Le Conseil d’État a rejeté les recours dirigés contre les arrêtés encadrant la chasse aux pantes des alouettes dans le Sud-Ouest. Pour la Fédération nationale des chasseurs, cette décision constitue une étape importante pour l’avenir des chasses traditionnelles, après plusieurs années de contentieux.
Une décision qui ouvre une nouvelle étape pour les chasses traditionnelles
La Fédération nationale des chasseurs se réjouit de la décision du Conseil d’État rejetant les recours dirigés contre les arrêtés encadrant la chasse aux pantes des alouettes dans le Sud-Ouest. Après plusieurs années de contentieux, la FNC considère cette décision comme une étape importante pour l’avenir des chasses traditionnelles. Selon son communiqué, cette évolution de la jurisprudence confirme que le droit européen ne condamne pas ces pratiques par principe, dès lors qu’elles respectent les conditions strictes fixées par la directive européenne « Oiseaux ». Le Conseil d’État considère ainsi que les arrêtés contestés répondent aux exigences européennes, notamment parce qu’il n’existe pas d’autre solution satisfaisante et que la pratique est exercée de manière sélective et en petites quantités.
Une chasse soumise à des quotas et à des contrôles
La Fédération met également en avant le cadre dans lequel cette chasse est pratiquée. À l’échelle européenne, l’alouette des champs demeure classée en « préoccupation mineure », le statut le plus favorable documenté. Pour la campagne 2025-2026, le plafond des prélèvements aux pantes avait été fixé à 98 702 alouettes, soit moins de 1 % de la mortalité annuelle moyenne des 106 millions de spécimens en Europe estimés par l’UICN. La pratique est par ailleurs soumise à des autorisations individuelles, une formation obligatoire, des quotas et des contrôles. Sa sélectivité a également été documentée par deux années d’expérimentations menées sur le terrain sous le contrôle des préfectures.
L’absence d’alternative au cœur du dossier
La question des solutions alternatives occupait également une place centrale dans le dossier. Pour la FNC, le caractère traditionnel d’une chasse ne suffit pas à lui seul à justifier une dérogation européenne : l’existence d’une alternative doit être appréciée au regard de la finalité réelle de la pratique. La Fédération estime ainsi que la chasse à tir ne peut pas être considérée comme strictement équivalente, pas plus que l’élevage d’oiseaux. Elle rappelle que « la chasse aux pantes ne se résume pas au simple prélèvement d’une alouette », mais repose sur un savoir-faire transmis de génération en génération, comprenant notamment la préparation des installations, le maniement des filets, l’utilisation des appelants, ainsi que l’observation et la connaissance du comportement des oiseaux.
La FNC revendique plusieurs années de travail
Pour la Fédération nationale des chasseurs, cette décision est le résultat d’un travail engagé depuis plusieurs années avec les fédérations de Gironde, des Landes, du Lot-et-Garonne et des Pyrénées-Atlantiques, ainsi qu’avec les services du ministère. La FNC indique vouloir continuer à répondre aux attaques des associations anti-chasse « sur le terrain du droit, de la science et des faits ». Elle estime que cette décision montre que des pratiques cynégétiques traditionnelles, profondément ancrées dans le patrimoine culturel de certains territoires, peuvent continuer à y être pratiquées dans le respect du cadre juridique européen.
« Nous avons choisi la patience, le travail et la démonstration par les faits »
Le président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen, salue cette décision en rappelant le travail réalisé depuis 2021 pour faire évoluer les textes et renforcer les justifications scientifiques et juridiques. « Face à tous ceux qui souhaitaient voir disparaître définitivement les chasses traditionnelles, nous avons choisi la patience, le travail et la démonstration par les faits », affirme-t-il. Il ajoute : « Depuis 2021, après chaque décision défavorable, il aura fallu améliorer les textes, approfondir leur justification, conduire de nouvelles expérimentations, contrôler et apporter les éléments scientifiques attendus. » Pour le président de la FNC, ce travail collectif commence désormais à porter ses fruits : « Continuons à défendre nos chasses traditionnelles, si précieuses pour nos identités locales, avec fierté et détermination. Je suis heureux pour les chasseurs qui font vivre ces traditions et pour la préservation de ce patrimoine culturel ! »











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