Cerf décapité chez Luc Besson : l’accusation contre les chasseurs repose-t-elle sur quelque chose ?

Cerf élaphe

Un cerf décapité a été retrouvé dimanche 20 septembre à proximité de la propriété de Luc Besson, dans l’Orne. Le réalisateur a immédiatement accusé les chasseurs sur les réseaux sociaux. Problème : à ce stade, rien ne permet d’établir qu’ils sont responsables de cette nouvelle affaire.

Luc Besson accuse, sans preuve

La scène est forcément marquante. Dimanche 20 septembre, alors que la chasse ouvrait officiellement dans l’Orne, un cerf décapité a été retrouvé aux abords de la propriété de Luc Besson. Le réalisateur s’est empressé de publier une photo du cadavre sur le réseau social X, en faisant directement le lien avec l’ouverture de la chasse. « Après avoir égorgé un cerf sous les yeux de ma mère, l’année dernière, la chasse est à nouveau ouverte ! Maintenant, ils décapitent les cerfs devant chez moi et laissent pourrir les corps. Et on ose parler de la « noblesse » de la chasse ? », écrit-il.

Un conflit entre le cinéaste et les chasseurs existant depuis plusieurs années

Une sortie qui ravive immédiatement le conflit qui oppose depuis plusieurs années le cinéaste aux chasseurs et aux agriculteurs de l’Orne. Mais un élément essentiel mérite d’être rappelé : aucun élément rendu public ne permet, à ce stade, d’affirmer que des chasseurs sont à l’origine de ce cerf décapité. Les chasseurs locaux nient d’ailleurs toute implication dans les faits rapportés. Autrement dit, le cadavre est bien réel, la photo publiée par Luc Besson est bien réelle, mais l’identité de celui ou ceux qui ont tué puis décapité l’animal reste inconnue.

Une accusation qui tombe à point nommé

Le contexte explique évidemment pourquoi cette affaire prend immédiatement une tournure particulière. La chasse a ouvert dans l’Orne le 20 septembre 2026, et Luc Besson entretient depuis longtemps des relations extrêmement tendues avec le monde cynégétique local. Mais transformer cette proximité temporelle en preuve serait un raccourci. Un cerf retrouvé décapité le jour de l’ouverture ne signifie pas automatiquement qu’un chasseur l’a tué, encore moins qu’il l’a volontairement laissé devant la propriété du réalisateur. Le procédé mérite donc d’être regardé avec un minimum de recul : une image particulièrement forte, une accusation particulièrement lourde, mais aucune preuve publique permettant pour l’instant de relier les deux.

Si c’est un acte de braconnage, la situation est différente

Et c’est précisément là que l’affaire devient intéressante. Car si quelqu’un a réellement voulu provoquer Luc Besson en abandonnant la dépouille de l’animal à proximité de sa propriété, il faudra le démontrer. Si le cerf provient d’un acte de braconnage, la situation est évidemment tout autre. Et si les faits n’ont aucun rapport avec les chasseurs locaux, leur attribuer cette mise à mort serait tout simplement une accusation sans fondement.

Un précédent bien réel, mais qui ne prouve rien cette fois-ci

Le conflit entre Luc Besson et certains chasseurs de l’Orne n’est toutefois pas imaginaire. En février 2025, un cerf poursuivi par des chiens avait pénétré sur sa propriété. Ce dernier avait été tué à la dague à proximité de son habitation, sous les yeux de sa mère. Deux hommes ont ensuite été condamnés dans cette affaire, avec notamment un retrait de leur permis de chasse et des dommages et intérêts. Cette affaire explique la colère du réalisateur et le contexte particulièrement électrique autour de sa propriété. Elle ne permet cependant pas de tirer automatiquement les mêmes conclusions pour le cerf découvert dimanche. La Fédération Nationale des Chasseurs avait d’ailleurs déjà dû rappeler en 2025 qu’une battue coordonnée organisée autour de la propriété de Luc Besson était une chasse à tir encadrée par l’administration et l’OFB, et qu’elle ne devait pas être assimilée à de la chasse à courre.

Qui a tué ce cerf ?

C’est finalement la seule question qui vaille aujourd’hui. Qui a tué ce cerf, pourquoi a-t-il été décapité et pourquoi sa dépouille a-t-elle été retrouvée à cet endroit ? Tant que ces questions restent sans réponse, il est impossible de désigner les chasseurs comme responsables. Et si une enquête permet finalement d’établir qu’un chasseur est impliqué, il devra évidemment répondre de ses actes. Mais l’inverse est tout aussi vrai : on ne peut pas condamner toute une communauté sur la base d’une photo et d’une supposition. Luc Besson est parfaitement libre de dénoncer ce qu’il considère comme une provocation. Mais entre dénoncer un fait et désigner son auteur, il y a une différence de taille. Dans cette affaire, elle n’est pour l’instant pas près d’être comblée.

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Né en 2005, Liluan Sérazin est originaire de Loire-Atlantique, au cœur de la Brière. Fraîchement diplômé du Centre Nantais de Journalisme, il a collaboré avec des médias du groupe actu.fr et plus récemment avec Presse Océan. Chasseur passionné depuis tout petit, c’est le petit gibier à plume qui l’intéresse, notamment le gibier d’eau, le pigeon à l’affût et la bécasse, qu’il traque avec ses deux springers spaniels. Il va mettre ses connaissances cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur.

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