Avec leur capteur thermique de 1 280 × 1 024 pixels, leur télémètre intégré et leur champ de vision particulièrement large, les Nocpix Quest S50R affichent de sérieuses ambitions. Testées pendant plusieurs semaines à l’affût de nuit, dans des conditions météorologiques variées, ces jumelles haut de gamme ont révélé de solides qualités, mais aussi quelques petits défauts.
Une marque déjà bien connue
Nocpix est une marque que je connais particulièrement bien. Cela fait plusieurs années que j’utilise ses produits, aussi bien pour mes essais que dans le cadre de mes sorties personnelles. C’est d’ailleurs vers ce fabricant que je me suis tourné pour mes derniers achats d’équipements thermiques. Je possède notamment les Quest H35R, équipées d’un capteur de 640 × 512 pixels et d’un objectif de 35 mm. J’utilise également le clip-on thermique Mate H50R et j’ai eu l’occasion de passer beaucoup de temps avec le monoculaire Vista S50R, doté d’un capteur de 1 280 × 1 024 pixels. Les Quest S50R ne m’étaient donc pas totalement étrangères. Leur ergonomie et leurs commandes reprennent des éléments déjà présents sur les autres modèles de la marque. En revanche, l’association d’un capteur haute résolution et d’un champ de vision particulièrement large méritait un essai approfondi.
Des essais réalisés à l’affût de nuit
Les jumelles ont principalement été utilisées lors de sorties à l’affût nocturne, sur des territoires de plaine. Certains postes offrent des possibilités d’observation jusqu’à environ 800 mètres, permettant d’évaluer les capacités de détection et d’identification à différentes distances. Les conditions météorologiques ont été particulièrement variées : pluie, vent, bruine, brouillard, mais également fortes températures en fin d’été. Un ensemble de situations intéressant pour mettre à l’épreuve les performances d’un appareil thermique. Lorsque les températures sont élevées, les différences thermiques entre les animaux et leur environnement deviennent parfois moins marquées. À l’inverse, l’humidité et le brouillard peuvent également compliquer les observations. Ces conditions permettent de mieux apprécier les capacités réelles du matériel.
Une prise en main particulièrement réussie
Dès les premières utilisations, les Quest S50R se montrent agréables à manipuler. Le format binoculaire offre une excellente prise en main, tandis que le poids contenu facilite leur utilisation lors des longues sorties. Pour le transport, j’utilise un petit harnais Härkila dans lequel les jumelles trouvent facilement leur place. Elles restent ainsi accessibles tout en étant correctement maintenues pendant les déplacements. La disposition des commandes est également convaincante. Habitué aux produits Nocpix, j’ai immédiatement retrouvé mes repères. Les menus sont similaires à ceux des autres appareils de la marque, ce qui facilite considérablement leur utilisation. Cette familiarité influence évidemment mon appréciation, mais l’ensemble reste cohérent et intuitif.

Une qualité d’image impressionnante
Le capteur thermique de 1 280 × 1 024 pixels constitue l’un des principaux arguments des Quest S50R. Et sur le terrain, la différence avec un modèle équipé d’un capteur de 640 × 512 pixels est particulièrement visible. Les Quest H35R que j’utilise habituellement offrent déjà une excellente qualité d’image. Pourtant, le passage aux S50R permet de franchir un véritable cap en matière de finesse et de précision. Les détails deviennent nettement plus perceptibles, notamment lors de l’observation des sangliers. Il est possible de distinguer certains éléments particulièrement fins, comme le pinceau de l’animal. Dans certaines circonstances, immédiatement après un tir, des traces de sang encore chaudes peuvent même apparaître dans l’herbe. Cette observation reste évidemment limitée dans le temps, puisque le sang devient progressivement moins visible à mesure qu’il refroidit. La différence de qualité d’image est donc loin d’être anecdotique. Elle permet d’observer plus précisément les animaux, leurs mouvements et certains détails de leur environnement.
Un champ de vision exceptionnel
C’est probablement le point qui m’a le plus impressionné sur ces jumelles. Avec leur grossissement de base de 2×, les Quest S50R offrent un champ de vision particulièrement large, très appréciable lors des observations nocturnes. Sur de grandes parcelles, il devient possible de balayer rapidement une vaste surface sans devoir déplacer constamment la tête. La recherche d’animaux est ainsi beaucoup plus confortable et efficace. C’est justement l’un des aspects qui me gênaient sur le monoculaire Vista S50R. Malgré son excellent capteur, son grossissement minimal de 4× limitait davantage le champ de vision. Avec les Quest S50R, ce problème disparaît. Le capteur haute résolution prend tout son intérêt grâce à cette vision plus étendue. En revanche, les grossissements numériques très élevés présentent, à mon sens, un intérêt limité. Comme sur la totalité des appareils thermiques, l’image finit par se pixelliser lorsqu’on augmente trop le zoom. Un grossissement de 4×, voire de 6×, peut encore être exploitable selon les conditions. Au-delà, la dégradation de l’image devient trop importante pour apporter un réel avantage. Le grossissement de base de 2× reste donc celui que je privilégie très largement.
Une détection efficace à longue distance
Nocpix annonce une portée de détection pouvant atteindre 2 600 mètres. Une valeur difficile à confirmer précisément sur le terrain, d’autant que le télémètre intégré possède une portée annoncée inférieure. Lors des essais, des sources de chaleur ont néanmoins pu être détectées à des distances importantes, notamment des véhicules. Sur mes territoires habituels, les possibilités d’observation s’étendent jusqu’à environ 800 mètres. Il faut cependant distinguer la détection d’un animal de son identification. Repérer une silhouette thermique ne signifie pas nécessairement pouvoir déterminer immédiatement l’espèce observée. Aux alentours de 500 mètres, la distinction entre un chevreuil et un sanglier peut encore demander une observation attentive. Le comportement de l’animal devient alors déterminant. Un chevreuil qui relève la tête, par exemple, fournit un indice supplémentaire permettant de l’identifier. La qualité du capteur facilite ce travail, mais elle ne remplace pas l’expérience de l’observateur.
Un télémètre précis et pratique
Les Quest S50R intègrent un télémètre laser dont la portée annoncée atteint 1 000 mètres. Sur le terrain, son fonctionnement s’est révélé rapide et précis dans de bonnes conditions. Deux modes sont disponibles : une mesure ponctuelle, déclenchée par une pression sur le bouton, et une mesure continue. Cette dernière sollicite davantage la batterie. Personnellement, le mode ponctuel me convient parfaitement. Il permet d’obtenir rapidement une distance sans consommation d’énergie inutile. Le télémètre devient particulièrement intéressant dans les grandes parcelles, notamment sur des terrains récemment semés où les repères visuels sont peu nombreux. De nuit, l’appréciation des distances peut rapidement devenir trompeuse. En revanche, le brouillard perturbe parfois les mesures. Ce comportement n’a rien de surprenant et concerne également les autres télémètres laser confrontés à des conditions atmosphériques difficiles.

Des performances solides malgré une météo difficile
La pluie, la bruine et le brouillard constituent des situations exigeantes pour les appareils thermiques. Lorsque les écarts de température deviennent faibles, les éléments du paysage sont plus difficiles à distinguer. Les Quest S50R bénéficient toutefois d’une sensibilité thermique annoncée à 12 mK, ce qui leur permet de mieux restituer les faibles différences de température. Lors des sorties effectuées dans des conditions humides, la qualité d’image est restée particulièrement convaincante. Les détails demeurent perceptibles, même lorsque les contrastes thermiques sont moins favorables. Le brouillard dense reste néanmoins une limite importante. Une épaisse nappe d’humidité peut fortement atténuer le rayonnement thermique et empêcher de distinguer correctement ce qui se trouve derrière. Aucun appareil thermique ne permet de s’affranchir totalement de cette contrainte. Les Quest S50R s’en sortent cependant très bien dans les conditions difficiles, avec une restitution des détails digne de leur positionnement haut de gamme.
Un excellent confort pendant les longues observations
Le format binoculaire représente un avantage important pour les utilisateurs qui passent plusieurs heures à observer de nuit. Contrairement à un monoculaire, les deux yeux participent à l’observation. Cela réduit la fatigue visuelle et rend l’utilisation beaucoup plus agréable sur la durée. Avec une luminosité correctement réglée et une palette de couleurs adaptée, il est possible de prolonger les observations sans gêne particulière. J’apprécie notamment la palette violette et dorée, que je trouve moins fatigante pour les yeux. La qualité des écrans renforce cette impression de confort. L’image est agréable à regarder et les longues séances d’observation deviennent nettement moins contraignantes.
Une autonomie adaptée aux nuits complètes
Le capteur haute résolution des Quest S50R demande logiquement davantage d’énergie que celui des H35R. La différence de consommation est perceptible, sans pour autant devenir problématique. Les jumelles disposent d’une batterie interne et de batteries externes interchangeables. Deux batteries externes sont fournies, ce qui permet de prolonger considérablement l’autonomie. Dans la pratique, cet équipement suffit pour passer une nuit entière dehors sans difficulté particulière. Un détail mérite également d’être souligné : les batteries externes peuvent être insérées dans les deux sens. Il n’est donc pas nécessaire de vérifier leur orientation au moment du remplacement. Cette particularité est très appréciable dans l’obscurité. Le changement s’effectue rapidement, sans avoir besoin d’allumer une lampe frontale, et reste suffisamment discret pour ne pas perturber les animaux à proximité.
Quelques détails ergonomiques à améliorer
Malgré leurs nombreuses qualités, les Quest S50R ne sont pas totalement exemptes de défauts. Le premier concerne le réglage de l’écartement interpupillaire. Le système pourrait être plus facile à manipuler, notamment lorsqu’il faut ajuster rapidement les jumelles. Le second point concerne les bagues de réglage. Il m’arrive encore de confondre celle de la mise au point avec celle du zoom. Un crantage davantage différencié permettrait de reconnaître immédiatement chaque bague au toucher, sans avoir à vérifier sa position. Ces deux remarques restent relativement mineures, mais sur un équipement aussi haut de gamme, une ergonomie irréprochable est toujours appréciable.
Un investissement important, mais justifié
Les Quest S50R s’adressent avant tout aux utilisateurs exigeants, qui passent beaucoup de temps sur le terrain et disposent d’un budget conséquent. Pour une utilisation occasionnelle, un modèle moins onéreux peut parfaitement répondre aux besoins. En revanche, pour des observations nocturnes régulières, la différence de qualité et de confort devient particulièrement intéressante. À titre personnel, si le budget n’avait pas été un obstacle au moment de mon achat, les S50R auraient eu ma préférence face aux H35R. Ces dernières restent d’excellentes jumelles, mais la résolution du capteur et le champ de vision des S50R apportent un véritable gain. La question de la fiabilité mérite également d’être abordée. Il est encore trop tôt pour juger la résistance des S50R sur plusieurs années, mais mon expérience avec les autres produits Nocpix est très positive. J’utilise notamment un modèle de présérie des H35R depuis longtemps, dans des conditions parfois particulièrement exigeantes, sans avoir rencontré de problème. Même constat avec les différents clip-on thermiques Mate que j’ai possédés. Une seule expérience avec le service après-vente mérite d’être signalée. Après avoir accidentellement fait tomber un appareil de prêt et endommagé son filetage de fixation, celui-ci a été pris en charge en Europe, en Espagne, puis retourné en une quinzaine de jours. Un délai satisfaisant, qui contribue également à la confiance accordée à la marque.
Verdict : une référence parmi les jumelles thermiques haut de gamme
Après de nombreuses sorties et plusieurs semaines d’utilisation, le bilan des Nocpix Quest S50R est extrêmement positif. Leur capteur de 1 280 × 1 024 pixels délivre une qualité d’image remarquable. Mais leur véritable force réside dans l’association de cette haute résolution avec un grossissement de base de 2× et un champ de vision exceptionnellement large. La prise en main, le confort d’observation, le télémètre intégré et l’autonomie complètent un ensemble particulièrement abouti. Les quelques défauts ergonomiques relevés ne remettent pas en cause les qualités générales du produit. Le tarif représente évidemment un frein important. Ces jumelles ne sont pas destinées à tous les budgets, mais elles offrent des performances qui peuvent justifier cet investissement pour les utilisateurs les plus réguliers. Parmi les nombreux équipements thermiques que j’ai eu l’occasion de tester, les Quest S50R sont aujourd’hui ceux qui m’ont le plus convaincu. Pour un utilisateur exigeant qui recherche avant tout la qualité d’image et le confort d’observation, elles constituent un choix particulièrement intéressant.










