localisation peuvent désormais être consultés pendant l’action de chasse, dans trois objectifs précis :
- rechercher les chiens ;
- assurer leur sécurité ;
- prévenir les collisions.
L’autorisation concerne donc notamment les chiens courants, dont les déplacements peuvent se poursuivre très loin du territoire initial et les conduire à proximité de routes, de zones habitées ou d’autres infrastructures dangereuses. Cette clarification permettra aux conducteurs de chiens de réagir plus rapidement lorsqu’un animal se trouve en difficulté, s’est isolé de la meute ou se dirige vers un axe de circulation.
Le GPS ne doit pas servir à localiser le gibier
L’autorisation n’est cependant pas sans limites. Le texte précise que la localisation doit être utilisée uniquement pour rechercher les chiens, assurer leur sécurité ou prévenir les collisions. Elle ne doit donc pas devenir un moyen électronique destiné à suivre le gibier, à anticiper son passage ou à guider un chasseur vers l’animal poursuivi. Des prescriptions particulières peuvent également être prévues dans le schéma départemental de gestion cynégétique. Chaque chasseur devra donc continuer à consulter les règles applicables dans son département. Enfin, lorsqu’un véhicule est utilisé pour récupérer un chien, les règles de transport des armes restent pleinement applicables. L’arme doit être déchargée et non approvisionnée, puis placée sous étui ou démontée. Un arc doit être débandé ou placé sous étui.
Une avancée pour les chasseurs et leurs chiens
Ces modifications ne révolutionnent pas les pratiques. Elles mettent surtout la réglementation en conformité avec la réalité du terrain et avec des impératifs évidents de sécurité. Les chasseurs utilisaient déjà les talkies-walkies pour communiquer pendant les battues au grand gibier. Il était difficilement compréhensible que le même outil soit interdit lors d’une battue au renard ou d’autres actions nécessitant une coordination comparable. Il en va de même pour les GPS. Attendre théoriquement la fin de l’action de chasse avant de vérifier qu’un chien ne se dirige pas vers une route très fréquentée revenait à priver cet équipement de l’une de ses principales fonctions. En légalisant clairement ces usages tout en maintenant des limites précises, l’arrêté reconnaît enfin que la technologie peut être mise au service d’une chasse mieux organisée, plus responsable et surtout plus sûre.












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