Alexis Arkoat : le jeune Breton qui bouscule les codes de la chasse sur les réseaux sociaux

En moins d’un an, Alexis Arkoat s’est imposé comme l’un des nouveaux visages de la chasse sur les réseaux sociaux. Avec près de 25 000 abonnés sur Instagram et des concepts originaux sur YouTube comme « Devine le Chasseur », ce Breton de cœur séduit autant les chasseurs que les curieux extérieurs au monde cynégétique. Ancien professionnel du sport et de la nutrition, il défend une vision moderne de la chasse, centrée sur l’éthique, la transmission et le lien avec la nature. Pour So Chasse, il revient sur son parcours atypique, ses ambitions et sa vision de l’avenir de la chasse.

So Chasse : Alexis, beaucoup de personnes vous connaissent aujourd’hui à travers vos vidéos. Quel a été votre parcours avant la chasse ?

Alexis Arkoat : Je pense avoir un parcours assez atypique dans ce milieu. Je ne suis absolument pas issu d’une famille de chasseurs. Mon seul lien avec cet univers, c’était mon grand-père qui chassait dans le sud de la France. Je le voyais partir tôt le matin lorsque j’étais enfant, mais cela s’arrêtait à quelques souvenirs de vacances et à quelques dégustations de saucisson de sanglier. Professionnellement, je viens du monde du sport. J’ai obtenu un diplôme de coach sportif puis un master en management du sport avant de travailler dans l’univers de la nutrition sportive. J’ai ensuite créé ma propre entreprise de compléments alimentaires. C’est aussi ce parcours qui m’a permis de comprendre les mécanismes de l’influence et de la création de contenu.

So Chasse : Comment êtes-vous finalement devenu chasseur ?

Alexis Arkoat : Il y a moins d’un an, deux amis chasseurs m’ont proposé de les accompagner lors d’une sortie. Cette expérience a été un véritable déclic. J’ai découvert un univers que je ne connaissais finalement qu’à travers des clichés. J’ai alors décidé de passer mon permis de chasser. Au départ, ce qui m’attirait surtout, c’était l’idée de mieux comprendre d’où vient la viande que l’on consomme. Pour moi, prélever soi-même un animal sauvage destiné à être mangé représente une démarche cohérente, respectueuse et éthique. Cette réflexion sur l’alimentation a été un moteur important dans ma découverte de la chasse.

So Chasse : Pourquoi avoir créé des contenus dédiés à la chasse ?

Alexis Arkoat : Lorsque j’ai publié ma première vidéo de chasse, j’ai immédiatement constaté qu’il y avait un véritable intérêt. J’ai alors décidé d’aller plus loin. Je suivais déjà plusieurs créateurs de contenu spécialisés dans la chasse, mais je trouvais qu’il manquait parfois des formats capables de toucher les non-chasseurs. Mon objectif était de proposer une approche plus accessible, plus moderne et plus pédagogique. Je voulais montrer qu’on peut être passionné de chasse tout en ayant une démarche tournée vers la santé, le sport, la nature et la transmission.

So Chasse : Votre émission « Devine le Chasseur » connaît un vrai succès. Comment est née cette idée ?

Alexis Arkoat : Le principe est simple : un jury doit identifier le véritable chasseur parmi plusieurs participants. Cela passe par des questions, des manipulations d’armes, des dégustations et différents défis. Ce format permet de parler de chasse autrement. Les spectateurs apprennent des choses tout en s’amusant. C’est aussi une manière de toucher des personnes qui ne sont pas forcément chasseurs et qui n’auraient peut-être jamais regardé une vidéo de chasse classique.

So Chasse : Selon vous, comment améliorer l’image de la chasse auprès du grand public ?

Alexis Arkoat : Je pense qu’il faut montrer davantage ce qu’est réellement la chasse. Beaucoup de personnes ont une image très réductrice qui se limite au tir. Or la chasse, c’est aussi passer des heures dans la nature, observer la faune, comprendre les écosystèmes et parfois rentrer sans avoir prélevé le moindre animal. Lors d’une récente sortie à l’approche du brocard, nous avons observé des renards, des chevrettes, des canards et de nombreux oiseaux sans tirer un seul coup de feu. Il faut davantage mettre en avant cette dimension naturelle, éthique et alimentaire. C’est probablement le meilleur moyen de faire évoluer les perceptions.

So Chasse : Quels sont vos projets pour les prochains mois ?

Alexis Arkoat : L’objectif principal reste de continuer à faire grandir la communauté. J’ai plusieurs nouveaux concepts en préparation pour YouTube ainsi que des projets tournés vers la formation des nouveaux chasseurs. Je travaille également sur une plateforme éducative qui permettra aux débutants d’accéder à des vidéos, des podcasts et des contenus pédagogiques pour mieux comprendre la chasse. Et puis j’ai toujours cette fibre entrepreneuriale. J’ai plusieurs idées de projets autour de cet univers que j’espère concrétiser prochainement.

So Chasse : Quelle est votre chasse favorite ?

Alexis Arkoat : Sans hésiter, l’approche. J’aime marcher pendant des heures, observer, chercher des indices et vivre pleinement l’expérience sur le terrain. Mon passé sportif joue certainement un rôle dans cette préférence. Même lorsqu’aucun animal n’est prélevé, je considère que la sortie est réussie. Ce qui me plaît avant tout, c’est l’immersion dans la nature et les moments partagés avec les personnes qui m’accompagnent.

À seulement quelques mois de présence sur les réseaux sociaux, Alexis incarne une nouvelle génération de chasseurs. Une génération connectée, pédagogique et soucieuse de rapprocher le grand public d’une pratique souvent mal comprise. Une trajectoire à suivre de près.

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Baudouin est journaliste spécialisé dans le monde de la chasse depuis plus de quinze ans et rédacteur en chef de So Chasse. Titulaire d'une carte de presse, il a publié plus de 5 000 articles et réalisé plus de 1 500 reportages vidéo consacrés à la chasse, à la faune sauvage, aux chiens, aux armes, à la réglementation et aux territoires. Il a notamment interviewé plusieurs candidats à l’élection présidentielle en 2017 et 2022 sur leur vision de la chasse et de la ruralité. Ses reportages l’ont également conduit en Italie, en Espagne, en Écosse, en Angleterre, en Allemagne, en Autriche, en Suède, en Nouvelle-Zélande, en Nouvelle-Calédonie, au Bénin et au Mozambique. Chasseur depuis son plus jeune âge, il pratique aussi bien l’approche, l’affût, la battue que la chasse du petit gibier avec son springer. À travers So Chasse, il défend un journalisme de terrain fondé sur l’expérience, la vérification des faits et la rencontre avec les acteurs du monde cynégétique.

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