Fontainebleau : la préfecture dément une nouvelle rumeur visant à salir les chasseurs

Incendie Fontainebleau

Après des coups de feu entendus près du massif de Fontainebleau, la rumeur d’une reprise de la chasse s’est rapidement propagée. La préfecture de Seine-et-Marne a dû intervenir pour rétablir les faits : aucun chasseur n’était présent. Un lieutenant de louveterie avait simplement été chargé d’abréger les souffrances d’une biche et d’un daguet gravement blessés. Il aura suffi de quelques coups de feu pour que la machine à rumeurs se remette en marche autour de la forêt de Fontainebleau.

Une fausse rumeur visant la chasse

Jeudi 6 août, plusieurs habitants ont cru qu’une action de chasse était organisée à proximité du massif, pourtant durement touché par l’incendie de la mi-juillet. L’information a rapidement circulé et suscité de nouvelles réactions autour d’une supposée reprise des activités cynégétiques. La préfecture de Seine-et-Marne a finalement été contrainte de publier une mise au point particulièrement claire.

« Aucun chasseur n’était présent »

« Contrairement à certaines informations relayées, aucun chasseur n’était présent (…) dans le cadre d’une action de chasse en forêt de Fontainebleau », précise la préfecture. En réalité, les coups de feu provenaient de l’intervention d’un lieutenant de louveterie, auxiliaire bénévole de l’État. Celui-ci avait été sollicité afin d’abréger les souffrances de deux cervidés gravement blessés, une biche et un daguet décrits comme agonisants. L’opération avait été demandée par la Direction départementale des territoires après consultation de l’Office français de la biodiversité. Elle ne constituait donc en aucun cas une action de chasse.

Une intervention annoncée aux habitants

Les communes du Vaudoué et d’Achères avaient d’ailleurs prévenu leurs administrés de cette intervention afin d’éviter toute inquiétude provoquée par d’éventuelles détonations. Cela n’a manifestement pas suffi. Dans le climat particulièrement tendu qui entoure actuellement la chasse dans les massifs touchés par les incendies, l’intervention a rapidement été interprétée par certains comme la preuve d’une reprise des tirs. Une confusion d’autant plus surprenante que l’opération s’est déroulée au niveau du Grand Parquet, dans un secteur qui n’a pas été touché par l’incendie et qui se situe hors de la forêt domaniale de Fontainebleau. Le secteur concerné demeure par ailleurs accessible au public.

Quand deux animaux agonisants deviennent une « partie de chasse »

L’épisode illustre une nouvelle fois la facilité avec laquelle une information incomplète peut se transformer en accusation contre les chasseurs. Depuis l’incendie ayant parcouru environ 2 200 hectares du massif de Fontainebleau à la mi-juillet, plusieurs associations de protection animale réclament en effet un moratoire sur la chasse afin de laisser du répit à la faune sauvage. Dans ce contexte, le moindre coup de feu semble désormais susceptible d’être présenté comme la preuve que les chasseurs seraient déjà revenus dans les secteurs sinistrés. Les faits établis par les services de l’État racontent pourtant une tout autre histoire : il ne s’agissait pas de chasseurs venus prélever du gibier, mais d’un lieutenant de louveterie missionné pour mettre fin aux souffrances de deux animaux condamnés.

Aucune décision de reprise de la chasse

La préfecture rappelle également qu’aucune décision concernant la reprise de la chasse dans les secteurs incendiés n’a, à ce jour, été prise. « La gestion de la chasse dans les secteurs sinistrés sera examinée en temps utile, au cas par cas, sous l’autorité des préfets concernés et en concertation avec les acteurs compétents », précise-t-elle. Les arrêtés fixant l’ouverture de la chasse doivent être publiés au mois de septembre. Quant au massif de Fontainebleau, il reste soumis à d’importantes restrictions d’accès en raison de la sécheresse, des fortes chaleurs et des conséquences de l’incendie. Les interdictions concernent notamment les Trois Pignons ainsi que plusieurs forêts domaniales du secteur.

Un comité exceptionnel après l’incendie

L’Office national des forêts prévoit également de réunir en octobre un comité de pilotage exceptionnel afin de dresser un état des lieux de la situation du massif après l’incendie. Faune, végétation, sécurité, accueil du public et activités forestières devront notamment être examinés. D’ici là, cet épisode aura au moins permis de rappeler une chose : entendre un coup de feu en forêt ne signifie pas nécessairement qu’une action de chasse est organisée. Et avant de désigner une nouvelle fois les chasseurs comme responsables, encore faut-il vérifier ce qui s’est réellement passé.

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Né en 1973, Frédéric Buszkowski vit en Dordogne. Ancien sous-officier de l'armée de Terre puis technicien supérieur à la SNCF, il est chasseur passionné depuis plus de vingt ans. Sa pratique couvre un large éventail de modes de chasse : le grand gibier en battue et à l'affût, le pigeon ramier en palombière, le petit gibier à plumes, ainsi que la régulation des corvidés. Fort de son expérience de terrain, il met aujourd'hui ses connaissances du monde cynégétique au service de So Chasse en tant que rédacteur, avec une approche à la fois rigoureuse, pratique et ancrée dans les réalités de la chasse française.

2 réponses à « Fontainebleau : la préfecture dément une nouvelle rumeur visant à salir les chasseurs »

  1. Thierry Navarro

    Bonjour
    La machine de désinformation c est vite mis en place.
    L occasion était trop belle, mais ça n a pas marché.

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