Perdrix : les chasseurs des Hauts-de-France misent sur les CIPAN semées avant moisson

Vol de perdrix grises

Dans les plaines des Hauts-de-France, les chasseurs s’organisent pour redonner des chances au petit gibier. Les fédérations départementales, sous l’impulsion de la fédération régionale, proposent à leurs adhérents une opération concrète : semer des cultures intermédiaires avant la moisson, une pratique simple, économique et bénéfique pour la faune.

Les CIPAN, un outil agronomique au service de la faune

Derrière cet acronyme, CIPAN, se cache une réalité bien connue du monde agricole : les Cultures Intermédiaires Pièges à Nitrates. À l’origine, ces couverts végétaux sont implantés entre deux cultures principales pour limiter les fuites de nitrates dans les sols. Mais sur le terrain, leur intérêt va bien au-delà. Lorsqu’elles sont semées tôt, ces cultures offrent un couvert végétal immédiat, essentiel pour de nombreuses espèces de plaine. C’est précisément sur ce levier que s’appuient les chasseurs.

Semer avant la moisson pour préserver les habitats

Le principe est simple : semer à la volée ces CIPAN avant même la récolte. Cette technique permet de conserver les chaumes en place plus longtemps, évitant une perturbation brutale des parcelles. Pour la faune, l’effet est immédiat. Les jeunes perdrix, faisans ou lièvres trouvent rapidement un couvert pour se dissimuler et se nourrir. Ce maintien d’un habitat fonctionnel en pleine période sensible est déterminant. Autre avantage : l’absence de déchaumage permet de conserver l’humidité du sol, favorisant la levée rapide des couverts.

Une réponse concrète à la chute du petit gibier

Dans un contexte de déclin des espèces de plaine, ces initiatives prennent tout leur sens. La disparition rapide des chaumes après moisson modifie profondément l’usage des parcelles par la faune. En retardant cette rupture brutale et en offrant un couvert immédiat, les CIPAN semées en pré-moisson permettent de recréer des conditions plus favorables à la survie des jeunes. Un point clé pour des espèces comme la perdrix, particulièrement dépendantes de la qualité des milieux.

Une solution simple et économique

Au-delà de l’intérêt écologique, la méthode présente aussi des avantages pratiques. Le semis à la volée évite un passage de déchaumage puis de semis classique, ce qui réduit les coûts et la consommation de carburant. Dans le contexte actuel, cet argument pèse. Les semences sont par ailleurs mises à disposition gratuitement par les fédérations, sous réserve du respect de certains engagements, notamment la réalisation du semis avant moisson et le maintien des chaumes.

Un dispositif soutenu et encadré

Cette action s’inscrit dans un cadre plus large, avec le soutien de la Région Hauts-de-France et de l’éco-contribution portée par Office français de la biodiversité et la Fédération Nationale des Chasseurs. Les chasseurs intéressés sont invités à se rapprocher de leur fédération départementale, dans la limite des stocks disponibles.

Redonner un habitât au petit gibier

Sur le terrain, ces opérations illustrent une réalité souvent méconnue : la gestion du petit gibier passe d’abord par l’amélioration des habitats. Les CIPAN semées avant moisson ne régleront pas tout. Mais elles apportent une réponse concrète, immédiate et adaptée aux contraintes agricoles actuelles. Un levier simple, mais efficace, pour redonner un peu d’espace à la perdrix dans des paysages qui lui en laissent de moins en moins.

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Une réponse à “Perdrix : les chasseurs des Hauts-de-France misent sur les CIPAN semées avant moisson”

  1. Jean Michel VANDEVILLE

    Excellente initiative…
    Mais le problème de la perdrix reste le manque de nourriture à la naissance des jeunes…plus d’insectes,plus de protéines…plus de perdreaux !

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