Le programme de renforcement du grand tétras dans le massif des Vosges est-il en train d’être sacrifié sous la pression de ses opposants ? Chasseur-naturaliste, photographe animalier, journaliste cynégétique et auteur d’un ouvrage consacré au grand tétras, Patrick Zabé interpelle directement la ministre de la Transition écologique. Il conteste les arguments avancés contre le programme, s’interroge sur l’influence de Vincent et Michel Munier et défend la poursuite d’une opération qu’il considère comme celle de « la dernière chance » pour l’oiseau dans le massif vosgien. So Chasse publie sa lettre ouverte dans son intégralité, sans en modifier une ligne.
LETTRE OUVERTE À MADAME LA MINISTRE DE LA TRANSITION ÉCOLOGIQUE
QUAND LA BIEN PENSANCE PREND LE PAS SUR LA SCIENCE
Madame la Ministre par la présente, je sollicite votre bienveillante attention concernant le renforcement de population de grand tétras et votre dernière entrevue avec M. Vincent Munier qui fait quelques remous dans les milieux spécialisés. Le ministère de la transition écologique serait-il donc aujourd’hui soumis à la bien pensance et au service du clientélisme ? Certains tétraoseptiques ont décidé pour diverses raisons souvent obscures que ce projet de renforcement de population de grand tétras dans le massif des Vosges n’avait pas lieu d’être. Michel et Vincent Munier et d’autres associations comme SOS massif des Vosges mettent en avant un taux de mortalité élevé des grands tétras relâchés en oubliant que le grand coq de bruyère est naturellement une espèce « proie ». C’est un comble, alors que ces gens sont foncièrement contre le contrôle de la prédation et osent utiliser l’argument de la mortalité pour justifier leur position à l’encontre du renforcement de population de grand tétras. Ils nous parlent de la dégradation des forêts en raison du réchauffement climatique, on veut bien l’entendre, mais sur quelles bases scientifiques se permettent-ils cette affirmation ? À savoir que 80 % des poussins meurent dans les 7 premiers mois de l’année et que l’espérance de vie des adultes est de deux ans. Ce qui veut dire que le déroulement de l’opération de renforcement se passe le plus naturellement possible malgré le manque de contrôle des mésoprédateurs et le faible nombre d’oiseaux réintroduit. Comment peut-on conclure, de la sorte, une expérience sans avoir concédé le moindre bilan.
Il aura fallu quatre années pour préparer, présenter, peaufiner, oser et lancer l’opération de renforcement de population de grands tétras. Puis, aujourd’hui sur un coin de table, sur un simple coup de tête sans préparation préalable, Madame la ministre de la transition écologique vous décidez de mettre fin au projet sans aucune discussion avec tous les protagonistes. Devons-nous comprendre que vous avez eu la faiblesse de céder au lobbying de la famille Munier et à leurs argumentaires idéologiques trouvant leurs sources dans l’animalisme et l’antispécisme. On a toujours la liberté de donner un avis comme celui de Michel Munier, mais il reste toutefois qu’une opinion, d’autant plus que sa valeur publique peut être remise en question. Si elle n’a rien de scientifique elle est dans ce cas subordonnée par la notoriété des deux personnages récompensés par un oscar pour leur film. L’émotion dégagée se transforme en une réalité subtile qui devient une propagande subliminale. Le public totalement conquis suit alors leurs subtiles paroles sans se poser plus de questions, la mayonnaise a pris, à partir de cet instant tous leurs propos deviennent des vérités absolues.
Il est anormal que Miche et Vincentl Munier se présentent comme des spécialistes du grand tétras en ignorant que ces galliformes vivent aussi dans le sud de l’Europe où ils ont su s’acclimater aux chaleurs méditerranéennes plus qu’à leur taux d’enneigement. En France, les Pyrénées-Orientales sont un bel exemple des facultés adaptatives de l’oiseau. Dixit Michel Munier : « Il y a une part d’orgueil, d’ego ou d’impérialisme qui nous pousse à croire que l’on peut décider de remettre des oiseaux qui vivent dans le froid à l’intérieur de pays chauds. » Pour Vincent et Michel Munier ce projet est considéré comme orgueilleux, et non démocratique. Il est bon de rappeler que toute initiative de ce type est toujours audacieuse et dépend impérativement de décisions ou d’accords scientifiques finales avec une participation collégiale de tous les protagonistes. En ce qui concerne l’aboutissement et la validation du projet, toutes les communautés scientifiques malgré parfois quelques réticences et débats houleux, avaient donné leur accord. Dès lors, le gouvernement norvégien avait décidé de nous faire cadeau des oiseaux et de s’engager sur le programme des reprises pour une durée de 5 ans. Tout cela, les deux photographes tétraoseptiques se gardent bien de la rappeler dans leurs discours biaisés, il est évident que certaines vérités ne serviraient leur cause ! Tout ceci, frise une certaine malhonnêteté intellectuelle et une partialité insoutenable.
Ainsi, depuis 2020 à 2024, période de l’élaboration, finalisation et approbation du projet, puis 2024, 2025 et 2026, des équipes techniques du PNR du Ballon des Vosges, de l’Office français de la biodiversité (OFB), du parc animalier de Sainte-Croix, de l’UICN et du Conservatoire d’espaces naturels de Lorraine se sont rendues en Norvège pour capturer des individus et les relâcher dans la réserve du Grand Ventron. Les associations environnementales locales ont qualifié la poursuite du programme comme un « acharnement » sur l’espèce. Elles n’ont toujours pas intégré que durant ces trois dernières années ont été acquises plus de connaissances qu’en 25 années avec les travaux du Groupe Tétras Vosges, alors que cette association avait pour but de suivre et protéger le grand tétras. Le grand tétras est considéré comme une espèce parapluie, car par sa simple présence, il indique un habitat de qualité, accompagné d’un florilège d’espèces animales et végétales partageant toutes le même écosystème.
Le ministère par la présente confirme ses funestes intentions : « Le retour d’expérience dont nous disposons à ce stade sur la mortalité des individus déplacés, ainsi que les informations disponibles sur l’évolution de l’habitabilité du massif des Vosges à moyen et long terme au regard de la trajectoire de réchauffement de référence pour l’adaptation au changement climatique, nous conduisent à prévoir l’achèvement du programme à l’issue de sa période de validité actuelle ». Super l’ambiance, c’est une drôle de façon de remercier le gouvernement norvégien qui nous avait fait confiance jusqu’à présent en nous faisant don des oiseaux et investi financièrement dans l’appui technique des campagnes de capture. Va-t-il maintenant nous demander un dédommagement à la hauteur des frais engagés pour les captures et l’organisation locale déroulée ces 3 dernières années ? Si l’état français décide d’abandonner ce projet, ce serait scandaleux, car nous prendrions l’état norvégien à revers, alors que ses autorités compétentes nous avaient appuyé jusqu’à maintenant, continuera-t-il à le faire jusqu’en 2029 tel qu’il était prévu ?
Chose troublante en ce qui concerne l’abandon du projet, Vincent Munier et SOS massif des Vosges annoncent qu’il est immédiat et prend donc fin avec la campagne de captures de 2026, alors que le ministère donne une réponse plutôt trouble en notifiant que le projet de renforcement s’arrêterait bien à la date prévue soit au printemps 2029. Les ONG vertes militent pour l’arrêt immédiat du renforcement, seraient-elles donc prêtes à pousser leur logique jusqu’au bout en indemnisant le gouvernement norvégien pour tous les frais engagés depuis 3 ans ? Là est la question, car il y a rupture du contrat ! Le ministère n’est pas clair sur la question, car selon l’annonce faite cela voudrait dire que vous dénoncez l’échéances du programme en stoppant immédiatement les opérations de translocation. De quel droit tous ces gens se permettent-ils de nous imposer la vision d’une écologie totalitaire et punitive ? Un photographe si talentueux soit-il ne peut se substituer à un scientifique même sous prétexte d’avoir eu l’honneur de monter les marches de la Croisette et d’amener à sa suite tout le troupeau de « moutons » ébahi par la sensibilité d’un film, si magnifique soit-il, les émotions suggérées masquent certaines réalités et vérités. Ce film ne traduit qu’une vision idéaliste des photographes et répond parfaitement à l’attente d’un public rêvant du monde des bisounours. Revenons sur terre, la nature ne fait aucun sentiment, le plus fort mange toujours le plus faible !
Les arguments énoncés peuvent être démentis à tout moment, ci-dessous la démonstration en quelques lignes.
Le réchauffement climatique est un argumentaire qui ne tient pas, c’est un concept à la mode, mais qui n’a toujours pas été démontré scientifiquement comme étant à l’origine du déclin des populations de grands tétras ou de gélinottes des bois. Au cours des 20 000 dernières années, l’oiseau a passé des périodes chaudes et des périodes froides, cela ne l’a pas empêché de se maintenir dans nos contrées jusqu’à aujourd’hui. Le grand tétras vit aussi dans des pays méditerranéens, contrairement à ce que disent Michel et Vincent Munier, il n’est pas inféodé qu’à la zone boréale, on le trouve dans le sud de l’Europe et sa répartition géographique englobe, la Grèce et les Balkans (Tetrao urogallus rudolfi), les Pyrénées espagnoles et la Cordillère Cantabrique (Tetrao urogallus aquitanus et Tetrao urogallus cantabricus). En réalité, pour pouvoir vivre et assurer la pérennité de son espèce, le grand tétras a surtout besoin d’une vieille forêt suffisamment vaste et bien structurée plutôt qu’un enneigement important.
Compte tenu des investissements humains et financiers réalisés pour réintroduire les grands tétras norvégiens en France, un contrôle drastique de la prédation aurait dû être exercé au préalable sur le site de lâcher. Ce sujet est tabou dans notre pays alors que tous nos voisins allemands, belges, écossais, espagnols et Polonais l’ont intégré dans leur programme de renforcement de population — de grand tétras et du tétras-lyre pour la Belgique —, de réintroduction et d’élevage « Born to be free ». La régulation des mésoprédateurs est une action élémentaire à réaliser avant toute initiative et tentative de réintroduction. Nous avons le devoir d’offrir les conditions d’accueil optimales aux animaux. Tous les pays l’ont compris sauf les naturalistes français restant obstinément emmurés dans leur idéologie et leur sacro-saint dogme anti-interventionniste. Il y a parfois des choses qui semblent pourtant logiques alors qu’elles devraient être comprises par tout le monde. À ce niveau-là, cette politique de l’autruche a non seulement un coût exorbitant, mais ne respecte pas le bien-être animal. Rappelons-le, nous avons fait un choix, celui de sauver une espèce en voie d’extinction déjà bien fragilisée localement. La régulation des mésoprédateurs ne met aucunement ces espèces en danger par contre elle assure une meilleure survie des oiseaux transloqués.
Cette année les grands tétras ont une fois de plus démontré leur exceptionnelle faculté d’adaptation quoiqu’en disent les associations environnementales. La réserve du Grand Ventron est bien un hôtel 5 étoiles pour le grand coq de bruyère. La réussite d’une nichée et les retrouvailles d’une poule qui avait totalement disparu depuis deux ans nous laisse une belle surprise. De plus elle a été observée, accompagnée de sa progéniture, c’est un véritable pied de nez pour les ONG vertes qui n’ont eu de cesse de critiquer, de s’opposer au projet de Parc naturel régional des Ballons des Vosges. Une autre femelle issue du programme, surnommée Nora, a par ailleurs été photographiée le 25 juillet 2026, plus de 820 jours après son lâcher. Des pièges photographiques avaient également enregistré au moins deux jeunes, un mâle et une femelle, quelques jours auparavant. Ce ne sont pas les lâchers homéopathiques totalisant 33 oiseaux sur 3 ans qui peuvent changer les choses, il en faudra beaucoup plus ! Mais l’espèce vient de nous démontrer qu’elle s’accroche, que le milieu est potentiellement favorable et que tout est possible.
Dans la nature 80 % des poussins disparaissent dans les 7 mois suivant leur naissance et l’espérance de vie des adultes n’est que de deux ans. Faites le calcul et vous comprendrez que ce qui s’est passé au Grand Ventron depuis le début du renforcement (2024) est tout ce qu’il y a de plus normal dans un milieu naturel. Alors, gardons espoir et surtout ne tuons pas le poussin dans l’œuf ! La balle est dorénavant dans le camp du ministère de la transition écologique qui finance et qui j’espère tiendra compte des bonnes nouvelles plutôt que d’écouter les doléances idéologiques de certaines personnalités, des cris d’orfraie d’associations environnementales locales et d’un argumentaire plus que douteux de deux photographes, qui en « tête de file » osent critiquer le courageux et nécessaire projet de translocation. Le PNR des Ballons des Vosges défend plus que jamais le programme, alors que fait-on ?
Contrairement à ce que peut dire Jean Poirot, président de l’association Tétrarchives, ce projet n’a rien de prématuré, il n’a tout simplement pas pris en compte l’incidence de la prédation. Ce qui est inadmissible sur un tel projet, d’autant plus que les raisons sont dogmatiques et idéologiques. Pour s’assurer la mise en place du projet de renforcement de population de grand tétras, des tractations ont eu lieues dans les coulisses entre les parties opposées au projet et le parc.
Il est bon toutefois de remettre quelques pendules à l’heure en suggérant la responsabilité de certaines personnes :
Comme son nom l’indique, le GTV (groupe tétras Vosges) est censé protéger le grand tétras et la gélinotte des bois, depuis 1979 année où l’association avait été fondée par Norbert Lefranc, Christian Kempf et Jean-Jacques Pfeffer. Michel Munier un des piliers actuels de l’association n’avait rejoint le groupe que trois ans plus tard. Que dire d’une association qui laisse s’éteindre, sans rien tenter la sous-espèce de gélinottes des bois (Tetrastes bonasia rhenana) — encore présente à l’état relictuel dans les Vosges Moyennes, alors qu’elle est considérée comme éteinte en Forêt-Noire où quelques individus sont encore détenus en captivité —, ne rien tenter uniquement par dogme et par l’idéologie du non-interventionnisme, et du « laisser faire » la nature est incompréhensible et inadmissible ! L’homme doit réparer ses erreurs.
En 1995, lors d’une assemblée du GTV, Jean-Jacques Pfeffer (représentant français de l’UICN (L’Union internationale pour la conservation de la nature) avait déjà proposé de réaliser la translocation d’oiseau pour lutter contre une consanguinité évidente compte tenu du faible nombre d’individus encore présents, ce que confirmera plus tard les études génétiques. L’idée de déplacer des oiseaux avait été aussitôt rejetée par le Groupe tétras Vosges. Michel Munier véritable mentor de l’association n’étant alors pas convaincu de l’utilité des études génétiques sur ces espèces.
Par ailleurs, une autre association constituée de professionnels (forestier, directeur de zoo, vétérinaire et chasseurs) s’était créée. Ses membres estimaient qu’il y avait urgence à intervenir avant l’extinction du grand tétras du massif des Vosges, SOS Tétras était née et son programme de réhabilitation de l’espèce avait même obtenu le Prix du Rameau d’argent en 2007, distribué par le célèbre Ordre allemand Silberne Bruche. En 2007-2008 et 2009, SOS Tétras avait déjà rencontré quelques problèmes avec le GTV lors d’un programme de réintroduction sur le massif du Schneeberg. Le lâcher des oiseaux était totalement réalisé sur des fonds privés. Suite aux pressions du groupe tétras Vosges, entraînant à sa suite la LPO Alsace et le conseil scientifique régional du patrimoine naturel Alsace, l’ONF avait interdit toute réintroduction d’urogalles dans la forêt domaniale d’Engenthal dont le milieu avait été jugé pourtant très favorable. Cette étude avait été réalisée par des membres de l’association qui comptait bon nombre de forestiers de l’administration. Il fallait trouver rapidement une solution, les oiseaux ont donc recouvré la liberté au lieu-dit : les fermes du Schneeberg », sur les communes de Wangenbourg — Engenthal. Les tétras ont donc été libérés dans une zone beaucoup moins favorable que la forêt domaniale d’Engenthal. Pour ceux qui prônent la philosophie du bien-être animal, c’est plutôt contradictoire d’envoyer au « casse-pipe » des oiseaux issus d’élevage avec une espérance de vie de 3 mois.
Outre la demi-douzaine de poules indigènes connues, d’autres grands tétras autochtones sont encore observés de temps à autre ; ainsi un coq a été rencontré en août 2026 en Forêt domaniale de champ sur les communes de Biffontaine, Bois-de-Champ, La Chapelle-devant-Bruyères et L’Houssière. En 2025 un coq sur les hauteurs de Saulxures-sur-Moselotte est encore observé par des chasseurs et un autre mâle est levé au cours d’une partie de chasse dans le massif du Donon sur la commune de Luvigny (peut-être était-il un rescapé ou descendant des oiseaux lâchés par SOS TÉTRAS entre 2007 et 2009). Certaines de ces observations n’ont pas été retenues et encore moins vérifiées par le groupe tétras Vosges, il est évident que si ces observations avaient été retenues, elles viendraient contredire toutes les remarques négatives à l’encontre du projet.
Cette association censée protéger et assurer le maintien de l’espèce, annonce ouvertement aujourd’hui qu’elle est opposée à l’opération de renforcement et s’élève contre le coût exorbitant engagé pour celle-ci. C’est un comble ! Alors que le GTV a profité grassement durant des années (1980 à aujourd’hui) de subventions et d’aides diverses pour rémunérer, défrayer ses intervenants et chargés de mission pour quel résultat ? Quelques hectares de forêts remis en état, mais à quoi sert un hôtel 5 étoiles s’il n’y a plus de client ? À titre d’information : Le GTV revendiquait (lors d’une réunion du Collectif inter associatif tétras, à Colmar en février 2007) son rôle d’expert du tétras et refusait catégoriquement tout rôle militant. Il est en effet le seul expert reconnu par l’ONF. Le président de l’époque du GTV pensait que tous les renseignements relatifs au tétras devaient parvenir au groupe pour les analyser et permettre ensuite de donner des conseils circonstanciés.
À ce stade-là, ce n’est plus de l’hégémonie, mais cela relève plutôt de l’inquisition. Avec un peu de recul, force est de constater que le GTV a toujours voulu garder la main mise sur l’oiseau. La défense du grand tétras a parfois frôlé le conflit inter associatif où la représentativité et les intérêts d’une association spécialisée sont devenus plus importants que la cause qu’elle est censée défendre. Le grand tétras fait partie de notre patrimoine naturel et représente l’esprit de nos vieilles forêts. Pour beaucoup, il évoque un animal imaginaire, car très peu l’ont en réalité rencontré, il est le symbole de la sauvagerie de nos forêts vosgiennes. Cet oiseau n’a pas à appartenir à une association, aussi louable que soit son esprit et ses actes associatifs. C’est peut-être pour toutes ces raisons que le GTV a toujours désavoué toutes les initiatives provenant d’autres associations, ce groupe préfère vraisemblablement voir disparaître l’oiseau plutôt que de partager son réel retour ? C’est à se poser la question !
Le fer de lance de toutes ces frondes ne tient en fait qu’au charisme d’un membre représentant l’ossature du groupe, voire au total à trois personnes où l’égocentrisme de cette petite poignée d’individus. Et si ces gens s’étaient trompées sur toute la ligne ? Indubitablement leur bilan les accable. Cette insurrection idéologique, ne serait-elle pas la tentative de sauvetage d’un bilan négatif, s’identifiant à un échec personnel d’une vie de naturaliste impliqué, aujourd’hui il est intimement, voire en partie responsable de la disparition irréversible de l’oiseau antédiluvien ? Toute cette agitation n’est que le baroud d’honneur d’un ornithologue dont toutes les actions sur le terrain n’auraient en fin de compte servi à rien sur ce qu’il avait de plus précieux… l’oiseau-forêt. Peut-être que la création d’un film à succès et un livre sur le sujet amèneront un peu de lumière sur un bilan personnel en demi-teinte ?
Quoi qu’il en soit le retour du grand tétras est toujours possible jusqu’à preuve du contraire et les derniers évènements donneraient plutôt raison à cette hypothèse. La partie est certes loin d’être gagnée, mais cette reproduction réussie en 2026 arrive à point nommé et déstabilise quelque peu, la vindicte de la partie adverse. C’est l’opération de la dernière chance, encore faut-il s’en donner les moyens et avoir la réelle volonté de l’assumer. Ce n’est donc pas à une poignée de naturalistes intégristes de décider du sort de l’oiseau. Des opérations similaires ont lieu actuellement en Europe et aucune d’elles n’a soulevé autant d’animosité.
« LE GRAND TÉTRAS MESURE L’ÉQUILIBRE DE NOTRE NATURE » Robert Hainard
Patrick Zabé, chasseur-naturaliste engagé, photographe animalier et journaliste travaillant pour la presse cynégétique depuis 1993, auteur de nombreux ouvrages et notamment d’une monographie sur le grand tétras qui a obtenu le prix littéraire et audiovisuel Connaissance de la chasse en 2018.












Laisser un commentaire